Présidentielles 2017 : rencontre avec l’équipe du candidat Emmanuel Macron

14/03/2017

Illustration article

Marie-Andrée Blanc, Présidente de l’UNAF et Guillemette Leneveu, Directrice générale, accompagnées de Claire Ménard, Chargée des Relations parlementaires, ont été reçues mercredi 8 mars 2017 par Jean Pisani-Ferry, Responsable du programme et des idées et Sandro Martin, Conseiller de l’équipe de campagne d’En marche, mouvement du candidat à l’élection présidentielle Emmanuel Macron. Marie-Andrée Blanc a ainsi pu présenter l’UNAF et ses 10 propositions pour un pacte quinquennal en faveur des familles et ainsi répondre à l’enjeu de « Donner confiance aux familles ».

Cette présentation a porté sur certaines des propositions et recommandations au premier rang desquelles se trouve la proposition d’un vote en début de mandature d’une loi de programmation sur la politique familiale pour fixer les objectifs de l’Etat en faveur des familles et d’adjoindre un financement lisible, stable et pérenne avec des recettes dynamiques.

Partant du constat que les charges familiales pèsent de façon importante sur le niveau de vie des ménages, l’orientation politique de l’UNAF est de revenir à l’universalité des allocations familiales, en commençant par les familles nombreuses qui ont subi les pertes les plus lourdes. Marie-Andrée Blanc a souligné que l’UNAF était prête à engager une réflexion sur le montant des allocations familiales (taille des familles, âge des enfants, mode de revalorisation …).

En matière de fiscalité, l’UNAF demande d’intégrer systématiquement la composition de la famille dans l’ensemble des réformes qui pourront être entreprises lors de la mandature et ceci :

- en priorisant les familles pour toute baisse de la fiscalité notamment à travers le quotient familial,
- en évitant toute hausse de TVA car elle touche particulièrement les familles,
- en tenant compte des charges familiales dans le calcul de la CSG ainsi que dans la fiscalité environnementale.

La Présidente de l’UNAF a poursuivi sur la nécessité de promouvoir la conciliation vie familiale et vie professionnelle et ceci tout au long de la vie en incitant à la prise du congé paternité avant même d’envisager d’en allonger la durée, en évaluant les raisons de l’échec de la faible utilisation du crédit impôt-famille et en l’ouvrant aux dispositifs de soutien aux salariés aidants familiaux et enfin en augmentant la durée du congé proche aidant et en le rémunérant.

Autre point évoqué : comment innover pour développer une offre d’accueil de petite enfance ? Les propositions de l’UNAF s’articulent autour de 3 items :
- Faciliter le recours à un assistant maternel : tiers payant pour les familles modestes, chèque emploi service, meilleur accompagnement des parents employeurs, développement des crèches familiales et des relais d’assistants maternels. Tisser des liens entre les assistants maternels et les professionnels des crèches au sein de plateformes d’échanges sur la petite enfance au niveau local.
- Favoriser la création de places dans les établissements d’accueil du jeune enfant par la poursuite de l’investissement, l’assouplissement des normes, le renforcement de l’accompagnement par les CAF, le soutien aux crèches associatives non lucratives.
- Assurer une meilleure coordination des services de la petite enfance pour permettre aux parents d’accéder à un mode d’accueil.

Puis, Marie-Andrée Blanc a interpellé l’équipe de campagne d’En Marche, sur un sujet de société, celui de répondre aux besoins du vieillissement en accompagnant les solidarités intergénérationnelles. Pour ce faire, l’UNAF propose de développer les réponses de répit pour les aidants et en assouplissant les conditions d’accès. Il faut informer sur les dispositifs en faveur des aidants par une plate-forme unique d’information, avec des déclinaisons locales pour une information de proximité en lien avec les besoins de terrain. L’UNAF recommande également de faciliter les donations, en réduisant les délais de reconstitution de l’abattement sur les droits de succession de 15 à 10 ans, afin de favoriser les transmissions entre générations au profit des jeunes. Cette nouvelle règle doit s’inscrire dans la durée afin de permettre la connaissance et l’adoption de façon stable et pérenne de ce type de démarche par les générations, qui détiennent le patrimoine.

La présidente de l’UNAF est aussi revenue sur l’accompagnement des solidarités intergénérationnelles : valoriser le parrainage de proximité en en faisant une grande cause nationale. C’est une reconnaissance de l’action des bénévoles et une réponse aux besoins de proximité.

Enfin, la Présidente a rappelé les propositions de l’UNAF pour la prise en compte des intérêts de l’enfant lors de la séparation de ses parents. Au nombre des recommandations sur ce point, il faut :
- Rétablir la place du Juge dans les procédures de divorce et associer davantage l’enfant aux décisions qui le concernent.
- Améliorer les aides au logement pour les parents isolés, y compris pour ceux chez lesquels la résidence principale de l’enfant n’est pas fixée, et assurer une meilleure protection du « logement familial » en cas de rupture de PACS ou de concubinage.

L’UNAF a précisé un certain nombre de principes auxquels elle est attachée et qu’il conviendrait de développer dans un programme présidentiel :
- dans le champ de l’éducation, investir dans le primaire et avancer concrètement sur le renforcement du lien parents-école, protéger les enfants des dangers des écrans,
- pour le logement, permettre la mobilité résidentielle,
- sur la santé, renforcer les politiques de prévention à la santé ;
- redonner aux personnes la capacité d’agir par elles-mêmes dans les politiques d’aide en favorisant l’accès à l’autonomie par l’économique (micro-crédit personnel, prévention du surendettement, éducation budgétaire).

