Concertation citoyenne sur la vaccination : des actions nécessaires pour redonner confiance aux familles

06/12/2016

Le 30 novembre 2016, le comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination, présidé par le Pr Alain Fischer, a présenté ses recommandations en matière de vaccination. L’UNAF qui y représentait les familles note la qualité de la concertation, rappelle les actions nécessaires pour améliorer le dispositif de vaccination en France et souligne l’équilibre de la proposition du rapport en attendant que ces actions soient menées.

Un exemple de démocratie sanitaire

Pour mener à bien sa réflexion, le comité s’est appuyé sur : des focus groupes, plusieurs enquêtes d’opinion, un avis des citoyens, un avis des professionnels de santé, la synthèse de la plateforme participative (12 000 contributions) et l’audition de nombreux experts.

L’UNAF tient à saluer ce travail particulièrement riche, application concrète d’une concertation publique fondée sur une méthodologie robuste et menée dans le cadre de la démocratie en santé.

Une certaine défiance vis-à-vis des vaccins

Le comité a relevé que le contexte français vis à vis de la vaccination était différent de celui des pays voisins. Même si la population reste, dans sa grande majorité, favorable à la vaccination, les différentes crises sanitaires (ex : H1N1) ont engendré un vif sentiment de défiance. Par ailleurs, la coexistence de différents statuts de vaccins (obligatoires ou recommandés) rend la cohérence de la politique vaccinale de notre pays un peu floue.

Agir vite pour redonner confiance

Le comité dans son rapport analyse les causes de cette défiance et préconise plusieurs recommandations visant à rendre la confiance des Français vis-à-vis de la vaccination.

Il préconise ainsi :

- un renforcement de la transparence de l’information sur les bénéfices et les risques de la vaccination, et sur l’indépendance des experts impliqués,
- l’organisation et la diffusion indépendante d’informations validées,
- un renforcement de la formation des professionnels (initiale et continue) en matière de politique vaccinale,
- une éducation dès l’école (inscrite dans loi sur la refonte de l’école et la loi de modernisation de notre système de santé),
- la facilitation de la pratique de l’acte vaccinal,
- un suivi de la vaccination à travers la mise en place d’un carnet électronique,
- une amélioration de la mise à disposition des vaccins et le développement de l’effort de recherche sur les vaccins et leurs adjuvants. Toutes ces actions forment un tout qui implique la mobilisation de l’ensemble des acteurs et en premier lieu celle des pouvoirs publics.

L’UNAF estime indispensable que les recommandations du comité soient mises en place rapidement. D’autant que certaines avaient été déjà émises par la conférence nationale de la santé dans son avis de juin 2012 ou encore dans le rapport parlementaire de Sandrine Hurel de janvier 2016. Il est urgent aujourd’hui d’agir, au risque de voir se dégrader encore la confiance des Français vis à vis de la vaccination avec des conséquences dramatiques en matière de santé publique.

En attendant, renforcer l’obligation et informer les parents

Sur la question du caractère obligatoire de la vaccination des enfants, le comité a identifié quatre scénarios en cherchant à maintenir l’équilibre entre liberté individuelle et protection collective.

Ainsi le comité estime que les conditions ne sont pas encore réunies pour une levée immédiate de l’obligation vaccinale. En attendant de pouvoir lever l’obligation, il préconise une étape intermédiaire qui consiste à maintenir l’obligation et même à l’étendre temporairement, tout en permettant aux parents qui le souhaitent de faire jouer une clause d’exemption. Après avoir eu une information sur les risques de cette non-vaccination, les parents s’engageront alors par écrit, à assumer les responsabilités civiles de leur refus incluant le risque de non admission de l’enfant en collectivité. Le refus sera alors inscrit sur le carnet de vaccination.

L’UNAF soutient cette proposition qui est le résultat d’un compromis entre un choix individuel et un enjeu collectif, et insiste sur la nécessité de mettre en place l’ensemble des recommandations préconisées par le comité et qui pourront à terme aboutir à la levée de l’obligation vaccinale tout en garantissant une couverture vaccinale suffisante pour protéger l’ensemble de la population et en premier lieu les familles. Il faut prévoir une évaluation d’ici à 3 ans des mesures prises afin de mesure le niveau de confiance vis-à-vis de la vaccination.

En savoir plus sur le rapport : www.concertation-vaccination..fr

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