Journée d’échanges

Rapport 2005/2006 de l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion sociale.

10/07/2006

L’UNAF a participé à la journée d’échanges organisée au Ministère de la Santé et des Solidarités en lien avec le collectif Alerte portant sur le rapport 2005/2006 de l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion sociale.
Se sont déroulées deux sessions sur deux thèmes : " comment rendre compte de la pauvreté" ? "approfondir les liens entre pauvreté et emploi".

Comment rendre compte de la pauvreté ?

L’observatoire national de la pauvreté relève un certain nombre de données significatives relatives aux situations de pauvreté et d’exclusion sociale. Il s’agit d’indicateurs et de statistiques, mais aussi d’analyses et d’études sur l’accès aux droits fondamentaux des personnes en situation de pauvreté.
L’indicateur monétaire ne reflète pas à lui seul la réalité des situations de pauvreté. L’Observatoire propose donc d’enrichir le diagnostic par le suivi régulier d’une dizaine d’indicateurs considérés comme centraux, et de se pencher sur les indicateurs territorialisés pour mieux comprendre les contextes locaux et les mécanismes d’entrée et de sortie dans la pauvreté.

Approfondir les liens entre pauvreté et emploi

La notion « travailleurs pauvres » est de plus en plus utilisée et est associée à l’existence d’une pauvreté, de difficultés et leur augmentation malgré un travail existant. Le critère commun fait référence aux seuils de pauvreté (souvent trop statiques). La difficulté est de connaître à partir de quand cet état est constaté (quelle durée de travail et en tenant compte des interruptions).

Les risques de pauvreté concernent tout autant les travailleurs indépendants confrontés à l’absence de garantie de salaire minimum, les personnes en situation d’alternance de l’emploi, celles en situation de chômage, aux personnes ayant un emploi non qualifié et une durée de travail déterminée. Le cumul des "risques" entraîne aussi la pauvreté.

L’importance de lutter contre la pauvreté par des emplois de qualité a été soulignée mais il est question également et dans un même temps, d’amélioration des politiques familiales (soutien à la garde d’enfants par exemple).

Point de vue des employeurs et salariés

Les intervenants ont insisté sur la composition de la famille qui reste un élément déterminant et sur l’importance de la politique familiale.

Le nécessaire travail avec le secteur de l’insertion et avec les entreprises sur les situations délicates dans le respect de la vie privée des salariés doit toutefois demeurer.

Le travail des associations dans le repérage de la pauvreté a été rappelé et confirmé.

Les représentants des Conseils économiques régionaux sont intervenus pour témoigner des actions de terrain :
Pour eux, il est essentiel de poursuivre le travail mené dans le cadre du temps partiel, des bas salaires, de la situation des femmes et de lutter contre la pauvreté des ménages. L’aspect lié à l’environnement a été également souligné.
Doit s’inscrire aussi dans ces analyses le soutien aux familles via les structures d’accueil de la petite enfance.
Les participants se sont accordés pour que soit créé un lieu d’impact des mesures qui puisse traiter des réformes des indemnisations chômage, des mesures salariales, des politique familiales fiscales, du suivi des populations précaires.

Les difficultés d’accès des plus pauvres aux dispositifs d’emploi et de formations.

On observe une faiblesse des qualifications et aujourd’hui, une augmentation des contrats aidés. Un point a été fait des évolutions des publics en difficulté d’emplois depuis la fin des années soixante-dix et des situations des bénéficiaires du RMI dans les entrées en contrats aidés qui sont essentiellement dans le domaine non marchand et pour qui les difficultés pour accéder à l’emploi marchand subsistent. Aux contraintes matérielles s’ajoutent les difficultés de logement et de transport.

Les autres obstacles au retour à l’emploi

- conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle : horaires, travail de nuit, charges de famille ;
- inégalités entre hommes et femmes et nature des équipements et services (pré et péri-scolaires pour concilier les rythmes sociaux des différentes personnes du ménage) ;
- reprise d’emploi et santé : limitation des capacités de travail (handicaps..).

Point de vue du secteur associatif

Il a été mis l’accent sur :

- l’absence de continuité des politiques,
- les difficultés des jeunes « assistés » vivant chez leurs parents,
- le découragement des travailleurs sociaux.

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