![]() L’évolution de la fiscalité depuis de nombreuses années tend à l’accroissement du poids des prélèvements réputés indolores, au détriment des prélèvements assis sur la faculté contributive. En outre, la complexité croissante des dispositions fiscales en rend la compréhension et l’application de plus en plus malaisées pour les contribuables. D’autre part, le souci de modernisation de la fiscalité a donné lieu à des propositions dont les conséquences n’ont pas été totalement précisées. L’UNAF rappelle :
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| Réponse à l'UNAF | |
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| Dominique Voynet | L’impôt sur le revenu est le fondement même du système de redistribution et de solidarité. Nous sommes pour un recours accru à l’impôt direct. Nous proposons notamment un retour aux taux de l’an 2000, un accroissement du taux marginal supérieur, mais aussi une participation plus systématique - quoique modique - des bas revenus. En ce qui concerne la taxe d’habitation, nous proposons qu’elle soit indexée sur le revenu des ménages, et non plus sur la valeur locative du bien. |
| Jean-Marie Le Pen |
"La contribution sociale généralisée" |
| Ségolène Royal | Les impôts indirects sont souvent les plus injustes. Ils frappent, à un taux proportionnel, les ménages - et en particulier les familles - qui consacrent une fraction importante de leur budget à la consommation. A l’opposé, l’impôt progressif sur le revenu constitue une des pierres angulaires du modèle français de solidarité et un acquis de haute lutte de notre histoire sociale. Nous devons toutefois ne pas perdre de vue que la fiscalité constitue l’un des outils des politiques publiques, la priorité étant de bien définir les objectifs poursuivis par ces politiques et d’évaluer leurs résultats. Le prélèvement à la source constitue une mesure de simplification intéressante pour les contribuables. Elle ne se conçoit cependant qu’à droit constant. Il ne serait pas admissible qu’une réforme technique relative aux modalités de prélèvement de l’impôt puisse, sans débat, emporter une refonte telle de notre système d’imposition que toute familialisation du barème soit proscrite. Notre constitution garantit que chaque citoyen s’acquitte de l’impôt en fonction de ses capacités contributives. Or, ces dernières, cela va de soi, sont directement liées à la composition du foyer et aux charges de famille. La question de la familialisation de la CSG soulève, à mon sens, davantage de questions. Si ce prélèvement constitue, techniquement, un impôt, il emprunte bien de ses traits aux cotisations sociales. Il a en premier lieu été conçu pour élargir l’assiette de financement de la sécurité sociale à de nouvelles ressources. De façon générale, dans le domaine de la protection sociale, l’action des pouvoirs publics doit se manifester par la consolidation et le développement d’un système ambitieux de prestations familiales. Le financement et la pérennité de ce système exigent de dégager des ressources importantes. La CSG répond, à cet objectif. En tout état de cause, l’affectation d’une fraction du produit de cette contribution à la branche famille de la sécurité sociale en fait déjà un puissant instrument de redistribution au profit des familles. |
| Nicolas Sarkosy | Êtes-vous d’accord pour défendre la nécessité de rééquilibrer la proportion entre impôts directs et impôts indirects dans le financement du budget de l’État, en redonnant un rôle plus important à l’impôt sur le revenu, afin qu’à recettes globales identiques, puissent être abaissés les taux des impôts sur la consommation ? |
| François Bayrou | Nous devons déterminer comment réformer à un système de prélèvements conçu au siècle dernier. Tout d’abord, les prélèvements obligatoires, malgré leur poids, ne servent que pour partie à régler nos dépenses actuelles. En effet, en dépit d’un niveau déjà trop élevé - ils représentent 44 % du PIB en 2006 -, ils ne suffisent plus à financer l’ensemble de nos dépenses publiques. A l’heure actuelle, nous ne pouvons donc pas les baisser, et nous ne devons pas les augmenter. Je souhaite en revanche engager une réflexion sur la nécessité d’une réforme en profondeur de notre système fiscal, notamment, tout ce qui concerne la fiscalité directe. Il faut stabiliser la fiscalité, locale et nationale afin que les particuliers comme les entreprises puisse penser leur avenir dans le long terme. Par ailleurs, la fiscalité doit redevenir lisible, compréhensible. La multiplication des niches et des dérogations, la survivance d’impôts archaïques rend notre fiscalité illisible, complexe et injuste. Le prélèvement à la source est préconisé pour moderniser l’impôt sur le revenu et le simplifier. Il est pourtant moins simple qu’on ne le croit. Certes, cela permet des rentrées fiscales plus rapides pour l’Etat, mais il y aura un effet d’appauvrissement ressenti par le contribuable. En cette période où le pouvoir d’achat est une question importante, il faut réfléchir en amont aux conséquences d’une telle réforme. Le fait que la CSG soit proportionnelle aux revenus me semble actuellement bien compris, et ne pas devoir aujourd’hui être remis en cause. La question de la prise en compte de la dimension familiale du foyer du contribuable assujetti ne pourrait être ouverte que dans le cadre d’un transfert massif des charges pesant sur le travail. |