Méthodologie

L’apport scientifique des observatoires départementaux de la famille

Présentation générale

Les différentes enquêtes exposées ci-après ont été réalisées par des UDAF (Union Départementale des Associations Familiales) ou des URAF (Union Régionale des Associations Familiales) dans leur département ou région respectif.
Elles portent sur des thèmes variés (logement, droit, vie communale…) mais tous en rapport avec la famille.

Pour des questions fondamentales, une méthodologie sans cesse améliorée...

Afin de procéder à un questionnement de qualité, les UDAF mènent un profond travail critique sur la méthodologie employée. Divers aspects ont été notés et sont aujourd’hui grandement améliorés.

1- Choix de l’échantillon
a- La taille de l’échantillon est parfois réduite (entre 200 et 300 ménages) et ne permet pas des croisements pertinents ;
b- La méthode choisie (par exemple le choix des ménages par des personnes ressources liées au réseau associatif) ne permet pas toujours une représentativité sans faille  ;
c- Le vocabulaire utilisé n’est pas toujours correct  : parfois le terme de « panel » est utilisé alors qu’il s’agit d’un choix raisonné, par la méthode des quotas, et que l’on ne peut suivre dans le temps l’évolution des ménages, le ménage n’étant pas identifié ;
d- Enfin dans quelques questionnaires, l’unité observée n’étant pas le ménage au sens INSEE mais la famille, au sens de l’INSEE ou du Code de la famille : il est impossible de faire des comparaisons pertinentes avec d’autres données départementales ou nationales.

2- La construction du questionnaire
a- La formulation ou l’ordre des questions peut parfois induire un type de réponse ;
b- La catégorisation utilisée (ex : diplômes) n’est quelquefois pas conforme à celle qui est habituellement utilisée dans les enquêtes nationales et empêche toute comparaison pertinente.

3- Le traitement des données
a- Des croisements sur des petits effectifs induisent parfois des résultats non fiables ;
b- Parfois l’absence de tests est préjudiciable ;
c- La méconnaissance de méthodes statistiques plus « élaborées » (ex : ACM) a parfois empêché une exploitation complète des bases.

Dépasser les "limites"

Nous venons d’exposer un catalogue à la Prévert des « limites » qui ont pu être observées  : aucune enquête ne les possède toutes ! Nous retrouvons parfois au cours d’une enquête une ou plusieurs de ces aspects qui, fort heureusement, ne remettent pas en cause les possibilités d’exploitation des résultats, du moment que le lecteur a conscience de leur véritable signification. Et certaines enquêtes ont largement franchi tous ces écueils et deviennent des références pour l’ensemble des Observatoires.
Ces enquêtes ont l’immense avantage de présenter dans leur ensemble les méthodes employées. Le lecteur a ainsi en mains l’ensemble des données pour juger la validité, choisir les données qui l’intéressent, voire procéder à des modifications, en bref pour mener lui-même un travail critique sur l’ensemble des résultats présentés.
En outre, chacun peut contacter l’UDAF qui a mené l’enquête afin d’obtenir des informations complémentaires. Dès lors, tout chercheur peut porter un regard critique et retirer les données pertinentes qui l’intéressent.
Enfin, dans le but de présenter chaque année un travail de meilleure qualité, les UDAF se sont fortement engagées dans trois processus complémentaires :

    • les enquêtes sont de plus en plus souvent menées en collaboration avec des centres de recherche ou des universités  ;
    • des stages de formations aux techniques d’enquêtes, aux techniques statistiques, au logiciel de traitement de données et aux problématiques sociologiques sont assurés à l’ensemble des techniciens, par l’UNAF, afin que chacun ait un haut degré de technicité et de compétence.
    • Sous l’impulsion de l’UNAF, les UDAF se mettent en réseau, échangent des informations, mènent des enquêtes communes sur l’ensemble du territoire, et créent une synergie de compétences profitable non seulement à chacune des parties mais aussi à l’UNAF et à l’ensemble des institutions (de recherche, politiques) concernées par la problématique familiale.

Un apport appréciable

Ainsi ces enquêtes sont un apport attendu dans les différentes problématiques « familiales » : elles abordent des aspects assez souvent négligés alors qu’ils composent la vie quotidienne des familles françaises. Les UDAF apportent aussi dans ce questionnement leur spécificité de « terrain » : elles collent au plus près des problématiques

  • familiales (puisqu’elles regroupent l’ensemble des associations familiales du département)
  • et sociales (puisqu’elles gèrent assez souvent un grand nombre de services sociaux).

Puisque chaque chercheur possède les outils pour porter un regard critique, ces enquêtes constituent une source de données, d’informations, et d’analyses appréciables qui peut être exploitée et citée.

Gilles SERAPHIN
(UNAF / Université Paris XI)

Lien vers l’espace de travail UDAF/URAF/UNAF Observatoire des familles