Colloque Commission Européenne

Démographie : de la jeunesse à l’âge adulte

07/12/2009

Comment les modalités d’accès à l’âge adulte affectent-elles la démographie en Europe ? Tel était le thème du séminaire organisé par la Commission européenne le 25 novembre dernier, auquel l’UNAF était associée, représentée par Marie de Blic, administratrice du département Economie et Emploi à l’UNAF.

Introduite par des démographes et une sociologue, cette transition a été d’abord décrite comme une série d’évènements de vie (premier rapport sexuel, fin du cursus scolaire, départ du foyer parental, fondation d’une famille par une cohabitation et le fait de devenir parent), qui se produisaient autrefois dans un certain ordre, ne se répétaient pas, et s’étalaient sur un temps assez court, de 3 ans en moyenne.

Aujourd’hui, non seulement ces évènements peuvent se répéter – on fonde plusieurs couples, on reprend une formation, on retourne chez les parents ...- mais la transition dure environ 10 ans avant de considérer qu’on est devenu adulte.

Qu’est-ce qu’être adulte ?

Les hommes considèrent à 57% que d’avoir un travail à plein temps signifie qu’on est adulte, tandis que les femmes estiment davantage l’être lorsqu’elles sont devenues mères.

Avoir quitté le foyer parental est aussi estimé comme un indice fort d’accès à l’âge adulte.

La définition de l’adulte, du fait de la réversibilité des seuils est aujourd’hui moins liée aux évènements qu’à une notion subjective de maturité, de responsabilité. Et les perceptions sont très variables selon les pays d’Europe : Au Danemark : la transition passe par l’indépendance précoce des parents et une longue mobilité comprise non comme une précarité mais comme une maturation pour « se trouver » (développement personnel) ;

En Grande-Bretagne : on se considère adulte si on s’assume, indépendamment de ses parents et on préfère s’endetter pour auto-financer ses études ;

En Espagne : on se considère adulte quand on s’installe ; on reste chez ses parents jusqu’à ce que soient réunies trois conditions : un couple stable, un emploi stable, un logement acheté ;

En France : on se considère adulte quand on s’est « placé » ; le poids du diplôme et la pression à la réussite, sont le critère majeur d’intégration sociale.

Quel lien entre accès à l’âge adulte et décision de fonder une famille ?

Créer une famille est vu par les jeunes comme un choix qui ne coule pas de source et va de pair avec des risques à prendre : les jeunes gèrent ce choix en le reportant à plus tard s’ils n’ont pas de situation économique et conjugale stable, etc... Des influences liées au contexte social sont sensibles : la tendance « marathon » actuelle où il faut tout faire vite, les incertitudes du marché de l’emploi, l’instabilité des couples, l’instabilité des politiques et des solidarités.

Les pays du nord de l’Europe se distinguent par une relative précocité des départs du foyer familial (de 18 à 20 ans) et du premier enfant, au regard de l’Europe du sud où la moyenne est de 25 à 30 ans.

Que recommander aujourd’hui ?

Nous manquons de projets qui soutiennent les jeunes dans leur projet familial, exemple, une éducation qui couvre tous les aspects familiaux, un renforcement des réseaux informels (réseaux de pères notamment)...

Les jeunes doivent quitter le monde éducatif en étant capable d’ « apprendre » encore quand ils seront dans l’emploi, de concevoir la mobilité entre temps dans l’emploi et temps de formation, d’avoir confiance dans leur avenir.

Il faut raccourcir le temps entre la fin des études et l’entrée sur le marché du travail et surtout considérer que la jeunesse est une ressource et non un problème, la famille n’étant « pas un parking mais un aéroport » ! C’est ainsi qu’ils pourront réaliser leur désir de fonder à leur tour une famille.

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