La Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes remet les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à Marie-Andrée Blanc, Présidente de l’UNAF

04/04/2017

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Le mardi 28 mars dernier, la Présidente de l’UNAF, Marie-Andrée Blanc, a reçu, au Conseil économique, social et environnemental, les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur. Cette distinction lui a été remise par la Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes, Laurence Rossignol, en présence de Patrick Bernasconi, président du CESE, des administrateurs et des personnels de l’UNAF et des partenaires de l’Institution.

Discours d’accueil de Patrick Bernasconi, Président du CESE

Chère Marie Andrée,
Madame La Ministre, Chère Laurence Rossignol,
Monsieur Le Ministre, Cher Laurent Wauquiez,
Chers Amies, Chers Amis,

Je suis heureux. C’est en effet, un grand plaisir et un honneur pour moi de vous accueillir au Conseil économique, social et environnemental pour cette cérémonie très spéciale et je le sais très importante et émouvante pour toi, ma chère Marie-Andrée. La remise d’une distinction honorifique est toujours un moment particulier, à fortiori lorsqu’il s’agit de la Légion d’Honneur, le plus prestigieux et le plus ancien de nos Ordres Nationaux.

Pour t’accueillir aujourd’hui dans la légion d’honneur, nous sommes ici réunis pour rendre l’hommage de la République à ton parcours, à ton engagement et à tes réalisations. La Légion d’Honneur récompense les mérites exceptionnels, comme le précise les textes.

Madame La Ministre, Chère Laurence Rossignol, je vais vous laisser faire le panégyrique, mérité, de Marie-Andrée.

Pour ma part, je désire simplement dire combien je suis heureux, car cette distinction est amplement méritée,
Elle honore Marie-Andrée,
Elle honore son action, toujours dynamique et pleine de conviction,
Elle honore les associations auxquelles elle s’est dévouée de longue date,
Elle honore notre Assemblée.
Oui, notre Assemblée car Marie-Andrée, par son action et par les responsabilités qu’elle y occupe, représente parfaitement l’action qu’un membre du CESE doit avoir, au service de notre pays, au nom de la société civile organisée.

Marie-Andrée est une spécialiste, une responsable associative, une femme engagée : toutes ces caractéristiques elle les mets au service des autres, et au CESE, au service de l’Assemblée.

À mes côtés, elle a accepté de prendre une mission très lourde en temps, mais aussi en responsabilités : elle est l’un de nos deux questeurs. Et Marie-Andrée dans cette responsabilité m’est indispensable, elle y démontre toutes ses qualités.

Je compte, en ce domaine comme dans beaucoup d’autres, sur toi Marie-Andrée. Car Madame La Ministre, Chers Amis de Marie Andrée, elle est tout simplement quelqu’un sur qui on peut compter, mais cela, vous le savez tous. C’est une raison supplémentaire pour laquelle cette distinction, amplement méritée, va t’être remise dans quelques minutes.

Je cède la parole à Madame La Ministre.

Prononcé de la Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes, Laurence Rossignol

Mesdames, Messieurs les élu.e.s,
Monsieur le Président du Conseil économique, social et environnemental (Patrick BERNASCONI),
Madame la Présidente de l’Union nationale des associations familiales, chère Marie-Andrée BLANC,
Mesdames, Messieurs les responsables d’association,
Mesdames, Messieurs les bénévoles,
Mesdames, Messieurs,

Je suis heureuse d’être parmi vous, dans l’enceinte du Conseil économique, social et environnemental, afin de promouvoir Marie-Andrée BLANC au grade de chevalier de la Légion d’honneur.

Chère Marie-Andrée, cette décoration vient saluer l’exemplarité de votre parcours, riche d’engagements associatifs au service des familles. Vous êtes parvenue à concilier ces engagements avec vos responsabilités professionnelles car vous avez mené toute votre carrière professionnelle dans le secteur de l’industrie jusqu’à en devenir cadre administrative et financière puis retraitée.

Dans le même temps, vous militez au sein du mouvement Familles Rurales et de l’association d’aide à domicile en milieu rural - l’ADMR - à Bas-en-Basset, en Haute-Loire, votre département. Preuve de votre implication et de votre fidélité, vous faites partie de ce mouvement familial depuis maintenant 25 ans.

