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Accompagner les solidarités familiales intergénérationnelles

La famille est le principal acteur des solidarités en direction de ses membres les plus vulnérables, jeunes adultes sans revenu ni emploi, personnes en perte d’autonomie, enfants ou conjoint en situation de handicap. Ces solidarités doivent être soutenues.

Les solidarités familiales intergénérationnelles sont à la fois indispensables, souvent obligatoires (obligation alimentaire, obligation d’entretien) et parfois inégalitaires selon les moyens (pas seulement financiers) dont disposent les familles.

Des générations pivots fortement mises à contribution

Le vieillissement de la population a multiplié le nombre d’aidants familiaux. La moitié des 8,3 millions d’aidants familiaux aide des personnes âgées dépendantes. Tous ont besoin de soutien. On sait qu’une aide formelle ou le remplacement de l’aidant en cas d’indisponibilité permet de préserver sa santé générale et mentale. Les congés existants (congé de présence parentale, congé de solidarité familiale, congé de soutien familial remplacé par le congé proche aidant) sont peu connus et pas indemnisés, donc peu utilisés. La loi d’adaptation de la société au vieillissement a permis la création d’un droit au répit et d’un congé proche aidant qui nécessitent d’être complétés. Par ailleurs, cette dépendance accrue a augmenté le nombre de mesures de protection juridique que les familles ont souvent bien du mal à gérer seules. Elles ont besoin d’information et de soutien dans cette mission.

Une aide nécessaire pour les jeunes adultes

Parallèlement, la plupart des études concluent à une dégradation relative de la situation des jeunes adultes par rapport aux autres catégories d’âge. Le patrimoine, en particulier, est concentré sur les plus de 50 ans et cette répartition inégale nécessiterait une meilleure redistribution entre générations. Les disparités sont également très importantes entre jeunes selon le degré et le type de diplôme notamment. Cet appauvrissement bloque leur accès à l’autonomie, qui est leur objectif et celui de tous les parents. Aujourd’hui en France, le système d’aides publiques aux jeunes est faiblement « familialisé » : seules 15 % des aides publiques dont bénéficient les jeunes passent par leurs familles. Les freins à l’autonomie et les sources des inégalités de parcours sont donc à trouver du côté du système de formation, du marché du travail, du marché du logement. De fait, les familles sont fortement sollicitées pour soutenir leurs jeunes : elles doivent être aidées dans leur effort et un meilleur accès des jeunes à des soutiens individualisés doit être organisé.

Les recommandations de l’UNAF
  • Développer les réponses de répit pour les aidants et en assouplir l’accès. Informer sur les dispositifs en faveur des aidants par une plate-forme unique d’information, avec des déclinaisons locales pour une information de proximité.
  • Anticiper la préparation des jeunes à la vie autonome par un renforcement de l’action des CAF et des associations auprès des adolescents en privilégiant les projets favorisant l’autonomie (permis de conduire, BAFA…).
  • Faciliter les donations en réduisant les délais de reconstitution de l’abattement sur les droits de succession de 15 à 10 ans, afin de favoriser les transmissions entre générations au profit des jeunes.
  • Pérenniser le financement public de l’Information et soutien aux tuteurs familiaux pour renforcer et améliorer la place des familles dans la protection des personnes vulnérables.
  • Renforcer l’accès des jeunes à leurs droits (bourses, couverture maladie) et mieux soutenir les familles dont les enfants sont en apprentissage et études supérieures, en prenant en compte le quotient familial dans le calcul des frais de scolarité.
  • S’appuyer sur le numérique et l’économie collaborative pour développer des systèmes d’entraide intergénérationnelle.

8,3 millions

d’aidants familiaux accompagnent un proche malade, handicapé ou dépendant.

70 000 adultes

soit l’équivalent de 9% d’une génération, sont placés sous curatelle ou tutelle chaque année, la moitié des mesures sont confiées aux familles (Cour des comptes 2016).

594 000€ / 62%

en 2012, élever un enfant de 0 à 20 ans coûtait 594 000€ dont au moins 62% directement à la charge de leurs parents. (HCF 2014).