Rencontre

L’accueil et l’éducation de la petite enfance - une approche franco-allemande

26/03/2007

Organisé en collaboration avec le Ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de la Fondation Genshagen et de l’Office franco-allemand pour la jeunesse, le séminaire sur « L’accueil et l’éducation de la petite enfance : une approche franco allemande » a rassemblé, du 14 au 16 mars 2007, à Francfort-sur-le-Main et à Lyon, une vingtaine de journalistes des deux pays, spécialisés dans le domaine de l’enseignement.

L’UNAF a participé aux débats et aux visites qui se sont déroulés en Allemagne. Elle est intervenue plus particulièrement dans l’atelier consacré « aux familles et à la cohésion sociale ».

Les débats ont été introduits par la comparaison entre les deux pays, de la situation de l’accueil de la petite enfance.

Même si des différences apparaissent selon les territoires, une variété de dispositifs d’aides et de mesures fiscales est proposée aux familles françaises, pour leur permettre de faire un choix de modes de garde. La garde des 0-3 ans peut se faire dans la famille ou à l’extérieur. A partir de 3 ans la quasi-totalité des enfants intègre la maternelle.

L’Allemagne souffre d’un déficit quantitatif en matière d’accueil de la petite enfance. Les 16 Länder (régions) qui composent la République fédérale d’Allemagne disposent chacune de lois et de dispositifs spécifiques concernant la petite enfance. Cela ne facilite pas la mise en place d’une politique commune et freine la démarche d’une harmonisation des dispositifs et des aides.

L’opinion publique, dans de nombreux länders, va parfois jusqu’à traiter les femmes qui confient leurs enfants en bas âge, de « mauvaise mère », (terme plusieurs fois employé par différents participants).

Des différences notables existent aussi entre la situation dans l’ex RDA et celle de l’Allemagne de l’Ouest. Cela concerne les usages, les structures mais aussi la formation des intervenants.

Actuellement, les aides vont essentiellement aux familles les plus démunies. En outre, la défiscalisation des frais de garde est beaucoup plus réduite que dans notre pays. Ils se déduisent des revenus imposables et non des impôts.

Un grand débat anime actuellement l’Allemagne sur la nécessité d’une harmonisation, les modalités de celle-ci et les impacts démographiques et éducatifs que l’on pourrait en attendre.

Dans le cadre de l’Agenda 2010, le Gouvernement fédéral a lancé une grande réforme qui poursuit à la fois l’objectif d’améliorer la formation et l’accompagnement des enfants et une nouvelle politique familiale permettant de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle des parents.

Afin de créer une infrastructure de garde adaptée, le Gouvernement mise sur un nouveau concept d’école basé sur la journée entière. Il est prévu de développer considérablement le nombre des écoles à plein temps d’ici 2010, à l’aide de subventions importantes de l’Etat fédéral. Selon le Ministère fédéral de l’éducation, 5% des écoles seulement fonctionnent toute la journée.

L’organisation et les structures de garde sont gérées par les communautés religieuses, des Fondations ou des branches professionnelles. Chaque structure a de ce fait son propre projet.

C’est ce que nous avons pu constater lors de la visite d’un jardin d’enfants de Francfort pour les enfants de 3 à 6 ans qui expérimente une phase de modélisation du programme « Fühstart » de la Fondation Hertie-Stiftung.

Le concept éducatif allemand a tout d’abord été décrit. Il repose sur le concept de la « bildung » notion qui associe l’acquisition du savoir au développement de soi. L’enfant doit grandir et se développer selon son propre rythme et ses talents individuels.

D’après le centre d’information et de documentation de la République fédérale d’Allemagne « L’éducation allemande met moins l’accent sur la transmission du savoir que sur l’épanouissement de la personnalité. Elle vise à former des enfants équilibrés et aptes à vivre en société. A l’opposé, dans la culture française, on a plus tendance à considérer dans l’enfant, l’adulte futur et le traiter comme tel ».

Le Programme « frühstart » vise à favoriser la réussite scolaire des enfants issus de l’immigration. Le projet s’appuie sur trois piliers : un soutien linguistique, une éducation interculturelle, un travail en direction des parents.

Le soutien linguistique permet aux enfants de développer considérablement leurs compétences orales, leur capacité à communiquer. Ils prennent plus de plaisir à parler. La mise en place d’accompagnants parentaux, relais efficaces entre le jardin d’enfants et le milieu familial, montrent que les parents soutenus se renseignent sur la progression des enfants et prennent une plus grande part aux activités du jardin d’enfants. Des échanges entre éducatrices et enseignants se sont multipliés pour créer un lien entre le jardin d’enfants et l’école élémentaire. Le budget global de cette phase de modélisation du projet représente 500 000 euros.

Avant de partir pour la France, où le groupe devait visiter une maternelle et rencontrer les responsables de l’IUFM de Lyon, un atelier sur « le rôle des familles et la cohésion sociale » a permis d’aborder les points 15 et 16 de la loi de cohésion sociale française. Rappelons qu’ils portent sur le projet de réussite éducative. Les mesures prises dans les Zones d’éducation prioritaires (réduction des effectifs dans les classes de maternelle et accession des deux ans à la maternelle...) ont été développées. La description d’exemples d’aide à la scolarité, de l’opération "lire et faire lire", des réseaux d’aide à la parentalité, de la mise en place de modules de formation aux relations parents école dans les IUFM ont introduit la journée suivante.

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