L’UNAF a participé à Trento, à la rencontre annuelle de la CIRCF (Commission internationale pour les relations du couple et de la famille ) sur le thème suivant : "Des familles fortes renforcent-elles la collectivité ?"

18/07/2016

CIRCF

A Trento, en Italie du Nord, s’est tenue les 18 et 19 juin 2016, la rencontre annuelle de l’ICCFR (Commission internationale pour les relations du couple et de la famille ) sur le thème suivant : "Des familles fortes renforcent-elles la collectivité ?". L’UNAF, représentée par Thierry Foulquier-Gazagnes, administrateur, y participait.

Avec les associations italiennes AICCeF (conseillers conjugaux et familiaux), CISF (centre d’études sur la famille, basé sur la référence chrétienne), Forum delle Associazoni Familiari (équivalent italien de l’UNAF), et sous le patronage notamment de la Province autonome italienne du Trentin Haut-Adige, près de 300 personnes de disciplines professionnelles variées, toutes travaillant sur le champ familial se sont rencontrées pour écouter et débattre à l’occasion de cette conférence annuelle de l’ICCFR.

Cette conférence a renouvelé son format, plébiscité chaque année, en mêlant interventions magistrales, ateliers, groupes de discussion et événements conviviaux pour approfondir les relations entre participants d’une dizaine de nationalités différentes.

Seuls deux français étaient présents, ce qui pose question au regard de la qualité des travaux. Les résultats seront progressivement mis en ligne sur le site internet de la Commission. Mais déjà quelques éléments de réflexion apparaissent :

L’intervention de la vice-présidente de la Province, Mme Violetta Plotegher, a été particulièrement remarquée : elle a souligné la démarche volontariste de la Province et de la municipalité de Trento qui ont fait de leur politique familiale un outil stratégique de développement économique et social de la province. « Nous sommes là pour dire que nous rejetons l’individualisme, l’égoïsme, pour dire que les personnes doivent avoir des relations humaines (…). Les actions pour les familles ne doivent pas être inspirées seulement par la lutte contre les violences aux femmes ou la maltraitance, mais par la famille quotidienne, les difficultés auxquelles toutes les familles doivent faire face (…). Le conseil conjugal est un service public, il faut plus de volonté pour soutenir et encourager les relations familiales. On peut avoir des réussites formidables quand on partage un projet ; pourquoi ne serait-ce pas pareil en famille ? ».

Mme Plotegher a notamment évoqué les exigences posées par la Province vis-à-vis des entreprises sur son territoire, vérifiant leur prise en compte de la dimension familiale des personnes (mainstreaming).

Le directeur du CISF, Francesco Belleti, a souligné combien la famille est « une expérience sociale qui demande de l’humilité, et que la première compétence du conseiller familial doit être l’écoute et la compréhension ».

Grazia Colombo, vice-présidente du Forum, a constaté qu’on « répond trop souvent aux problèmes des familles en négligeant la « santé » de leurs relations familiales ».

Après ces introductions, le Pr Pierpaolo Donati (sociologue à l’université de Bologne) a démontré combien la famille peut être une source pour le bien commun si on la prend pour ce qu’elle est : un réseau de relations, avec des liens de réciprocité, de don, et non une juxtaposition d’individus. Il a fait remarquer que la famille est une entité particulière et parlé de la « We-family », celle où le « nous » est vivant : ex « nous allons rendre visite à quelqu’un, ou, nous allons passer nos vacances ici, etc… ».

Le Pr Carlo Rimini (juriste à l’université de Pavie) a encouragé le soutien aux relations familiales comme une voie vers une meilleure citoyenneté ; il a en particulier regretté que les juges italiens négligent souvent l’histoire des relations familiales, prenant des décisions qui n’aident pas à continuer à vivre positivement (suscitant culpabilité, sentiment d’injustice, exclusion, revanche, affectivité perturbée).

Enfin, Pr Sabine Walper (pédagogue, Institut allemand pour la jeunesse, Münich) a présenté plusieurs actions de cet Institut visant à aider les relations familiales et développer l’empathie envers les familles.

Des ateliers permettaient d’aborder des thèmes plus spécifiques en complément : on pourra retenir en particulier celui au cours duquel une minute de silence a été requise à la mémoire des victimes d’Orlando, du Bataclan et autres victimes du terrorisme.

« Faire face ensemble à un traumatisme ou à la honte », cet atelier a été le théâtre d’exercices pratiques d’écoute, de compréhension, d’explications sur le trauma direct et le trauma secondaire (qui se développe beaucoup aujourd’hui du fait d’internet), sur le soin dans la durée mais démarrant au plus vite après le choc etc…

Et concluant : des familles fortes permettront à des communautés entières de mieux résister aux chocs, et tous nous avons un rôle à jouer, notamment en apprenant l’empathie et en nous formant (plus de détails, en anglais, sur cet atelier sont disponibles sur demande à l’UNAF).


Image : CIRCF
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