Un échange a poursuivi cette présentation avec une première remarque de Jean Pisani-Ferry, qui a souligné que l’approche par la famille permet de couvrir un large champ de sujets. Il a précisé ensuite que, sur le sujet des moyens, En Marche ne retenait pas le champ de la politique familiale pour faire des économies budgétaires. La politique familiale a déjà connu beaucoup d’évolutions et les familles ont déjà fait des efforts pour contribuer au redressement budgétaire. Il a également été précisé que la réforme systémique des retraites proposée par le candidat Emmanuel Macron se ferait à coût constant.

Sur plusieurs points, il a été noté que les objectifs se recoupent et qu’il était possible de se retrouver sur des sujets communs. Le programme du candidat devra encore être complété et des compléments pourront être apportés notamment sur la politique de la petite enfance.

S’agissant des solidarités intergénérationnelles, le programme s’attache à reconnaître le rôle des aidants familiaux.

S’agissant des successions, le constat fait par l’UNAF est fondé mais le candidat d’En marche ne s’est pas engagé sur ce point à ce stade de la campagne.

Sur le sujet de l’intérêt de l’enfant lors des séparations, le programme du candidat souhaite plutôt traiter plus largement de la question des violences intrafamiliales : il s’agit d’un sujet peu législatif et plus comportemental. Le souhait est de l’aborder sur ce deuxième volet en en faisant une grande cause nationale sur le quinquennat.

L’équipe de campagne partage la préoccupation en matière de priorité donnée au primaire et en matière d’éducation. Nous diviserons par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 en REP et REP+, mesure la plus importante prise en faveur de l’éducation prioritaire depuis la création des ZEP en 1981.

Les difficultés qui se manifestent dès le début du primaire, entravent souvent durablement les parcours des élèves. La division de la taille de classe pour les élèves qui en ont le plus besoin peut enrayer cette dynamique. 12 000 enseignants porteront ce projet : "Nous réussirons en réorientant entre 6 000 postes à 10 000 postes des 60 000 postes créés au cours du quinquennat actuel. Par ailleurs, à l’échelle du quinquennat, nous créerons entre 4 000 postes et 5 000 postes".

Concernant le logement, Jean Pisani Ferry a précisé que nous étions en phase pour aider à la mobilité résidentielle.

Sur le champ de la santé, la révolution de la prévention est inscrite dans le programme du candidat. Un autre point essentiel est également inscrit : "s’agissant des lunettes, des prothèses dentaires et de l’audition, nous fixons l’objectif de 100% de prise en charge pour 2022, car la couverture reste trop faible aujourd’hui. Nous réaliserons cet objectif sans augmenter le prix des mutuelles. Pour cela, nous favoriserons la concurrence, en instaurant notamment 3 contrats types que devront proposer assureurs et mutuelles pour garantir la transparence et faciliter les comparaisons. Le travail portera sur la réduction du coût de ces prothèses".

Jean Pisani-Ferry a mentionné la proposition du programme de créer un accélérateur d’associations pour répondre aux difficultés de financement des associations. Il s’agit ainsi d’appuyer la généralisation du modèle associatif dans un domaine d’utilité sociale avérée, qui atteint toutefois une limite dans son développement.

Sur l’allongement du congé paternité proposé par le candidat, Guillemette Leneveu a rappelé que, pour l’UNAF, le premier sujet est de permettre que tous les pères puissent y avoir accès : ce qui n’est pas le cas aujourd’hui puisque le congé n’est pris que par 66% de pères. Il faut déterminer et lever les blocages à la prise de ce congé : la question de son indemnisation est peut être un facteur explicatif.

Un échange s’est noué autour de la reconnaissance des bénévoles. La valeur sociale de leur action est considérable et pourtant on sait mal résoudre la reconnaissance de cette action. Des propositions autour de trimestres validés pour la retraite ou bien encore pour les jeunes en service civique de financement du permis de conduire ont été mentionnées.

Jean Pisani-Ferry a souhaité ensuite faire un focus sur la réforme des retraites inscrite dans le programme du candidat d’En Marche. Il s’agit d’une réforme d’ampleur qui devra se concrétiser sur toute la durée du quinquennat. Cette réforme touche à des paramètres essentiels de la vie de chacun. Il s’agit de passer à un système de retraite universel avec les mêmes règles applicables que l’on soit dans le secteur privé ou le secteur public. La réforme vise à assurer l’équité, la portabilité des droits et de permettre la mobilité. C’est une plus grande fluidité qui est recherchée. Des comptes seront ouverts en euros alimentés par toutes les cotisations de la carrière avec un système de revalorisation et d’indexation sur les salaires. Dans ce cadre, les droits familiaux de retraite ou par exemple la prise en compte de temps bénévoles pourront aussi alimenter ces comptes. Ce système des retraites sera donc constitué d’un étage correspondant à l’activité ayant donné lieu à cotisations et d’un étage permettant de faire jouer une politique de solidarité. La mise en œuvre de cette réforme se fera dans un premier temps en concertation avec les partenaires sociaux. La phase législative sera conduite en année 2 du quinquennat. Elle ne concernera pas les personnes devant ouvrir leurs droits à la retraite dans les 5 ans, qui suivent et une montée en charge graduelle se fera ensuite. La réforme sera neutre budgétairement et se fera à enveloppe constante.

L’UNAF a ensuite été questionnée sur ses positions concernant l’ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes et aux femmes célibataires et sur la GPA (gestation pour autrui). Ces évolutions sociétales emportent des conséquences sur les règles de filiation notamment et nécessitent de s’inscrire dans la procédure des lois de bioéthique avec un débat public. Cela ne fait pas partie des préoccupations principales des familles.

A la fin de cette rencontre, la Présidente a remis un questionnaire reprenant les principales propositions de l’UNAF et invitant les candidats à faire part de leurs réponses, qui seront ensuite reprises sur le site www.familles2017.fr.

@ : cmenard@unaf.fr

Haut de page