Conseil économique, social et environnemental

Débats au CESE : Insertion des jeunes / Patrimoine

03/11/2008

Le Conseil Economique, Social et Environnemental, réuni en assemblée plénière les 21 et 22 octobre 2008, a adopté deux avis intitulés :
- 25 ans de politique d’insertion des jeunes : quel bilan ? rapporteure Mme Catherine DUMONT au nom de la section des Affaires sociales ;
- Une nouvelle dynamique pour les politiques de conservation du patrimoine monumental, rapporteur M. Jean-Jacques AILLAGON au nom de la section du Cadre de vie.


Déclaration écrite du groupe de l’U.N.A.F. (annexée au Journal Officiel) sur l’avis présenté par Mme DUMONT, intitulé : « 25 ans de politiques d’insertion des jeunes : quel bilan ? » au nom de la section des Affaires sociales.

Le groupe de l’U.N.A.F. remercie la rapporteure, Catherine DUMONT, d’avoir dressé un bilan exhaustif des politiques publiques menées en faveur de l’insertion des jeunes. Une des plus grandes ambitions des familles, c’est justement de réussir l’entrée dans la vie professionnelle et sociale de leur enfant, en adéquation avec ses goûts et ses capacités. Les parents consentent de nombreux sacrifices et souffrent beaucoup des échecs que leurs enfants peuvent vivre. C’est pourquoi le groupe de l’U.N.A.F. se réjouit que cet avis apporte une nouvelle contribution dans ce domaine, que l’on voudrait toujours plus performant.

Néanmoins, il semble que l’avis ait quelques difficultés à choisir, dans son désir de dresser un bilan exhaustif, entre la logique économique et la logique éducative, entre l’insertion par l’emploi dans le monde professionnel et l’intégration dans la société. Dès lors, on se sent quelque peu dépassé par l’immensité d’un champ d’études d’une telle complexité !

1/- En premier lieu, le groupe de l’U.N.A.F. remercie la rapporteure d’avoir bien voulu prendre en compte ses remarques et d’avoir fait confiance à son expertise pour ce qui relève de la famille. Ainsi, l’avis rappelle que « la législation française reconnaît aux parents la responsabilité de l’éducation de leurs enfants ». C’est pour cela que tout doit être fait pour aider les familles à assumer le rôle qui doit permettre au jeune –au bout du compte- de faire des choix autonomes et de construire sa vie. De même, l’avis réaffirme le besoin d’une véritable reconnaissance des familles dans l’école. En milieu scolaire, l’information pour l’orientation des jeunes doit être faite auprès d’eux, mais aussi à destination des familles, afin qu’elles puissent accompagner l’orientation du jeune vers la voie qui lui conviendra le mieux.

2/- En second lieu, l’U.N.A.F. rappelle la nécessité d’aider les jeunes à concilier vie professionnelle et vie familiale, à un âge où ils construisent bien souvent les deux à la fois. Notre groupe tient à redire –et l’avis le souligne- combien il nous faut être vigilants sur l’aide qu’il convient d’apporteur aux jeunes parents étudiants, de même qu’aux familles monoparentales, particulièrement aux jeunes mères en formation ou en retour à l’emploi, qui ont besoin par exemple d’un accès prioritaire pour une place en crèche. Ces idées sont simples. Néanmoins, il fallait les dire, ou les redire. Mises en place, elles n’engendreraient pas de surcoût pour la collectivité et seraient efficaces.

3/- Enfin, le réel enjeu de cet avis n’est pas d’apporter de nouvelles réponses ou de développer la mise en place d’aides dont la faisabilité financière serait quelque peu aléatoire. Si la France est déjà l’un des pays de l’O.C.D.E. qui malheureusement dépensent le moins pour l’enseignement supérieur de ses jeunes, en revanche, elle est un de ceux qui dépensent le plus pour leur insertion. Bien souvent, les outils et les solutions d’insertion des jeunes existent. Mais ces dispositifs ne sont pas toujours suffisamment connus.

