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Politique de la jeunesse : Pour l’UNAF, “la politique d’autonomisation des jeunes doit être complémentaire à la politique familiale”

05/10/2009

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L’Union nationale des associations familiales (UNAF) vient de faire connaître ses réactions à la suite du discours du président de la République. Et elles sont contrastées.

L’Union accueille favorablement certaines des propositions reprises dans le plan “Agir pour la jeunesse”. Il s’agit notamment de l’élargissement, sous condition d’emploi, du revenu de solidarité active (RSA) aux jeunes de moins de 25 ans, de la mise en place d’un véritable service public d’aide à l’orientation, du développement de l’alternance ainsi que du droit à la formation et à l’emploi pour les 16-18 ans qui quittent l’école. Cette position est logique : l’UNAF, qui a participé activement aux travaux de la commission de concertation de Martin Hirsch, partage l’ensemble des préconisations du Livre Vert publiées en juillet dernier. (Voir Articles Liés).

Par contre, sur la dotation d’autonomie, l’accueil de l’UNAF est moins favorable. Cette mesure, dont le président de la République a confié une expérimentation de deux ans à Martin Hirsch, pourra permettre aux jeunes de 18 à 25 ans de bénéficier par eux-mêmes d’une partie des aides publiques attribuées à leurs parents pour financer des dépenses utiles préalablement définies. Et, à titre d’exemple des aides publiques visées, ce sont les allocations familiales qui sont citées. Sur ce sujet, le Livre Vert n’était pas allé aussi loin.

Cette perspective suscite une forte réserve de l’UNAF. Elle “met en garde sur le risque d’un dispositif trop complexe, qui deviendrait incompréhensible pour les familles”. Mais, surtout, elle attend des précisions complémentaires sur les modalités de financement de cette dotation ainsi que sur ses conséquences pour les familles.

L’Union considère en effet qu’“aucune famille ne doit être perdante par rapport au système actuel” et souligne qu’elle “est opposée à toute disposition qui pourrait remettre en cause, d’une façon ou d’une autre, le caractère universel des allocations familiales”. Et surtout, elle estime que “la politique d’autonomisation des jeunes doit être complémentaire à la politique familiale”. Un principe qu’elle a “ardemment” défendu pendant toute la concertation.

Enfin, plus globalement l’UNAF prévient qu’elle “veillera à ce que les dispositifs envisagés ne se fassent, en aucun cas au détriment de la politique familiale et ne se traduisent pas par une perte de pouvoir d’achat pour les familles”.

Ce rappel de principe confirme ce qu’avait déjà laissé entendre Rémy Guilleux, administrateur de l’UNAF, à l’issue des travaux de la mission de concertation (Voir Articles Liés). “La tentation peut effectivement être grande de ‘ponctionner’ les allocations familiales pour répondre partiellement aux besoins de financement nécessaires à la mise en œuvre d’une politique de la jeunesse, avait-t-il déclaré à l’Agence Focus. A l’UNAF, nous considérons que le quotient familial est un des éléments structurants de la politique familiale. Le remettre en cause, c’est remettre en question la politique familiale dans sa globalité. Nous ne pouvons pas l’imaginer et nous avons d’ailleurs clairement indiqué que nous ne pourrions que nous opposer à une telle perspective”

L’avertissement est donc assez clair. Et il semble viser tout autant les mesures annoncées pour 2010 par le président de la République le 29 septembre que les “nouvelles sources de financement” envisagées pour pérenniser cette politique de la jeunesse en 2011 et les années suivantes.

PP/HB/HB

Voir aussi : Politique publique en faveur de la jeunesse : Positions de l’UNAF

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