Biodiversité

Réunion-débat sur la valorisation économique de la biodiversité

18/05/2009

L’UNAF a été invitée le 29 avril 2009 à participer à une réunion-débat sur la valorisation économique de la biodiversité. Au cours de cette rencontre, le Pr Chevassus-au-Louis a remis au Ministre d’Etat Jean-Louis Borloo, à la secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno, ainsi qu’à la secrétaire d’Etat à la prospective et à l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, son rapport intitulé « Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes ».

Compte tenu de la richesse en biodiversité de ses territoires, notamment ultramarins, la France a une responsabilité majeure dans la préservation des espèces animales et végétales, et partant des écosystèmes naturels.

Le Grenelle de l’environnement a souligné l’importance de la biodiversité, véritable assurance-vie de l’humanité. De nombreux engagements ont été pris sur le sujet. Nombre d’entre eux trouvent leur concrétisation dans les textes de loi Grenelle en cours de discussion au Parlement ou à venir.
Le comité opérationnel trame verte/trame bleue travaille sur le sujet depuis près de 18 mois.

Jean-Louis Borloo, dans un premier temps, a affirmé que « la biodiversité était le sujet le plus essentiel et le moins abouti » pour le moment alors qu’ il génère 40 % du PIB mondial !
Alors que le problème du changement climatique est porté par le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), au niveau international, la France soutient ardemment la mise en place d’un "GIEC de la biodiversité" qui pourrait quantifier les enjeux de la biodiversité, le coût de la perte de celle-ci et évaluer les valeurs de référence à prendre en compte au niveau des Pouvoirs publics en cas de grands travaux, (ex : routes, infrastructures diverses, etc), dans les affaires judiciaires afin de pouvoir donner une valeur aux choses et donc proposer une compensation en cas de destruction et participer à la « rénovation du PIB » .

Selon le Pr Chevassus-au-Louis, la biodiversité dépend de très nombreux facteurs et ne peut être globalisée comme les gaz à effet de serre (GES) qui agissent sur la planète entière sans connaître de frontières.

La biodiversité dite « ordinaire » peut être mesurée par les services qu’elle rend à la population et qu’on peut classer en services d’approvisionnement, services de régulation et services culturels.
Ex : pour la forêt :
- service approvisionnement : production de bois, cueillette de champignons et autres,
- service régulation : stockage du carbone, cycle de l’eau,
- service culturel : promenades, chasse, etc.

La biodiversité « remarquable » est caractérisée par l’importance relative des « valeurs de non-usage » et est reconnue dans les espèces animales endémiques et emblématiques ou les plantes d’intérêt pharmaceutique.

M. Pavan Sukhdev, économiste indien en charge de l’élaboration d’un rapport sur le prix de la biodiversité pour le compte de la Commission européenne, également présent a souligné combien les populations les plus pauvres de la planète dépendaient le plus des écosystèmes et étaient donc les plus touchés par la perte de biodiversité (eau, alimentation, soins…).

Plus d’infos sur le rapport

Intervention de Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie.

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