L’UNAF a assisté au colloque OREE : « Biodiversité et climat avant et après Copenhague »

16/11/2009

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L’Association OREE, qui se définit elle-même comme « un espace d’échanges d’expériences et de bonnes pratiques entre collectivités, entreprises , organismes institutionnels et scientifiques », organisait le 5 novembre 2009, jour de la remise du rapport de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Ornec), un colloque intitulé : « Biodiversité et climat avant et après Copenhague » auquel l’UNAF, représentée par Mme Dominique Allaume-Bobe a participé parmi 200 autres personnes présentes.

La Présidente d’Orée, Ghislaine Hierso, a tout d’abord souligné combien le changement climatique était à la fois une menace directe pour la biodiversité par les changements de température et de pluviométrie, la fréquence des évènements extrêmes, etc... mais aussi une menace indirecte par le déplacement des zones de culture ou une modification telle des écosystèmes que l’on entre dans un cercle vicieux qu’on ne peut plus contrôler (ex : la destruction de la forêt amazonienne pour créer des pâturages modifie la pluviométrie locale et détruit par la même occasion la forêt restante !). On constate ainsi que le changement climatique agit sur la biodiversité mais à son tour la biodiversité interagit avec le climat.

Des chercheurs et universitaires de premier plan ont ainsi exposé la situation :

- H. Le Treut (CNRS) a souligné que le climat de la planète Terre, assez stable depuis 10.000 ans, avait connu une brusque inflexion avec l’avènement de la révolution industrielle et que de nombreuses études confirmaient l’existence d’ un seuil de danger de +2°C pour le 21ème siècle ;

- S. Joussaume (CNRS) préconise, à la fois de limiter l’ampleur des changements climatiques pour en atténuer les effets délétères et d’adapter notre société aux changements globaux qui adviendront ;

- Ch. de Perthuis (Paris IX Sorbonne ) recommande de taxer fortement les émissions de gaz à effet de serre (GES) pour limiter l’usage gratuit et illimité qui est fait de l’atmosphère, sur le principe de Kyoto mais en exigeant des grands pollueurs (USA et Chine principalement) qu’ils prennent des engagements suffisants ;

- P. Leadley (Paris XI Orsay) montre que le taux d’extinction des espèces devrait augmenter de façon considérable au cours des prochaines décennies (perte d’habitat, espèces invasives, surexploitation, etc...) ;

- J F Soussana (INRA) rappelle que la sous alimentation atteint déjà un milliard d’êtres humains dans le monde ; or, la progression des rendements de céréales ralentit en Europe et en Inde sous l’effet du climat ; il faudra trouver de nouvelles variétés adaptées aux nouvelles conditions climatiques ;

- Ph Chalmin (Paris IX Dauphine) constate que, compte tenu des prévisions démographiques (presque 10 milliards d’hommes en 2050 !) et du manque de terres arables disponibles, il faudra augmenter très fortement les rendements agricoles en utilisant les OGM si besoin ;

- J. Weber (CIRAD) rappelle que nous manquons de modèles pour étudier les interactions entre organismes dans des milieux eux-mêmes en changement ! Il souligne également la nécessité de changer de modèle afin ne pas comptabiliser dans le PIB, des activités destructrices du capital naturel et plaide pour une Organisation Mondiale de l’Environnement (OME) regroupant la FAO, le PNUD et le PNUE ;

Ces divers aspects doivent permettre aux citoyens de mieux cerner les enjeux de Copenhague et les conséquences potentielles d’un échec ou d’un succès. Ils peuvent signer l’appel de Copenhague. Consulter le site.

Il reste que ce sont les populations les plus défavorisées qui seront touchées les premières par les incidences du changement climatique, aussi bien dans les pays pauvres qu’en Europe (situations de famines en Afrique et en Asie mais aussi difficultés à se chauffer en Europe).

L’ensemble du colloque est consultable et téléchargeable sur le site d’ Orée et les vidéos des interventions seront bientôt disponibles.

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