Vous avez ensuite été nommée Présidente de l’UDAF de Haute-Loire en 2009, après en avoir gravi tous les échelons de responsabilités. Dès votre prise de fonction, vous avez orienté votre action au plus près des préoccupations et des besoins des familles de ce territoire. Proche du terrain, vous avez toujours milité pour que les familles soient actrices des politiques publiques qui les concernent. Pour faire rayonner l’UDAF de Haute-Loire, vous avez créé, entre autres, une « Fête des familles », manifestation à laquelle toutes les familles du département sont conviées autour d’animations. Cet événement est reconduit chaque année et associe depuis 2011 un partenariat avec la Caisse primaire d’assurance maladie dans le domaine de la prévention bucco-dentaire. Votre pragmatisme, votre intuition, vous ont très rapidement permis de mesurer que les problématiques des parents vivant en milieu rural sont communes aux parents. Mais elles présentent des spécificités liées à la configuration et aux ressources des territoires ruraux, renforçant les difficultés de certaines situations sociales ou les problèmes des parents pour concilier leur activité professionnelle et leur vie familiale lorsque les services dont ils auraient besoin sont éloignés de leur domicile.

Vous avez donc initié, dès 2009, différentes actions autour de la prévention routière comme « La roue tourne », en partenariat avec les services de l’Etat dans le cadre du plan départemental d’actions pour la sécurité routière, le Conseil départemental et la ville du Puy-en-Velay. Vous avez organisé également une conférence sur cette thématique auprès de lycées du département, opération qui a remporté un vif succès. Et vous êtes à l’initiative de l’organisation de nombreuses autres actions en direction des enfants et des parents.

En qualité de présidente de l’UDAF de Haute-Loire, vous avez été nommée en 2009 comme membre du conseil d’administration de l’Union régionale des associations familiales (URAF) d’Auvergne.

Puis, en 2012, vous êtes choisie pour être vice-présidente de l’URAF d’Auvergne. C’est une année charnière car vous commencez alors à siéger au conseil d’administration de l’UNAF comme administratrice, chargée du dossier « consommation ».

Cette même année, vous rejoignez en outre en qualité d’administratrice la CAF de la Haute Loire ainsi que la CPAM de ce département et la CARSAT d’Auvergne, tous les champs de la Sécurité sociale.

Mais ce n’est pas un hasard car vous savez mettre à profit votre richesse humaine auprès de ces différentes institutions de la sphère sociale, tout en prenant en compte les réalités et les besoins de ces territoires.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles vous êtes devenue la présidente de l’Union nationale des associations familiales (UNAF) le 26 juin 2015, succédant à François FONDARD que je salue. Vous avez ensuite été réélue en juin 2016. Cette nomination, vous la devez à vos nombreuses qualités : votre sens aigu des responsabilités, vos qualités d’écoute ainsi que votre attachement au pluralisme des mouvements familiaux. Ce sont autant d’atouts qui aident l’UNAF et son réseau au quotidien.

En tant que Ministre des Familles et également des Droits des femmes, je tiens à souligner que vous êtes la première femme à accéder à la présidence de l’UNAF depuis sa création en 1945. Je suis heureuse d’avoir au sein de mon portefeuille ministériel les familles, l’enfance et les droits des femmes pour faire progresser ensemble ces sujets. Et d’ailleurs, vous étiez présente dans cette même enceinte, au Conseil économique, social et environnemental, le 9 mars dernier au lendemain de la journée internationale des droits des femmes, afin de mettre à l’honneur 400 idées qui ont fait avancer l’égalité dans le cadre du Plan d’actions et de mobilisation contre le sexisme.

En outre, vous avez une vision spécifique et originale de la représentation familiale : votre vision consiste à prendre en compte les familles telles qu’elles sont, dans leur diversité, et elle repose sur une vision globale de la personne et de la vie familiale. C’est d’ailleurs pour cela que l’innovation sociale est au cœur de votre action parce qu’elle permet de porter une attention particulière aux plus vulnérables, aux plus isolés. C’est d’autant plus nécessaire dans un contexte de crise économique où les liens sociaux ont tendance à se distendre. La cohésion sociale et la fraternité apparaissent comme des réponses aux phénomènes d’exclusion et de repli sur soi. La famille est aussi une des premières formes de solidarité contre les phénomènes d’isolement social. Et je sais que c’est une conviction que vous partagez.

A mes côtés, vous avez souhaité que l’UNAF s’engage sur différents projets de mon Ministère et ils sont nombreux compte tenu de la diversité de mon portefeuille : parmi ceux-ci, je citerai la création du réseau d’entraide des familles monoparentales « Parents solos et compagnie » et plus largement l’accompagnement des parents séparés, le parrainage de proximité, les schémas départementaux des services aux familles, la protection de l’enfance, la prévention de la radicalisation - sur laquelle l’UNAF a été dès le début un partenaire particulièrement réactif et mobilisé - et les points conseil budget auquel vous tenez particulièrement. Je vous en remercie car ce sont des actions importantes pour les familles.

