Poursuite de la chute de la fécondité

17/01/2017

Courbes de baisse des naissances et de la fécondité de 2010 a 2016

Avec 1,925 enfants par femme en 2016, la fécondité connait son plus bas niveau depuis 13 ans [1] et sa plus forte baisse sur 24 mois depuis la récession de 1993 [2]. Il naît un enfant de moins pour 10 femmes par rapport à 2010.

Cette baisse de la fécondité est la cause principale de la baisse des naissances en 2016 : 14 000 enfants en moins en 2016, après une baisse spectaculaire de 20 000 naissances en 2015.

Ces chiffres confirment les craintes de l’UNAF. Difficultés économiques, manque de confiance en l’avenir, politique familiale instable et rognée depuis des années ont très certainement concouru à modifier les projets parentaux. En effet, comme le précisait en 2009 une des études européennes les plus exhaustives sur l’impact des politiques familiales, "La réduction des politiques de soutien aux familles peut avoir un effet négatif sérieux" sur les décisions des familles d’avoir un enfant [3].

La fécondité, clé des retraites par répartition

Si la France reste, malgré cette baisse, au premier rang de la fécondité en Europe, elle a gagé l’équilibre de son système des retraites sur ce relatif bon résultat. En effet, depuis 2012, le scénario de base du Conseil d’orientation des retraites (COR) parie sur une fécondité moyenne de 1,95 enfants par femme sur les 50 années à venir. La fécondité est cette année inférieure au seuil de 1,95 : si elle ne remonte pas au dessus, une nouvelle réforme des retraites sera à terme inévitable.

La confiance et la stabilité, clés d’une politique familiale qui facilite les projets d’enfant

Comme l’écrivait en 2014 le démographe Olivier Thévenon, "En dépit de la très grande difficulté à mesurer la contribution à la fécondité des politiques d’aide aux familles, la plupart des études recensées sur le sujet concluent à leur effet positif sur la fécondité".

Mais, poursuivait-il, Les effets d’une politique sont d’autant plus longs à se manifester que son impact n’est sensible qu’après une période donnée qui aura permis aux ménages d’en éprouver la réalité, la durabilité et la stabilité. Ces trois paramètres sont particulièrement importants dans le cas de la fécondité, décision de long terme et irréversible. La stabilité des politiques familiales est alors certainement un paramètre essentiel pour la confiance des ménages. »

L’UNAF, qui milite pour que chaque famille ait le nombre d’enfants qu’elle souhaite, intégrera évidemment ces éléments dans la plateforme politique qu’elle proposera le mois prochain aux candidats à l’élection présidentielle.

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Naissances (axe de gauche) et fécondité (axe de droite) de 1993 à 2016 (Mayotte incluse à partir de 2014)

Voir aussi Démographie : Baisse de la fécondité : la plus importante depuis 20 ans !


Image : Courbes de baisse des naissances et de la fécondité de 2010 a 2016

[1] France entière

[2] en France métropolitaine, la fécondité n’étant pas calculée avant 94 pour la France entière

[3] P. 87 du document, "Reduction of family support policies can have a serious negative effect."

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