Etude

"Impact des messages de santé liés à l’alimentation sur les comportements alimentaires"

26/01/2009

L’UNAF a participé avec d’autres associations de consommateurs à une rencontre au cours de laquelle Madame Faustine Régnier, sociologue à l’INRA, a communiqué les résultats d’une étude financée par le groupe Ferrero sur le thème « Impact des messages de santé liés à l’alimentation sur les comportements alimentaires ».

Après avoir dressé le contexte dans lequel s’est conduite cette étude (abondance alimentaire, relations courantes entre l’alimentation et la santé, alimentation comme forme de médicalisation de la société, médiatisation du développement de l’obésité), Faustine Régnier a identifié quatre facteurs d’intégration des recommandations :

- les contraintes financières,
- le bien-manger,
- le rapport santé-maladie,
- la représentation du corps.

Les contraintes financières pèsent davantage sur les foyers modestes qui consacrent 22 % de leur budget à l’alimentation, contre 18 % pour les foyers aisés. Pour certaines familles, la difficulté d’appliquer les recommandations est directement associée aux faibles ressources. Néanmoins, il semble qu’il ne faille pas tout réduire à la dimension économique. La consommation alimentaire peut également être dictée par des considérations d’appartenance sociale. Consommer tel produit de marque serait valorisant.

Chez les catégories dites « aisées », les goûts sont contraints par des impératifs de santé alors que chez les catégories modestes, l’abondance de nourriture est plus importante que le choix des aliments.

Le rapport alimentation-santé est également envisagé de manière différente selon que l’on appartient à un milieu aisé ou plus défavorisé. Pour les premiers, une bonne alimentation constitue une prévention à long terme contre les problèmes de santé, elle est intégrée à une hygiène de vie. Pour les seconds, une bonne alimentation a une fonction curative et n’est considérée que sur le court terme.

En ce qui concerne l’image du corps, chez les personnes à revenus modestes, la tolérance à la rondeur est plus grande que chez les personnes qui ont un revenu aisé. Ces dernières considèrent l’obésité comme un marqueur social alors qu’un corps bien équilibré favoriserait l’intégration sociale.

L’arrivée d’un enfant, l’expérience de la maladie, le risque d’être socialement marqué par son apparence physique sont des facteurs qui constituent une aide à l’intégration des recommandations en matière d’alimentation.

A l’opposé, d’autres facteurs constituent des freins aux messages de santé et à leur mise en œuvre effective : le refus du changement, des ruptures familiales ou professionnelles, la multiplicité des messages et leur compréhension parfois difficile.

En conclusion, cette étude note qu’il existe de fortes inégalités sociales face aux recommandations dans le domaine des pratiques alimentaires. D’où un certain nombre d’interrogations face à des discours alarmistes qui ne tiennent pas compte des différences sociales. Il semble évident que des visées générales en matière d’alimentation ne permettent pas la prise en compte des spécificités des catégories sociales en jeu.

Cette restitution a donné suite aux témoignages apportés par Marie-Thérèse Defrade et Elisabeth Feur du Conseil général du Val de Marne, qui ont fait part de l’expérience « Manger mieux, bouger plus » auprès des 15-20 ans en surpoids, dans leur département.

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