Vous portez aussi les intérêts des familles auprès des grandes instances nationales que sont la CNAF, mais aussi le Haut conseil de la Famille devenu le Haut conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Age (HCFEA) ainsi que le Conseil économique, social et environnemental.

Vous êtes membre du CESE au titre de la cohésion sociale et territoriale et de la vie associative, et votre capacité de conviction s’est traduite par votre élection en décembre 2015, comme questeure de cette maison. Parmi les sujets que vous portez, sans doute en raison de votre origine ADMR, il y a celui des aidants parce que vous êtes convaincue, comme vous le dites vous-même, que « la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle suppose une reconnaissance dans l’entreprise que les salarié.e.s -femmes ou hommes- peuvent être des parents et aussi être des aidants familiaux auprès de leurs parents âgés ».

Je suis fière également d’avoir pu porter, avec l’appui de l’UNAF, le vôtre et celui de François FONDARD, jusqu’à son terme la loi d’adaptation de la société au vieillissement adoptée le 28 décembre 2015, qui a consacré la reconnaissance des aidants. Et je rends hommage à votre intervention comme le montrent les nombreux amendements parlementaires. J’ai personnellement veillé à ce que les premiers décrets d’application sortent le plus vite possible pour soulager les structures d’aide à domicile qui en avaient le plus besoin.

Au cours de ce quinquennat, nous n’avons pas toujours été d’accord sur toutes les réformes de la politique familiale. Reconnaissons que nous en avons parlé franchement et directement et si nous n’avons pas toujours réussi à nous mettre d’accord, nous avons compris l’une et l’autre nos objectifs respectifs. Et nous avons chacune en tête que nous menons ce que nous avons à mener. Comme vous le savez, j’ai toujours apporté mon soutien à l’UNAF. Nous avons maintenu un dialogue constructif avec vous et avec les mouvements familiaux qui composent l’UNAF. Car nous partageons la même certitude sur le rôle fondamental des familles. Elles sont le premier lieu d’apprentissage de la vie sociale et de la démocratie, le premier vecteur de transmission des valeurs. S’il est indispensable de mobiliser l’Ecole, les services de sécurité, les services sociaux, c’est d’abord au sein des familles que se jouent le rejet de la violence, du repli identitaire, la culture du dialogue et de la tolérance. Et comme l’a indiqué le Président de la République lors de sa venue à l’Assemblée générale de l’UNAF en juin dernier, « l’UNAF représente toutes les familles et il est très important qu’il puisse y avoir un mouvement familial qui de génération en génération a su à la fois se renouveler et garder ses traditions. Etre capable de forger des principes qui valent pour toujours, et en même temps de les adapter à la société d’aujourd’hui. Et c’est ce que l’UNAF a toujours su faire. »

L’UNAF contribue en effet quotidiennement à représenter la diversité des familles, à les accompagner et je tenais à vous en remercier.

Avant de vous distinguer, je voulais à titre personnel vous dire que j’ai confiance en vous, d’autant que j’ai dit précédemment que nous ne sommes pas toujours d’accord.

Enfin, je voudrais saluer la qualité humaine de notre relation. Marie-Andrée, j’ai confiance dans votre attachement indéfectible aux valeurs de la République, vous concevez votre fonction comme un rempart, un rempart contre les extrémismes et les discours de haine qui délitent les liens sociaux et donc aussi les liens familiaux. Ces discours de haine dressent les familles les unes contre les autres alors que vous n’ambitionnez que de les rassembler. Un rempart également contre l’isolement dont vous savez qu’il peut tout aussi bien toucher les personnes âgées que les mères seules ou encore les enfants. Et vous savez que nous mobiliser contre l’isolement et l’exclusion c’est aussi protéger le pacte républicain. J’ai confiance en vous, disais-je, dans votre parole et dans la qualité des liens que nous avons su nouer.

Bien sûr, la Ministre des Familles et la Présidente de l’UNAF sont l’une pour l’autre des interlocutrices incontournables. Mais au-delà des obligations institutionnelles de nos fonctions respectives, nous avons des affinités et un respect mutuel qui font que, même dans les discussions un peu « dures », nous n’oublions jamais de préserver l’essentiel. Enfin, il y a une qualité de Marie-Andrée BLANC qui explique sans doute que je sois ici à cet instant, c’est l’obstination. Marie-Andrée ne lâche rien, ni le jour, ni la nuit !

