Colloque

L’UNAF a assisté aux 7èmes rencontres parlementaires sur l’énergie : "Quelles orientations stratégiques pour assurer l’avenir ?"

09/10/2006

L’UNAF a assisté aux 7èmes rencontres parlementaires sur l’Energie qui se sont tenues à Paris le 3 octobre 2006. Ces dernières avaient pour objectif de faire le point sur les dernières avancées réglementaires et législatives tant au niveau européen que national.

Les tensions et les crises sur les énergies s’accélérant, il est urgent d’assurer l’avenir. Or, pour cela il faudra investir dans des programmes de recherche et développement, la construction d’usines de production et de stockage respectueuse de l’environnement ainsi que dans des réseaux de distribution sécurisés et de proximité.

En parallèle pour accompagner ce changement "de civilisation" il sera nécessaire de réaliser à tous les échelons une véritable maîtrise des consommations d’énergies fossiles non renouvelables. Un vaste programme qui ne peut réussir que si les consommateurs et plus particulièrement les jeunes sont éduqués et formés à cet enjeu majeur.


Quatre tables rondes se sont déroulées :

1/ La nécessité d’une politique européenne durable en énergie : un vœu pieu

À l’heure actuelle, chaque pays s’organise seul pour répondre à la crise et la solidarité européenne n’est pas au rendez-vous. Il faudrait instaurer des contraintes plus fortes au niveau européen et ne plus rester au stade de simples recommandations. On constate aujourd’hui l’échec de la politique européenne en la matière et l’échec pour la création d’un marché européen de l’électricité et ce malgré la libéralisation en cours.

Pourtant, tout n’est pas négatif, des alliances se constituent. Exemple : la France, la Belgique, la Hollande et l’Espagne pour le marché de l’électricité. On est dans la politique des "petits pas".

L’idée d’un grand régulateur européen de l’électricité et du gaz est provisoirement abandonnée par la commission.
Cette dernière se concentre plutôt sur l’augmentation des pouvoirs des régulateurs nationaux, avec l’objectif de les rendre plus indépendants.

Les défis sont bien identifiés : lutter contre le réchauffement climatique en maîtrisant la consommation d’énergies trop productrices de gaz à effet de serre (pétrole, gaz, ...).

2/ Quel avenir pour le nucléaire ou plutôt quelle sera la part du nucléaire dans les énergies de demain ?

Au cœur de cette question, les exigences de transparence et de débat public pour les citoyens, plus que les questions sur l’enfouissement des déchets radioactifs qui néanmoins demeurent.

Les avancées technologiques sont perceptibles, mais ne sont pas encore mûres, applicables ; certaines sont encore au stade de la recherche fondamentale.

Les réacteurs à neutrons lents sont déjà utilisés, alors que l’avenir repose sur les réacteurs à neutrons rapides (dit de 4ème génération), prévus en 2070...
Mais la technologie ne suffit pas. Il faut penser usines de production et de stockage et réseaux de distribution adaptés.
De nouveaux métiers vont émerger, il faudra former et rien n’est en place aujourd’hui.

Un prochain Livre vert sur le nucléaire est attendu.

Le nucléaire prendra vraisemblablement sa place dans un mix énergétique composé de beaucoup d’autres énergies (c’est la fin de la culture monotechnique du « tout nucléaire »).
Pour développer le nucléaire, des investissements capitalistiques et patrimoniaux seront nécessaires, ainsi que des programmes Recherche et Développement conséquents.

3/ Comment sécuriser les approvisionnements alors que les ressources fossiles s’épuisent ?

Pour sécuriser l’approvisionnement, une seule méthode s’impose : diversifier les sources d’énergie.
On parle de bouquet énergétique ou de mix énergétique.

Les énergies renouvelables thermiques sont à développer en priorité. On attend beaucoup du nucléaire de 4ème génération. La fusion nucléaire pourrait être opérationnelle en 2100.

L’enjeu majeur demeure la maîtrise de la consommation et les économies d’énergie issues de la chasse au gaspi, sinon malgré des avancées technologiques, on ira droit à l’échec. On risque un black out gazier et électrique sauf pour la France qui, en raison de son parc nucléaire, est plus protégée de ce risque.

Le logement et les transports sont trop « énergiphiles ». Ils doivent être les deux secteurs prioritaires de l’action publique.

Pour atteindre cette efficacité énergétique, il faut massivement investir pour rénover le parc des centrales à charbon par exemple, et/ou investir dans les réseaux de distribution. Or, les investissements ont été délaissés depuis près de 20 ans, en raison d’un prix du baril faible. Le retard est considérable.

Au cours des débats, il a été souligné que notre politique énergétique a été bâtie sur une culture et une société des années 80-90. Il est impératif de repenser la politique énergétique de manière innovante.
Les questions de gouvernance et de Développement durable sont au cœur de cette nouvelle stratégie.

4/ Les biocarburants sont-ils à la hauteur de l’espoir qu’on place sur les énergies renouvelables ?

Les énergies renouvelables à l’étude : innovation et diversité.

Dans ce débat, il a été beaucoup question des biocarburants, les promesses de développement sont là ; des débouchés inespérés pour les agriculteurs, surtout ceux qui produisent de la betterave à sucre, du colza et du tournesol.

La question de la souveraineté alimentaire risque de se poser car personne ne connaît, au final, la part qui sera réservée à la production de biocarburants. Elle risque de dépasser la part alimentaire dont on sait que certains secteurs de production de denrées alimentaires sont déjà déficitaires.

Les « OGM » reviendraient en force dans ce contexte.

Des réticences vis-à-vis des biocarburants (de même pour les OGM) se font savoir en terme de pollution par les pesticides, de non-respect de l’environnement et de la biodiversité.

Les énergies renouvelables ne s’opposent pas les unes aux autres (éolien, solaire, biomasse.... Elles ont toutes un intérêt et une place dans un mix énergétique.
Elles-mêmes peuvent se trouver en mélange avec des énergies fossiles telles que gaz et pétrole, utilisées déjà pour les véhicules de transport.

Il existe un vaste chantier qui s’ouvre à nous et qu’on a tendance à sous-exploiter : c’est l’énergie thermique des mers, ainsi que l’ensemble de la biomasse marine (plancton, algues).

Pour conclure, la politique énergétique doit s’axer sur quatre priorités :

- répondre au réchauffement climatique ;
- assurer la sécurité des approvisionnements ;
- garantir l’efficacité énergétique ;
- organiser l’intégration des marchés.

Pour cela, des investissements publics très importants seront nécessaires et une politique européenne en "stand by" actuellement devra être menée.

Il est primordial que les consommateurs aient des comportements sobres et vertueux. Des efforts considérables en matière d’éducation et de formation devront être menés afin de changer de culture énergétique pour aller vers une politique plus réaliste, responsable et solidaire.
Il faudra proposer aux ménages une choix véritable de plusieurs énergies pour un même logement et pour leurs transports, avec pompes de proximité et voitures adaptées accessibles au plus grand nombre.

Pour information : dossier de synthèse sur les énergies renouvelables fait par le MINEFI

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