Dépèche de l’agence Focus

Familles : face à la crise, ce n’est vraiment pas le moment de renoncer aux objectifs, selon Yves Roland-Gosselin

09/02/2009

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04-02-2009 10:18 /Actualisé le 04-02-2009 14:19

Bruxelles (Focus)

Yves Roland-Gosselin est président de la Confédération des Organisations Familiales de l’Union européenne (COFACE) [1]. A l’occasion de la réunion informelle « Famille » et d’une conférence sur le thème des « soins parentaux et politique de l’emploi » qui se tiennent du 4 au 6 février à Prague, il fait le point sur les dossiers prioritaires de 2009, les avancées françaises… et surtout sur le programme tchèque nourrissant actuellement quelques craintes notamment au sein des institutions familiales.

La présidence tchèque aurait l’intention de revoir les objectifs de Barcelone en matière de garde d’enfants ? Cela vous inquiète-t-il ?

Yves Roland-Gosselin : Beaucoup de rumeurs circulent et j’ai envie de dire : attendons avant de nous prononcer ! Car ce que je constate, de mon côté, c’est que la présidence tchèque nous a quand même invités à venir cette semaine nous exprimer toute une journée avec les ministres et je ne parle pas seulement de la Coface mais de tout un ensemble d’ONG et d’associations, de chercheurs. Ce n’est pas si courant pour le mouvement des familles. On était jusqu’ici plutôt habitués à des entrevues assez brèves avec les Ministres. Donc sur ce point, je suis plutôt satisfait. Quant à l’éventuelle révision des objectifs de Barcelone, rien n’est encore fait. Mais si, en effet, les critères devaient être revus à la baisse alors évidemment cela ne manquerait pas de causer notre colère. Ce n’est vraiment pas le moment avec la crise actuelle de chercher à diminuer l’offre de garde d’enfants. Ce serait un peu lamentable surtout au moment où nous recevons plutôt des bons signaux au niveau européen.

Quel genre de signaux ?

Y. R-G. : De la part de la Commission européenne qui a entendu nos demandes : le temps, la flexibilité des horaires de travail adaptés à la famille et non l‘inverse, la qualité des services et les ressources financières. Il y a longtemps que nous n’avions pas connu un commissaire attentif comme M. Spidla. Je pense ici à l’adoption de toute une série de textes et directives à la fin 2008, en octobre par exemple avec la directive sur les congés maternité. Il y aura les élections européennes cette année et le renouvellement de la Commission. Ce seront deux gros dossiers pour nous et nous préparons actuellement notre mémorandum. Mais j’espère que si M. Spidla a un successeur, il sera aussi efficace et bienveillant que lui. Bien sûr certaines présidences ont été également intéressantes, je pense à la présidence allemande notamment qui a mis en place par exemple l’Alliance des familles. Mais là aussi les rumeurs circulent que la présidence tchèque pourrait revoir les ambitions. On entend que dans certains pays, les nouveaux Etats membres notamment, cette Alliance est jugée un peu compliquée…Or ce ne sont que des échanges de bonnes pratiques et des discussions pour le moment ! Ce n’est pas une immense révolution mais il se passe quand même des choses. J’espère là aussi que ce ne seront que des rumeurs.

La présidence française, pilotée par Nadine Morano, a-t-elle été une bonne présidence ?

Y.R-G. : Madame Morano a un bon sens de la communication donc au moins nous avons parlé famille ! Mais ses travaux étaient surtout orientés vers la pédopornographie et Internet, un domaine que nous suivons moins. Mais on peut mettre au crédit de la présidence et de Mme Redding, commissaire aux médias et à la société de l’information, la concrétisation du programme safer TV. C’est une bonne chose mais ça ne donne pas plus d’allocations aux familles ! Je dirais qu’on a eu tout de même de bons débats et au niveau purement français, la carte familles nombreuses dont la suppression nous inquiétait a été maintenue et même étendue. Donc, il n’y a pas de raisons de se plaindre.

Comment voyez-vous les choses pour 2009 ? Craignez-vous que la crise économique ralentisse certains dossiers ?

Y.R-G. : Je ne l’espère pas ! Mais il est vrai que nous avons commencé à nous en préoccuper assez tôt et même avant les plans de relance. Ce sont des questions pressantes et qui reposent la nécessité d’aider les familles qui vont être frappées par des vagues de licenciements. Ce seront sans doute des enjeux clefs des élections européennes et notre message sera bien celui-ci cette année : avec la crise, ce n’est pas le moment de défaire les mailles du chandail et de reculer sur toutes les propositions soumises par la Commission. Comme je l’ai déjà dit, ce n’est vraiment pas le moment de changer d’objectifs.

SP/HB/HB

(Copyright Focus)

[1] dont est membre l’UNAF - note de l’UNAF

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