Dépèche de l’agence Focus

Structures de garde d’enfants : la présidence tchèque voudrait détricoter les objectifs de Barcelone

09/02/2009

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03-02-2009 10:35 /Actualisé le 03-02-2009 12:19

Bruxelles (Focus)

La présidence tchèque compte mettre à profit sa présidence et la première réunion informelle des ministres en charge de la Famille, ces 4 et 5 février, pour ouvrir le débat sur la pertinence des objectifs de Barcelone en matière de garde d’enfants et éventuellement les réviser.

C’est ce que relate l’agence tchèque CTK citant les propos de la porte-parole du ministre Petr Necas, Jana Rihova.

Celle-ci a en effet estimé lundi, à l’image des propos qu’avait déjà tenus le ministre le 20 janvier devant les eurodéputés, que la garde d’enfants, ou “la façon d’élever ses enfants” comme le disait le 20 janvier le ministre, ne devait en aucun cas être “dans les pouvoirs de l’Union européenne” et que les objectifs fixés en 2002 de disposer de structures d’accueil pour au moins 1/3 des enfants de moins de 3 ans et pour 90 % des enfants de 3 ans jusqu’à la scolarisation, ne seraient par ailleurs jamais tenus.

Des objectifs que la présidence tchèque estime contraignants et ayant d’ailleurs été approuvés “avant que la République tchèque n’intègre l’Union européenne” ( en 2004) et donc sans réelle pertinence pour ce nouvel Etat-membre.

“Il est donc logique que la présidence tchèque ouvre un débat avec les nouveaux Etats-membres”, entrés dans l’Union en 2004 ( Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Etats baltes, Malte, Chypre..), “sur une problématique vue de manière considérablement différente selon les pays”, a ajouté Mme Rihova.

Cette dernière précise qu’il n’est pas question d’aller à l’encontre des objectifs et plans fixés au niveau national mais seulement “de se demander si cette question doit être traitée au niveau supranational ”.

La Commission européenne a régulièrement publié des rapports demandant aux Etats-membres de respecter leurs engagements de 2002 et constaté que si certains pays s’en rapprochaient, beaucoup restait encore à faire pour les remplir (Lire articles liés).

L’initiative tchèque a en tous cas déjà été condamnée par le Parti socialiste européen la semaine dernière, dans un communiqué appelant la présidence “à ne pas enterrer les objectifs pour la petite enfance”, l‘exécutif du PSE-femmes s‘opposant d‘ailleurs “catégoriquement à tout assouplissement des objectifs”.

L’Union européenne “devrait plutôt examiner la façon dont elle peut aider les Etats membres à augmenter la quantité et la qualité des crèches et garderies et non essayer d’enterrer ces objectifs juste parce que quelques Etats membres ne tiennent pas leurs engagements”, a estimé le PSE. Pour le président du PSE, Poul Nyrup Rasmussen, il est même “tout à fait inacceptable que la droite tchèque essaie de pousser l’Europe à abandonner ses objectifs en matière de garderies alors que les citoyens craignent de perdre leur emploi ou encore leur pension”.

“Les conservateurs veulent-ils que les Etats membres qu’ils gouvernent commencent à forcer les mamans à rester à la maison ou à obliger davantage de ménages salariés à payer de coûteux services pour la petite enfance ?”, s‘est encore interrogé le président du PSE.

En attendant, cette éventuelle révision des objectifs de Barcelone sera bien à l‘ordre du jour de l‘informelle des 4 et 5 février, la présidence prévoyant de poser une série de questions sur ce sujet. Et la Commission ne devrait pas vraiment s’en réjouir, elle qui a toujours défendu le développement des services de garde d’enfants comme un levier pour l’emploi des femmes et la conciliation vie familiale-vie professionnelle.

(Copyright : Agence Focus)

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