Santé-Environnement

Tenue du colloque : "Mieux connaître les usages de pesticides pour comprendre les expositions"

23/03/2009

L’UNAF a assisté au colloque : "Mieux connaître les usages de pesticides pour comprendre les expositions" qui s’est déroulé les 11 et 12 mars 2009 à Paris. Ce colloque était organisé par l’Observatoire des résidus de pesticides (ORP). Rappelons que ce dernier a été chargé, suite au Grenelle de l’Environnement, de développer les outils nécessaires pour atteindre l’objectif de réduction de 50% en 10 ans, des pesticides et ceci dans le cadre du nouveau plan Ecophyto 2018.

La mission de l’ORP est de caractériser les expositions de la population et des écosystèmes aux pesticides en rassemblant, analysant et valorisant les données scientifiques existantes. Ce travail doit permettre, à terme, de réduire les risques sanitaires.

Lors de ces deux jours de restitution, les résultats du premier plan interministériel de réduction des risques liés aux pesticides (PIRRP 2006-2009) et les orientations du prochain plan de 2009-2011 ont été présentés.

Les pesticides se trouvent partout dans l’air (extérieur et intérieur), l’eau et les sols. Mais c’est chez elles, à l’intérieur même de leur habitat et du fait de l’état actuel de leur alimentation, que les familles sont, par ces deux entrées, les plus exposées à ces substances chimiques : 87% des familles ont au moins utilisé un pesticide, 70% ont dans leurs urines la trace d’un pesticide et 90% des femmes enceintes en Guadeloupe ont une molécule caractérisée de pesticide dans le sang. 7 à 8% de denrées alimentaires sont en dépassement des normes autorisées.

Les scientifiques ont mis au point des capteurs passifs de surveillance de la qualité de l’air intérieur qui faciliteront la connaissance de ce milieu et rendront le contrôle de certaines particules prioritaire car plus toxiques. Leurs sources seront également identifiées.

Le milieu urbain serait plus "en danger" notamment par la fréquence de "zone dépôt" (cumulant des zone d’extraction, d’industrialisation, d’urbanisation, ....) que le milieu rural et la période s’étalant du printemps à l’été est plus sujette à des pics de contamination. L’idée qu’un agriculteur serait plus exposé aux pesticides que tout autre professionnel a été revisitée : beaucoup ne sont pas en contact direct avec ces matières et ce serait les personnes entretenant des jardins familiaux qu’il faudrait davantage suivre et mettre en garde.

Néanmoins, en ce qui concerne les agriculteurs de grandes cultures, il a été noté un paradoxe : malgré des doses recommandées d’utilisation réduites car concentrées et plus efficaces actuellement mises sur le marché, ces derniers continueraient à surdoser de peur de ne pas obtenir les rendements désirés. De réels efforts d’information et d’accompagnement devront être mis en œuvre, notamment dès que le modèle agricole français aura été précisé, selon les vœux de Michel Barnier.

Les DOM et Mayotte sont particulièrement touchés par des pollutions chroniques dues aux pesticides. Il est urgent que des enquêtes sérieuses et pointues puissent être menées pour préserver la santé des populations.

Ce colloque a démontré que la question des pesticides a été prise très au sérieux par les responsables politiques et ce, à tous les niveaux, et que des moyens ont été alloués à la recherche pour qu’elle s’organise autour de réseaux et mette ainsi en œuvre la transversalité et l’approche globale, avec des équipes scientifiques motivées et compétentes.

Des manques subsistent mais étant identifiés, ils devront permettre de construire une démarche responsable dans une totale transparence.

Contact : ssitbon@unaf.fr


Site Afsset
Ouvrage présenté au salon du livre : "L’Isle monde dans l’œil des pesticides" de Philippe Verdol, Maitre de conférence à l’Université des Antilles - Guyane - Editions Ibis rouge Edition mars 2009

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