Politique vaccinale du nourrisson : l’UNAF émet des recommandations à la Ministre des solidarités et de la santé

26/09/2017

Dans sa séance des 8 et 9 septembre derniers, le conseil d’administration de l’UNAF a souhaité débattre sur la politique vaccinale du nourrisson. Afin d’éclairer sa réflexion, l’UNAF a invité le Docteur D Levy Brühl de Santé Publique France à venir dresser le panorama de cette politique sur la base de données scientifiques évaluées.

Le conseil d’administration de l’UNAF a majoritairement pris acte de la décision de la Ministre des solidarités et de la santé, d’étendre les obligations vaccinales pédiatriques à 11 vaccins dont il a bien compris l’objectif, tout en recommandant fortement que des actions en direction des familles soient entreprises afin de rétablir la confiance des parents vis-à-vis de la vaccination.

Pour l’UNAF, l’obligation vaccinale doit être temporaire car, si elle peut se comprendre dans le contexte actuel du taux de couverture vaccinale de certaines maladies, elle est également un aveu d’échec. Une politique de santé publique doit s’appliquer à convaincre et non à contraindre.

C’est pourquoi l’UNAF demande à la Ministre :
- d’intégrer la politique vaccinale et son évolution dans la future stratégie nationale de santé ou à travers un plan national visant à aboutir à la levée de l’obligation dans des conditions de sécurité maximale ;
- d’améliorer l’information du public, et notamment des familles, sur la question des vaccins, et de développer la formation, tant initiale que continue, des professionnels de santé ;
- de mettre en place un carnet de vaccination électronique et d’intégrer ce carnet dans le futur DMP ;
- de prévoir une prise en charge intégrale des frais liés à la vaccination et de faciliter le « parcours vaccinal » ;
- de s’assurer que le système de veille sanitaire soit suffisamment performant pour repérer le plus en amont possible l’émergence d’éventuels foyers d’infection tant au niveau d’un territoire que d’une population, et de mettre en place une stratégie adaptée ;
- de renforcer l’accès et la transparence des données scientifiques sur la vaccination, y compris celles concernant des sujets à controverse. Cette transparence doit également porter sur les événements secondaires et les effets indésirables ;
- de faciliter l’indemnisation des accidents exceptionnels liés à la vaccination. Un groupe de travail pourrait être rapidement constitué afin d’apporter une réponse satisfaisante à ce sujet ;
- de renfoncer l’accessibilité à tous des déclarations d’intérêt des experts ;
- de favoriser la recherche sur les nouveaux vaccins, les nouvelles modalités d’inoculation, de nouveaux adjuvants et de poursuivre les études sur la tolérance des adjuvants actuellement utilisés ;
- de faire évaluer par le Parlement, chaque année, les mesures mises en place visant à rétablir la confiance vis-à-vis de la vaccination et permettre la levée de l’obligation d’ici à cinq ans. La Conférence nationale de santé (CNS) et les CRSA pourraient également contribuer à cette évaluation.

Pour l’UNAF, il est, par ailleurs, important que tout au long de la mise en place de cette politique volontariste d’information, de recherche et de transparence, des lieux de débats existent afin que la population puisse poser les questions légitimes qu’elle souhaite aborder et débattre avec une diversité d’experts.

Il est primordial que l’ensemble de ces mesures contribue à redonner confiance aux familles et aux professionnels, ceci afin que le taux de couverture vaccinale atteigne un niveau suffisant qui permette la levée de cette obligation tout en garantissant la protection de l’ensemble de la population.

Courrier à la Ministre en ligne.

@ : nbrun@unaf.fr


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