Dépèche de l’Agence Focus

Conciliation vie familiale vie professionnelle : Les contributions des partis politiques français au débat européen

08/06/2009

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Agence Focus Texte de la dépêche

A la veille des élections européennes, que proposent les partis en termes de conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle ? C’est l’un des sujets principaux sur lesquels l’Union nationale des associations familiales (UNAF) et la Confédération des organisations familiales de l’Union européenne (Coface) ont souhaité interpeller les candidats, dans un mémorandum publié début juin. Quelles mesures envisagez vous pour une meilleure conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle au niveau européen ? Etes-vous favorable à une reconnaissance du temps consacré par les parents à leur famille notamment dans les dispositifs sociaux ou de retraite ? Seriez-vous favorable à une approche intégrée sur ces questions de conciliation ? Autant de questions destinées à mieux comprendre les programmes des partis dans ce domaine. Retour sur des contributions politiques variées disponibles sur le site dédié de l’Unaf.

Une question d’inégalités de genres
Europe Ecologie, membre des Verts européens, rappelle qu’à ses yeux, la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle "reste aujourd’hui une question qui pèse surtout sur les femmes en Europe." Le parti propose donc la clause de "l’Européenne la plus favorisée" qui vise à appliquer à toutes les Européennes les meilleures lois existant dans l’UE. Ils sont d’ailleurs rejoints sur cette idée par le Front de gauche.

Dans ce cadre, le congé de maternité, dont le Parlement européen a repoussé le vote à la prochaine législature (Voir Article Lié), s’impose comme un des enjeux essentiels de la thématique. Sur ce point, Libertas, mouvement mené en France par Philippe de Villiers, propose la création d’un revenu parental d’éducation "qui permettrait a chaque mère ou père qui le souhaite de consacrer trois ans de sa vie a l’éducation de ses enfants tout en continuant a être rémunéré." Le PS rappelle quant à lui avoir soutenu l’allongement de la durée du congé de maternité, avec son groupe européen le PSE, pour le porter de 14 à 20 semaines, "mais là encore la droite a refusé", précise-t-il. Le Modem affirme lui aussi avoir soutenu, au sein du groupe ADLE, le rapport Estrela visant à harmoniser la législation relative au congé de maternité. De son côté, l’UMP, attaché au PPE, se félicite de la position de la France en Europe au niveau de son taux de natalité.

Un enjeu d’emploi
Définissant, la qualité des emplois (salaire décent, sécurité de l’emploi...) comme "préalable à toute mesure de conciliation", l’Unaf et la Coface estiment en effet que les candidats doivent prendre en compte cette dimension qualitative de l’emploi et s’assurer des possibilités de conciliation, que ce soit en termes de temps ou de services. Pour la conciliation des temps sociaux de travail et de vie familiale, elles préconisent notamment des congés qui répondent aux différents besoins familiaux (maternité, paternité, parental, soutien à des personnes dépendantes...). Et les deux organisations souhaitent en outre une revalorisation du temps partiel (rémunération, statut, droits sociaux) et "des aménagements du temps de travail pour tenir compte des diverses circonstances familiales."

Pour Europe Ecologie, la crise remet à l’ordre du jour la réduction du temps de travail en Europe, celui-ci devrait donc "être encadré pour protéger la santé et la sécurité des salarié-es et leur permettre de concilier vie professionnelle, vie privée et vie familiale." Ils proposent donc de remplacer l’actuelle directive de 48 h de travail par semaine par une nouvelle directive établissant la norme à 1.500 heures travaillées par année, sans diminution des bas et moyens salaires. Pour le parti socialiste, le maintien "d’une ligne politique forte contre l’opt-out dans la directive sur le temps de travail" est considéré comme "une grande victoire au Parlement européen". Cependant, la directive visant à passer à 48 heures hebdomadaires n’a toujours pas été réactualisée (Voir Article Lié). Pour la prochaine législature, "nous défendons également un Pacte européen de progrès social qui propose d’avancer de façon décisive vers une nouvelle Europe sociale, notamment en terme de congés, de travail intérimaire, d’encadrement des temps partiels, de temps de travail, de sécurité sociale, de retraite et de salaire minimum." Des propositions qui "amélioreraient significativement la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle" déclarent les socialistes. L’UMP invite de son côté la France et l’Europe a "poursuivre leurs efforts".

La thématiques des services
A ce sujet, les associations familiales estiment que les familles devraient disposer d’une gamme de services répondant à leurs besoins variés, en particulier pour l’accueil des enfants et les soins aux personnes dépendantes. Ces services devraient être disponibles et accessibles à tous avec des objectifs ambitieux au niveau européen.

Pour l’UMP, il faut "permettre au plus grand nombre de femmes de concilier au mieux leurs vies professionnelle et personnelle. C’est pourquoi, il est nécessaire que soient développés en France mais aussi dans les autres pays de l’Union Européenne de nouveaux modes de garde." Les verts proposent d’élaborer une directive-cadre sur les Services d’Intérêt Général afin de défendre et d’étendre les services publics. L’accueil de la petite enfance, l’éducation, la santé, la formation, la poste, la distribution d’eau et d’électricité, les transports collectifs doivent être préservés des logiques concurrentielles. Les socialistes européens proposent la mise en place de structures d’accueil de qualité et financièrement abordables pour les enfants, et les dispositions relatives aux services de soins, par exemple en faveur des personnes âgées et "se battent pour un nouveau modèle de société, qui encourage les hommes à assumer plus de responsabilités familiales, notamment au travers d’incitations comme le congé parental ou le congé paternité." Le mouvement Libertas est contre une reconnaissance du temps consacré par les parents a leurs descendants ou a leurs ascendants pour la bonification des points de retraite ou la mise en place d’aides sociales spécifiques. Celle-ci risquerait "d’ouvrir la porte a une comptabilisation mesquine du temps consacre par les parents a leurs enfants".

Une compétence européenne ?
Selon le Front National, qui est non affilié au Parlement européen, la notion de "programme" est jugée "extrêmement floue" et "très dangereuse" au niveau européen, Le FN partage d’ailleurs avec Debout la République et Libertas l’idée que la politique familiale relève avant tout du domaine national, et doit absolument le rester. En face, le PS, les Verts, l’UMP, le Front de gauche et le Modem, semblent tous disposés, à des degrés d’intégration plus ou moins élevés, à débattre de ces questions au niveau communautaire. Et en termes de gouvernance, le parti de la majorité estime qu’il serait souhaitable d’ associer davantage la société civile à ces thématiques.

Vers une approche familiale de la conciliation ?
Pour l’heure, l’Unaf et la Coface rappellent qu’à leurs yeux, l’approche de la conciliation s’est surtout faite sous l’angle professionnel et économique, ce que confirmait récemment le sociologue Claude Martin pour l’agence Focus (Voir Article Lié). Elles affirment donc qu’ "il est temps de favoriser davantage l’angle d’approche familial."

AB/HB/HB

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