Interview

Sur quelques mesures du budget 2005

17/09/2004

"Coup de pouce" pour les emplois à domicile, réforme des successions et du prêt à taux zéro... , Hubert Brin, président de l’UNAF, s’est exprimé ce 17 septembre 2004 sur France Inter au sujet de l’impact de mesures du budget 2005 sur les familles, en particulier les familles nombreuses ou non imposables.

France Inter - Journal de 13h00

FI : Le Premier ministre annonce un coup de pouce fiscal supplémentaire pour les familles qui emploient chez elles une nounou, femme de ménage ou Baby Sitter, qu’en pensez vous ?
HB : Pour avoir une vision objective de cette mesure, il convient de préciser que, très majoritairement, elle sera utilisée par des personnes âgées. Loin de moi l’idée de dire que les personnes âgées ne font pas partie de la famille ! Mais il est important de le rappeler...
La deuxième remarque que je ferais, c’est qu’à l’UNAF, nous avons toujours une interrogation lorsqu’une mesure fait appel à une modification de l’impôt sur le revenu. Car notre réaction est toujours de dire : qu’est-ce qui sera proposé pour les personnes et les familles qui ne sont pas imposables ? Or, là, nous avons une réelle interrogation.
Dernière remarque, c’est qu’il est effectivement intéressant de solvabiliser la demande, et cette mesure va dans ce bon sens. Pour autant, il y a toujours pour nous, nécessité de travailler sur la qualité de l’offre de services. Il ne faut pas imaginer que ces emplois peuvent être pourvus uniqueme,nt par des personnes sans aucune formation, intervenir au domicile de quelqu’un nécessite, malgré tout, une formation adaptée.

FI : Autre mesure, confirmée celle là, celle qui concerne les successions. Jean-Pierre Raffarin confirme le seuil de 100 000 euros en deçà du quel on ne paiera pas de droits d’héritage. Cela vous paraît suffisant ?
HB : La question de la transmission du patrimoine est d’une sensibilité extrême et nous l’avons vu dans un passé récent lors de la mise en place de la prestation spécifique dépendance. Nous constatons que, pour les parents, quels qu’ils soient, cela reste malgré tous un des objectifs de vie de transmettre un peu d’économies à leurs enfants. Donc la mesure est intéressante. Ce que j’apprécie, c’est ce qu’à dit ce matin le Premier ministre, parce que j’avais quelques doutes, quelques craintes. Il a dit qu’il ne devait pas y avoir de perdants, car il est extrêmement important de regarder comment cette évolution des droits de succession s’applique par rapport aux familles nombreuses et je crois que, de ce point de vue, il a pris un engagement. [1](...)

FI : Sur la question du prêt à taux zéro que le gouvernement envisage de remplacer par un crédit d’impôt, quelle est votre position ?
HB : Nous regrettons qu’il y ai eu des dispositions de prises sur le prêt à taux zéro sans que nous ayons réellement procédé à une évaluation préalable.

FI : Prêt qui est populaire, en plus...
HB : Prêt qui est extrêmement populaire, qui permet effectivement à de très nombreuses familles modestes et à des jeunes familles d’accéder à la propriété. Ce défaut d’évaluation préalable est dommageable.
La mesure qui est proposée en remplacement, là encore, nous paraît être améliorée par rapport à que ce que nous avions entendu ces jours derniers puisque le Premier ministre parle à la fois de crédit d’impôt mais également de prime pour les familles non imposables : cela signifie que familles imposables et non imposables sont prises en compte. Pour autant, nous attendrons de voir le détail précis des mesures proposées avant de nous prononcer.

FI : Hubert Brin, en ce qui concerne le jour férié supprimé pour financer l’aide aux personnes handicapées, le ministre de l’éducation, François Fillon, a souhaité que ce soit le lundi de pentecôte, et l’avait même annoncé. Finalement, ce sont les recteurs d’académie qui décideront "à la carte" en quelque sorte. Que pensez vous de ça ? Vous vous y retrouvez ?
HB : La question des jours fériés était une question assez épineuse. Du point de vue de la symbolique, cette démarche était intéressante. La mise en œuvre, on le voit bien, est extrêmement difficile à réaliser. Après, il peut effectivement y avoir un certain nombre de négociations en fonction de réalités locales ou régionales. (...)

FI : Hubert Brin, merci d’avoir été en ligne avec nous.

[1] Le Premier ministre a remarqué ce matin au "Figaro" qu’ en fonction du nombre d’enfants, la situation actuelle pouvait être plus avantageuse, et a déclaré : "Toute situation plus favorable sera maintenue, je m’y engage", en précisant que cet aspect de la mesure faisait partie "des aspects techniques à régler".

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