Chère Marie-Andrée, la République distingue aujourd’hui votre parcours exemplaire. C’est donc avec un grand plaisir que je vous remets aujourd’hui, à votre demande, au nom du Président de la République et des pouvoirs qui me sont conférés, les insignes de chevalier de la Légion d’Honneur.

Discours de Marie-Andrée Blanc, Présidente de l’UNAF

Madame la Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, chère Laurence,
Monsieur le Président du Conseil économique, social et environnemental, cher Patrick,
Monsieur le député de la Haute-Loire, président du conseil régional Auvergne Rhône-Alpes, cher Laurent,

Je reçois ces insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur, Madame la Ministre, avec une grande fierté mais aussi - vous devez l’entendre- avec une certaine émotion. Je sais que je ne vais pas faire marque d’une grande originalité en disant que cette décoration je veux la partager, mais soyez-en convaincu, vous tous qui êtes rassemblés ici ce soir autour de moi, je veux vous remercier chaleureusement de votre présence.

Après avoir mûrement réfléchi à ce qui avait pu motiver cette distinction, il me semble que cela peut tenir en quelques mots : représentation des familles, femme, engagement militant et professionnel, ruralité et corps intermédiaires. Vous êtes le reflet de mon parcours de vie jalonné de belles rencontres, qui ont fait ce que je suis aujourd’hui et acceptez de prendre votre part de cet honneur.

Madame la Ministre, sachez le plaisir que j’ai pris à vous connaître et à travailler avec vous, dans un esprit toujours constructif, même si parfois nous avons eu des divergences. Merci de votre reconnaissance et de m’accompagner pour l’entrée dans cet ordre prestigieux.

Avant toute chose, je tiens à rendre hommage à mes parents, qui m’ont transmis deux valeurs essentielles qui m’ont servi tout au long des années : le respect de soi-même, le respect de l’autre et la valeur du travail. J’associe bien évidemment toute ma famille qui pour des raisons d’éloignement n’a pu nous rejoindre ici ce soir. Je remercie tout particulièrement pour leur présence David et Cécile, et mes amis qui me sont si chers : Albert et Maryse, Martine et Joël. Je suis Appelouse d’origine, née à Firminy dans le département de la Loire, puis je deviens altiligérienne, Bassoise d’adoption, résidant à Bas en Basset, commune de la Haute-Loire au lieu-dit « Le vert », un petit village de 23 habitants.

Tout commence lorsqu’à 16 ans, je passe le Brevet d’aptitudes aux fonctions d’animateur, mieux connu sous l’acronyme de BAFA chez les Francas et devient animatrice dans un « terrain d’aventure » et dans un centre de loisirs durant les vacances scolaires, à Firminy. J’y rencontre mon futur époux, Jean-Paul, avec lequel je me marie en 1974 et j’entre ainsi dans la grande famille des cheminots.

Je tiens à saluer également mes collaborateurs et amis, avec lesquels j’ai « grandi ». René Ferriol, mon premier patron, chez Loire Automation, un grand Monsieur, auprès duquel j’ai beaucoup appris, qui m’a toujours soutenue et avec lequel j’ai fait équipe pendant plus de 20 ans. Il a souvent eu à faire face à mon trait de caractère : la ténacité ! … mais toujours avec un respect mutuel. Merci aussi à Daniel Antoine, Antony Fages et Isabelle Cella qui me font l’honneur d’être à mes côtés en ce jour si particulier. C’est avec eux que j’ai clos mon parcours professionnel de 35 ans chez Loire Automation devenu Nidec : moderniser, automatiser, ventiler : j’ai une grande fierté à rappeler le travail que nous avons réalisé pour la reconstruction du tunnel du Mont Blanc après l’accident qui s’y est produit en mars 1999 et pour les tunnels d’Ile-de-France et Rhône-Alpins.

Ma marque de fabrique, c’est aussi mon parcours de militante familiale ; il a commencé, il y a plus de 20 ans de cela, dans une association familiale du mouvement Familles rurales dans un bourg de la Haute-Loire d’environ 4 400 âmes. Clairement mon engagement s’est forgé sur la nécessité de répondre aux besoins des familles dans leur vie quotidienne en leur apportant les services, qui leur permettent de continuer à vivre dans les territoires ruraux. La défense de la ruralité n’est pas un vain mot et heureusement que les associations ont su s’y développer en portant des initiatives, de l’innovation, du lien social et de l’entraide. Il faut soutenir les services en milieu rural pour la petite enfance, le périscolaire, les centres de loisirs, les aides à la personne à domicile mais aussi au-delà, au risque sinon de voir grandir une fracture entre les habitants du milieu rural et ceux de la ville.

