CESE

Les débats au Conseil Economique Social Environnemental : prix alimentaires

14/04/2009

Le Conseil Economique, Social et Environnemental, s’est réuni en assemblée plénière les 7 et 8 avril 2009. A l’ordre du jour de la session, était inscrite la question suivante :
- Les modalités de formation des prix alimentaires : du producteur au consommateur, rapporteur Mme Christiane LAMBERT au nom de la section de l’Agriculture et de l’alimentation.

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Avec le présent avis, les familles sont au cœur des enjeux et des propositions. L’enseignement des sciences économiques et sociales nous précise le détail des fonctions économiques de la famille. Historiquement, une importante fonction de la famille était la production. Aujourd’hui, si l’on produit de moins en moins dans la famille, par contre on consomme de plus en plus. Une partie de cette consommation est liée aux enfants et à la publicité. Lorsqu’ils sont petits, ils ont des besoins spécifiques. Lorsqu’ils grandissent, ils exercent une influence de plus en plus sensible sur les achats et les modes de consommation de la famille.

L’UNAF, par les associations familiales qu’elle regroupe en son sein, est un organisme de défense et de représentation des consommateurs. Le Groupe de l’UNAF soutient l’avis s’agissant des constats lorsqu’il précise que l’inflation alimentaire est une préoccupation majeure des consommateurs.

Il est essentiel de bien souligner que la dépense alimentaire reste de plus en plus la variable d’ajustement des ménages confrontés à une baisse de pouvoir d’achat. En lien avec ce constat, le Groupe de l’UNAF tient à insister sur l’impact sur la santé.

Le poids de l’alimentation dans le budget est d’autant plus élevé que le niveau de vie du ménage est faible. Si dans les pays les plus développés, le poids de l’alimentation tend à diminuer, il n’en demeure pas moins qu’en 2006, selon l’INSEE, en France l’écart entre le 1er quintile et le 5e est de 4,3 points. Ainsi les ménages ayant les niveaux de vie les plus faibles, consacrent en moyenne 17,2 % de leur consommation à l’alimentation, contre 12,9 % pour les ménages les plus aisés.

De plus, la difficulté d’appliquer les recommandations du bien-manger, est directement associée aux faibles ressources. Néanmoins, il ne faut pas tout réduire à la dimension économique. La consommation alimentaire peut également être dictée par des considérations d’appartenance sociale.

Le rapport alimentation-santé est envisagé de manière différente selon que l’on appartient à un milieu aisé ou défavorisé. Pour les premiers, une bonne alimentation constitue une prévention à long terme contre les problèmes de santé, elle est intégrée à une hygiène de vie. Pour les seconds, une bonne alimentation a une fonction curative et n’est considérée que sur le court terme, voire pour certains ne cherche qu’à répondre à un besoin vital.

Il nous semble essentiel à la lumière de ces éléments d’appuyer, au- delà de la seule question des prix, en faveur d’une éducation des familles et des consommateurs. Toutes les démarches entreprises sur le principe de « consommer malin » où les enfants apprennent à décrypter la publicité et ont une initiation au goût portent leurs fruits auprès des familles et doivent être encouragées. Sans oublier que pour les familles avec un pouvoir d’achat très bas, il convient de concilier recettes, santé alimentaire et pouvoir d’achat.

L’avis souligne le manque de transparence sur les marges tout en ayant tenté de nous éclairer sur les différences existant dans le processus de formation des prix, en fonction des produits, des filières et des circuits de commercialisation. Sur ce point les familles restent « sur leur faim » quand aux mécanismes toujours mieux expliqués lorsque les prix sont à la hausse du fait de l’envolée des prix agricoles mais la mise en avant du manque de transparence, en sens inverse, lorsque la baisse n’est pas au rendez-vous. Pour reprendre le message de Lucien Bourgeois, la régulation au travers de la PAC - politique agricole commune - doit être réorientée dans le sens d’une PAC - politique alimentaire commune.

Ainsi pour une plus grande transparence, l’avis préconise la publication d’un rapport annuel sur les prix et les marges. Le Groupe de l’UNAF souhaite que cette avancée puisse aussi s’accompagner d’une meilleure connaissance des évolutions de la dépense alimentaire des familles par type de famille selon sa composition par la construction d’un indice de dépenses, qui viendrait périodiquement nous informer des tendances. Il serait le prolongement utile de l’indice des besoins, que publie tous les mois l’UNAF par l’intermédiaire de budgets type selon la composition familiale.

L’ensemble de ces propositions, si elles voyaient le jour, seraient de nature à faciliter l’élaboration du juste prix en matière alimentaire, qui n’est pas forcément le prix le plus bas. Le juste prix est celui, qui permet au producteur de vivre de son travail mais c’est aussi celui, qui permet aux familles de satisfaire un besoin vital sans remettre en cause leur capital santé, ni obérer leur pouvoir d’achat.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

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