CESE

Les débats au Conseil Economique Social Environnemental

16/03/2009

Le Conseil Economique, Social et Environnemental, s’est réuni en assemblée plénière les 10 et 11 mars 2009 . A l’ordre du jour étaient inscrites les questions suivantes :
- Seniors et cité, rapporteure Mme Monique BOUTRAND au nom de la section du Cadre de vie,
- Semences et recherche : des voies du progrès, rapporteur M. Joseph GIROUD au nom de la section de l’Agriculture et de l’alimentation.


DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel) : Séniors et cité

L’avis présenté « séniors et cités » est riche, équilibré et surtout il a la grande qualité d’être marqué par le bon sens, trop souvent oublié du monde des experts.

Quatre aspects ont retenu l’attention du Groupe de l’UNAF :

- un apport des seniors à prendre en compte parmi les indicateurs sociaux,
- la nécessité de l’Education au sens civique,
- la signification profonde du pacte intergénérationnel,
- le comportement des responsables bénévoles séniors.

Le Premier Ministre a chargé le Conseil, économique, social et environnemental d’examiner la pertinence d’introduire un indicateur environnemental synthétique, celui de l’empreinte écologique. Le présent avis montre que la prise en compte d’un indicateur synthétique social se pose également, permettant une véritable reconnaissance publique du rôle et de la place des séniors dans la société. Le Groupe de l’UNAF partage cette orientation première.

En second lieu, l’avis aborde le rôle central des séniors dans la vie de la Cité. L’expérience professionnelle peut être précieuse à l’entreprise elle-même quand les fins de carrière sont bien gérées et les transitions accompagnées. IL est essentiel de faire prendre conscience combien la vie dans la Cité, quelle qu’elle soit, urbaine ou rurale ne peut survivre sans leur disponibilité, leur sens civique, leur compétence librement mises au service de leurs concitoyens notamment dans le monde associatif.

Mais cela a une exigence fondamentale tant pour les familles que l’UNAF représente, que pour le monde éducatif : on ne s’improvise pas « militant » à 65, 60 ou même 55 ans. La compétence et l’expérience sont fondamentales car le bénévolat ne signifie pas amateurisme. Ainsi, plus on est professionnel bénévole, plus on accepte le travail d’expertise ou le travail en tandem avec des professionnels actifs. Mais l’engagement à l’âge senior, à part exception qui confirme la règle, se construit dans une éducation familiale dès le plus jeune âge et dans l’exemple des parents engagés. Voilà pourquoi, le Groupe de l’UNAF apprécie l’’introduire dans l’avis de la nécessité de l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle. On ne peut faire en effet l’impasse sur une génération de parents actifs. Nous sommes peut-être en train de voir apparaître une génération de séniors de culture individualiste.

Le pacte intergénérationnel, troisième aspect que le groupe de l’UNAF met en exergue dans votre avis. Cette chaîne entre les diverses générations puise ses racines dans notre pacte social et républicain, source de solidarités et de régulation économique et sociale. Quand ce pacte est rompu volontairement, c’est l’un des premiers signes de tout régime totalitaire. C’est ce pacte, qui fonde les mesures sans cesse sur le chantier, tant sur la formation tout au long de la vie, la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, le cumul emploi retraite ... Mais réciproquement, il convient de réduire l’opposition entre le monde de l’entreprise et le monde social, associatif et politique, qui conduit à ignorer les contraintes et les exigences de l’entreprise et même de toute entreprise de service public. Le rôle des séniors dans cette médiation est essentiel et irremplaçable.

L’image du monde associatif dans lequel se dépensent sans compter des centaines de milliers de séniors est enfin très dépendant de l’image qu’en donnent ces mêmes séniors bénévoles. Ils sont souvent jugés un peu vite sur leur seule capacité à manager les organisations et les institutions dont ils sont les responsables et à ne pas transmettre suffisamment les commandes à des plus jeunes. Pour les dirigeants de ce monde multiforme, il faut veiller à respecter les trois équilibres fondamentaux et naturels du pacte intergénérationnel : homme et femme, jeune et plus âgé, addition d’expériences et de compétences diverses. Il convient de promouvoir le bien vivre ensemble et non des logiques d’opposition.

Le groupe de l’UNAF n’échappe pas à ce débat, mais a peut-être quelque parole pertinente à apporter dans la construction au jour le jour de ce lien social. En tout état de cause et votre avis le démontre, les seniors en sont sans doute les premiers garants et certainement les premiers responsables.

Le groupe de l’UNAF a voté l’avis.


DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel) : Semences et recherche : des voies du progrès

L’avis réalise un travail exhaustif d’analyse et d’explication. Il permet à chacun de se repérer et de se familiariser dans ce champ foisonnant de la recherche et des semences, porteur de nombreux enjeux au niveau mondial et européen comme au niveau national.

Le Groupe de l’UNAF souligne le réalisme des recommandations, qui visent à dynamiser la recherche, à soutenir l’innovation dans le domaine des semences et à développer une véritable stratégie européenne dans ce domaine. Les propositions de l’avis empruntent une démarche pragmatique, sans angélisme, ni diabolisation. Les garde-fous sont justement posés :

- sans nier l’importance du « principe de précaution », il ne doit pas conduire à l’inaction au risque de favoriser un monopole de semencier américain,
- l’intensification des efforts de recherche pour disposer de semences plus performantes doit être conduite à la double condition cumulative de ne pas avoir d’effet négatif, d’une part, sur le santé des consommateurs, des agriculteurs, des salariés de l’agriculture et, d’autre part, sur le milieu naturel.

L’urgence pour encourager la recherche et ainsi produire plus et mieux n’est plus à démontrer. “Un hectare de terre cultivée disparaît toute les 7 secondes et demi de la surface du globe, alors qu’un bébé naît toute les 3 secondes. » Ces chiffres sont mis en avant par Michel Portier, directeur d’Agritel. Il faudra donc produire deux fois plus avec 4 fois moins de terre, d’eau, d’énergie et de chimie.

Cette révolution urgente de toute la pratique agricole implique de vastes programmes de recherches. Pour reprendre Paul Eluard « il y a un autre monde mais il est dans celui-ci », aussi va-t-il falloir inventer des milliers d’agricultures, une par territoire et une par micro-climat. Pour conclure, et dans le prolongement de l’avis, le Groupe de l’UNAF tient à souligner que l’intensification des travaux de la recherche conduit à une possibilité d’application sur les autres formes du vivant, notamment l’être humain.

A la veille de la révision des lois bioéthique et au commencement du tour de France des Etats généraux de la bioéthique, il est légitime que le Conseil économique, social et environnemental puisse être consulté, et à travers lui, les organisations de la société civile, avant l’expérimentation et la diffusion des innovations considérées. Cette consultation participe aussi de la mise en œuvre de la proposition de l’avis visant à dépassionner le débat et éclairer l’opinion publique française, les familles, les citoyens.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

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