J’ai croisé à Familles Rurales des personnes d’exception dont Jo Duplain, une forte personnalité, un illustre personnage dévoué à la famille, avec un engagement sans limite, qui avait reçu, je le rappelle, les insignes de la légion d’honneur en 2010. Merci à Jo pour son soutien sans faille et ses encouragements. Il représentait l’engagement et la force de conviction, comme tu aimes à le rappeler, Cher Laurent. Naturellement, de Familles rurales à l’UDAF 43, il n’y a qu’un pas que je franchis et en 2009, j’en deviens la Présidente.

Je gravis une marche supplémentaire en 2013, j’entre au Conseil d’administration de l’UNAF ; je suis élue Présidente le 26 juin 2015. Après moi, beaucoup d’autres femmes se verront promues car c’est le sens de l’histoire où la place des femmes est maintenant reconnue.

C’est aussi un honneur d’être décorée par la Ministre des Droits des femmes. Et comme j’aime à le rappeler dans l’histoire des 70 ans de l’UNAF, le Conseil d’administration a élu pour la première fois une femme à sa tête. Ce n’est pas un motif particulier de fierté pour moi mais c’est le signe, s’il en était besoin, que l’UNAF est bien inscrite dans le cours de l’histoire de notre pays. Je tiens à saluer et remercier Michel Yahiel pour m’avoir accompagnée dans mes premiers pas de Présidente de l’UNAF en tant que conseiller social de l’Elysée, récemment nommé Commissaire général de France Stratégie. Vous avez devant vous, des administrateurs de l’UNAF et des Présidents de Mouvements familiaux, tous des représentants familiaux. Ils incarnent la diversité et le pluralisme constitutifs de l’UNAF.

Nous regroupons 71 mouvements familiaux, 7 100 salariés et 15 400 représentants familiaux bénévoles sur l’ensemble du territoire français. Ils font la richesse de l’UNAF qui permet à des personnes de toutes sensibilités, de débattre ensemble et de converger vers un objectif commun : la défense des familles. Ce respect des différences est notre marque de fabrique, il nous anime au quotidien ; une singularité exceptionnelle, dans une société souvent trop cloisonnée.

Ce beau réseau d’associations est animé par des directeurs et des salariés méritants mais aussi par les personnels de l’UNAF, grande Institution dirigée par Guillemette Leneveu, merci chère Guillemette, pour votre engagement, votre dévouement et votre professionnalisme. Mais l’UNAF ne serait pas l’UNAF sans la CNAF, ni le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge. Je remercie Daniel Lenoir et Sylviane Giampino de m’honorer de leur présence. Recevoir cette décoration républicaine de votre part Madame la Ministre, ici au CESE, troisième assemblée de la République, revêt pour moi une valeur symbolique importante : le symbole d’un Etat proche et respectueux des corps intermédiaires, de la société civile organisée. En ces temps de campagne électorale, il est utile de rappeler que les corps intermédiaires - au rang desquels se trouve la représentation familiale- ont la force de s’inscrire de manière spécifique dans les temporalités du politique.

Nos institutions démocratiques reposent, bien sûr, d’abord sur l’élection de représentants à intervalles pluriannuels et la règle du suffrage universel permet ensuite les décisions prises par une majorité. Mais, à côté de ces temps du politique, les corps intermédiaires offrent d’autres voies de mobilisation collective : temps de réflexion et de débat, temps de rencontres avec ceux, qui défendent et représentent des intérêts et sont porteurs d’une parole, d’un savoir théorique et pratique. Ainsi, les corps intermédiaires réintroduisent un temps long non tributaire de l’instant. Loin de simples contre-pouvoirs, ils font partie de la nécessaire pluralité des modes d’expression démocratique.

Mes plus grands remerciements sont pour mon époux Jean-Paul, qui m’a toujours encouragée et avec qui je veux partager cette décoration. Mariés depuis plus de 43 ans, il accepte mes innombrables et interminables réunions, mes absences pour me rendre sur Paris et au travers de la France, mais je sais qu’il en comprend les raisons et qu’il respecte ce que signifie l’engagement d’une militante familiale exigeante et combative. Il a très vite compris que si j’avais fait valoir mes droits à la retraite au titre de ma carrière professionnelle, cela ne signifiait pas pour autant la fin de toute activité.

Merci encore à toutes et à tous pour vos témoignages de sympathie, votre présence et vos encouragements à poursuivre l’action POUR et AVEC les familles.

Je m’engage à faire mienne la devise de cet ordre prestigieux « Honneur et patrie ».

Je vous remercie.

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