L’UNAF était présente au premier débat sur le bilan de la COP22 : un bilan en demi-teinte

06/12/2016

L’UNAF était présente le 21 novembre dernier à Paris au premier débat sur le bilan de la COP22 organisé conjointement par Opinion Internationale et le Comité 21. La COP22 avait commencé sous les meilleurs auspices : entrée en vigueur, en un temps record, de l’Accord de Paris dans lequel on été conclus deux nouveaux accords sur le climat relatifs aux émissions du secteur aéronautique et aux HFC, les super gaz fluorés à effet de serre.

Plus de 60 chefs d’État ou de gouvernement ont été présents à l’ouverture, à Marrakech, dont beaucoup représentant les pays africains et ceux en voie de développement. Ceux-ci attendaient des outils et soutiens des pays riches devant leur donner les capacités de réaliser leurs engagements.

La Société Civile a été très présente (notamment les associations de femmes, les familles n’étant pas reconnues ès qualité par l’ONU) et a présenté une myriade de propositions d’action. Elle a ainsi été au centre des débats car les résultats attendus dépendront fortement de son application. Mais l’élection présidentielle aux États-Unis, intervenue au début de la COP22, a fait planer une incertitude quant au maintien d’une dynamique positive en matière de lutte contre le changement climatique. Cette élection a pu faire regretter la nature souple et non contraignante de l’Accord.

Les discussions techniques n’ont pu aller au bout de leur processus, les Parties ont donc convenu de les suspendre jusqu’à la COP24 (en 2018, année charnière de l’Accord). La COP a également décidé de donner mandat aux présidents des COP22 et 23 pour mener une consultation sur l’organisation du Dialogue Facilitatif de 2018, attendu comme une occasion pour les États de renforcer leurs ambitions au-delà des premiers engagements.

Le rôle du Fonds d’Adaptation dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris a également fait l’objet de vifs débats entre les pays en développement et les pays développés. La décision finale est repoussée aux tractations futures dans le cadre de la gouvernance. Dans ce contexte dès 2017-2018, on verra si une masse critique de pays commence bien à mettre en œuvre effectivement leurs contributions nationales.

Enfin la clôture des négociations techniques devra se produire à la date butoir de 2018, date à laquelle s’ouvriront les négociations politiques pour préparer 2020. Les contributions actuelles des États ne permettent pas d’atteindre l’objectif de limitation du réchauffement climatique global, tel qu’adopté à la COP21. Notons qu’elles portent beaucoup sur l’atténuation (principalement sur la prévention des émissions de GES), l’adaptation (par exemple aménagements rendus nécessaires par la dégradation du climat) étant le pilier encore faible de l’accord.

Quant aux initiatives des acteurs non étatiques, soit 12.000 projets portant sur l’agriculture, les forêts, l’eau et les océans, l’énergie, les transports, …elles démontrent un dynamisme certain. La difficulté réside en leur évaluation quant à la comptabilisation des émissions réellement évitées. La présence des banques souhaitant soutenir des investissements décarbonés, par des « capitaux verts », a été particulièrement saluée lors de cette conférence. La COP 22, tout comme d’autres dispositifs internationaux, tels les Objectifs du Développement Durable (ODD), contribue à la transition écologique du monde (sociétés neutres en carbone). Cette dernière aura un impact sur les comportements et les modes de vie futurs des familles. Le réseau des UDAF-URAF-UNAF est légitime pour accompagner ce mouvement aux bénéfices des familles et au plus près des territoires.

Site de la COP22 : http://cop22.ma/fr/

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