Violences urbaines

Violences urbaines et REAAP : la parole de l’Udaf de Seine-Saint-Denis

14/11/2005

Depuis trop longtemps le département de la Seine-Saint-Denis a été considéré comme le déversoir de tous les maux de la société, certains de ses enfants ont, ces derniers jours, exprimé leur désespérance devant la misère grandissante et le manque de perspective et de confiance qu’on accorde à ses habitants.

Qui s’intéresse vraiment à ce département dont la population est l’une des plus jeunes de France et peut-être d’Europe ? La jeunesse, qu’on le veuille ou non, construit l’avenir de notre département.

Quelle politique publique a réellement permis une vie décente dans les quartiers ? Est-ce en concentrant dans la Seine-Saint-Denis le logement social pour en faire des zones de « non droit » que l’on trouvera un avenir équitable pour les habitants ? Il est des communes qui dépassent 50 % de logement social et d’autres qui pensent se préserver en refusant de prendre la part qui leur revient.

Quelle éducation pour une jeunesse sans avenir et qui ne croit plus à l’émancipation sociale par l’école ? A t-on vraiment mesuré l’impact de l’absentéisme scolaire sur le désoeuvrement et le manque de repères éducatifs pour les jeunes. L’exemple du père, du grand frère demeure t-il comme un leitmotiv pour cette jeunesse qui, comme toute autre, a besoin de modèles.

A travers les réponses partielles et insatisfaisantes, s’est installée une misère durable dont les stigmates nous apparaissent aujourd’hui brutalement. Après la succession de rendez-vous manqués et les maigres résultats d’une politique publique qui s’essouffle, notre département refuse d’abdiquer face à la violence de la désespérance.

La Seine-Saint-Denis, c’est aussi des milliers de familles qui, en harmonie interéthnique, développent un territoire de vie solidaire, en soutien au quotidien de celles d’entre elles qui sont les plus touchées.

Ici comme ailleurs, des femmes, des hommes, des adolescents et des enfants attendent que leur personne, leurs biens, leurs déplacements, leur outil de travail et de culture soient préservés et que les équipements collectifs soient sécurisés.

Des dispositifs ont été créés ; ils méritent, au regard de leurs résultats, plus d’attention et que des solutions d’ampleurs soient mises en oeuvre. C’est le cas notamment des réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement aux parents (REAAP). Mais trop peu leur a été confié et les associations locales, départementales voire nationales n’ont pas pu véritablement jouer leur rôle, sans parler de celles qui ont été découragées par le manque de financement, voire la suppression de leurs subventions et par là de leur activité au bénéfice des plus démunis. Pourtant nombre d’entre elles sont créatrices de liens sociaux, d’écoute, de rencontres entre habitants et parents ; elles font preuve d’initiatives en tout genre permettant à chacun de se faire entendre et par là même, d’avoir une place dans le corps social.

Chargée de représenter l’ensemble des familles françaises et étrangères, résidant sur le département, l’UDAF 93 demande aux autorités compétentes de réunir un comité de pilotage des REAAP, duquel sont membres : le Conseil général, la CAF, la DDASS, l’Education nationale, la Fédération des Centres sociaux, professions banlieue, la PJJ, le CLICOSS, et l’UDAF 93, pour débattre, rechercher, et encourager les initiatives associatives locales, porteuses de cohésion sociale.

Haut de page