Interview du Président de l’UNAF

François Fondard :“Dans le domaine de la politique familiale, l’Europe peut avoir un rôle moteur sur la base de recommandations et d’incitations”

19/09/2008

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Texte de l’interview en ligne

Interview - Le 18 septembre se déroule à Paris, dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne, une réunion informelle des ministres européens de la famille. Une rencontre dont l’Union nationale des associations familiales (UNAF) avait posé le principe, en particulier lors de son entretien avec le Président de la République en février 2008 et qui constitue la première réunion d’envergure de l’exécutif européen sur ce thème depuis le printemps 2007. Pour ce qui concerne la garde d’enfants, l’UNAF souligne que “le simple échange d’expériences entre pays, bien que crucial, sera insuffisant pour améliorer concrètement la vie des familles” et qu’il est “nécessaire de mettre en place un programme européen incitatif”. François Fondard, le président de l’UNAF, qui participe à cette rencontre, précise pour l’Agence Focus le rôle que peut avoir l’Europe dans ce domaine ainsi que la place des associations. Il évoque également certains aspects de la politique française d’accueil de la petite enfance.

Dans son dernier rapport, la Cour des Comptes a été très critique sur la Prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE). Quel bilan en tirez-vous de votre côté ?

François Fondard  : La PAJE a permis aux familles de bénéficier de prestations supplémentaires, notamment lorsqu’elles ont des enfants de moins de trois ans. On sait très bien aujourd’hui les effets que cela a généré avec, en particulier un taux de fécondité qui a atteint en France le niveau de 2 enfants par femme alors qu’il n’est que de 1,3 dans d’autres pays européens. De ce fait, la France est aujourd’hui la première nation européenne en terme de natalité. C’est quand même, de ce point de vue, une très grande réussite. La PAJE est un des éléments les plus importants de la politique de développement et de soutien à la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle.

Dans son rapport rendu public au mois de juillet, Michèle Tabarot recommande de privilégier l’offre d’accueil des 2-3 ans pour la première étape du droit de garde. Qu’en pensez-vous ?

F.F. : Lorsque nous avons rencontré Michèle Tabarot, nous lui avons dit qu’il nous semble important de continuer à soutenir et à développer les dispositifs existants. Mais nous ne sommes pas opposés à sa recommandation de développer des structures d’accueil innovantes pour les enfants de 2 à 3 ans. Un assouplissement des contraintes réglementaires peut favoriser la création de ce type de modes de garde. Pour les enfants de moins de deux ans, les normes d’encadrement sont et doivent rester contraignantes. Pour les enfants de 2 à 3 ans, l’encadrement doit bien entendu rester sécurisé, mais les normes peuvent être plus souples.

Que peut faire l’Europe dans ce domaine ?

F.F. : Dans certains pays, les modes de garde des enfants de moins de 3 ans ne sont pas très développés. La politique familiale n’est pas une compétence européenne. Mais l’Europe peut néanmoins avoir un rôle moteur dans ce domaine sur la base de recommandations pour inciter les pays membres à développer des services et des prestations ainsi que des politiques de sensibilisation à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiales. Des réflexions sont déjà engagées au niveau européen pour travailler à cela.

Comment les associations familiales peuvent-elles agir dans ce domaine au niveau européen ?

F.F. : Actuellement, il n’y a pas de représentation spécifique des familles à l’échelle de l’Europe pour développer une politique familiale européenne. Mais des institutions existent néanmoins, en particulier la Confédération des organisations familiales de la communauté européenne (COFACE). Elle est intégrée à la Plate-forme sociale européenne qui regroupe l’ensemble des acteurs de la société civile. C’est à ce niveau-là que nous pouvons agir. Nous nous sommes ainsi aperçus à Chantilly, lors du dernier sommet auquel participaient les ministres européens de la protection sociale que les consultations avec l’ensemble des partenaires sociaux permettent de faire évoluer un peu les politiques sociales et familiales.

Les ministres européens de la Famille sont réunis aujourd’hui à Paris. Qu’attendez vous de cette rencontre ?

F.F. : Nous attendons de cette réunion informelle qu’elle permette de faire avancer dans tous les pays européens des politiques de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle.

PP/HB/HB
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