Il en est ainsi par exemple des « Réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement à la parentalité » (REAAP) et de la médiation, tous deux permettant aux parents de mieux accompagner leurs enfants, et, dans un autre domaine, des Programmes de réussite éducative qui connaissent un succès grandissant, comme d’ailleurs des Ecoles de la deuxième chance, qui s’adressent aux jeunes sortis du système éducatif sans qualification et sans emploi.

Les familles ambitionnent d’accompagner leurs jeunes vers l’autonomie et non vers des dispositifs qui les enferment dans la précarité. En ce sens, la France doit miser sur l’alternance, les contrats de professionnalisation et les contrats d’apprentissage, plutôt que les contrats aidés. Il faut que les dispositifs soient lisibles, comme « ouvrant des voies » et permettent aux jeunes de construire des projets dans la durée. Dans le même temps, il faut réaffirmer la nécessité du droit à l’erreur : l’orientation doit pouvoir être corrigée, notamment en améliorant la fluidité des parcours qui permettent la capitalisation des acquis.

Aider les jeunes à se projeter dans l’avenir et à construire eux-mêmes leur futur qui est en même temps celui de notre société : l’avis a le grand mérite d’accepter cette responsabilité.

Le groupe de l’U.N.A.F. a émis un vote favorable sur l’avis.

Déclaration écrite du groupe de l’U.N.A.F. (annexée au Journal Officiel) sur l’avis présenté par M. AILLAGON, intitulé : « Une nouvelle dynamique pour les politiques de conservation du patrimoine monumental, rapporteur M. Jean-Jacques AILLAGON au nom de la section du Cadre de vie.

Le groupe de l’U.N.A.F. salue l’avis présenté par M. Jean- Jacques AILLAGON, au nom de la section du Cadre de vie et relatif à « une nouvelle dynamique pour les politiques de conversation du patrimoine monumental ». Parfaitement documenté, cet avis permet à juste titre de mettre en exergue la richesse du patrimoine de la France, mais aussi les lourdes menaces qui pèsent sur sa conservation et sa réhabilitation.

La menace est d’abord celle d’un manque cruel de fonds publics et privés pour en assurer la pérennité. Redéfinir le périmètre de la propriété publique ne nous paraît guère de nature à résoudre cette équation, car les collectivités ou les institutions qui se trouveraient de facto affectataires de ces biens sont déjà de moins en moins en mesure de faire face à leurs obligations. Ceci, et l’avis le souligne, est encore plus vrai pour l’ensemble des propriétaires privés. Ainsi, la mobilisation de tous les acteurs pour cette grande cause est certes une nécessité pour autant qu’elle permette, dans un contexte extrêmement difficile, de mobiliser des ressources financières complémentaires. L’U.N.A.F. approuve les suggestions faites à cet égard, en particulier l’éventuel prélèvement sur les recettes issues de la Française des Jeux.

En second lieu, l’U.N.A.F remarque que depuis de nombreuses années, la fréquentation des lieux historiques et de leur patrimoine monumental ne cesse de croître. L’avis met l’accent à juste titre sur le rôle de l’école tout au long du cursus pour veiller notamment à l’accès de tous à la culture historique et culturelle.

Le groupe de l’U.N.A.F. fait le constat suivant : toutes les familles de tous milieux et de tous horizons utilisent leurs moments de loisirs et de congés pour visiter non seulement les monuments les plus célèbres du patrimoine français, mais également d’innombrables sites partout en France, témoins de la richesse culturelle de notre pays. Ainsi les familles tiennent la première place dans l’apprentissage de la culture historique et culturelle. Il faut les encourager et les soutenir dans ce rôle premier.

L’U.N.A.F. regrette que l’avis n’en fasse pas état. Or de nombreuses institutions (Caisses d’allocations familiales, collectivités locales, associations privées diverses) mettent en place à la fois des dispositions permettant de faciliter non seulement l’accès à ce patrimoine, mais aussi pour mettre à la portée de tous une documentation adaptée et de qualité.

Cet effort, tant des familles que de leur environnement, aurait dû être souligné. Le groupe de l’U.N.A.F. a voté l’avis favorablement.

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