![]() L’opinion publique redécouvre l’objet d’un vieux débat : l’évolution du pouvoir d’achat et du coût de la vie n’est qu’imparfaitement reflétée par l’instrument universellement utilisé : l’indice des prix de l’INSEE. Si les experts du monde entier reconnaissent ce dernier comme l’un des meilleurs dans cette catégorie, il est pourtant évident qu’il donne des résultats non conformes au sentiment des ménages et à leur expérience, et que l’emploi qui en est fait outrepasse ce qu’il est dans sa nature d’apporter. Comme le relève le Centre d’analyses stratégiques, " L’indice des prix à la consommation (IPC) calculé par l’INSEE mesure la variation du niveau général des prix entre deux périodes. Il ne s’agit ni d’un indice de dépense ni d’un indice de coût de la vie, mais d’un instrument de mesure de l’inflation, fondé sur l’observation mensuelle des prix... " (Note de veille n°32, 30 octobre 2006). Prix et dépenses sont deux notions distinctes, qui peuvent varier de façon différente, comme l’INSEE est d’ailleurs le premier à le reconnaître. L’entrée en vigueur de la LOLF (loi organique relative aux lois de finances) marque la mise en œuvre d’une méthode fondée sur la définition d’objectifs et sur l’évaluation des résultats. Mais l’évaluation nécessite des indicateurs. Photo : Flickr - by michale’s photostream |
| Réponse à l'UNAF | |
|---|---|
| Dominique Voynet | La question des statistiques en France est éminemment politique. L’indice des prix, pas plus que les autres indicateurs économiques (à commencer par le PIB) ne rendent compte du ressenti des ménages. Aucun des indices actuellement utilisés n’est en mesure de calculer le bien- être, la confiance, l’espoir ou la qualité de vie de la population. C’est pourquoi nous proposons dans un premier temps un rapport annuel sur le « développement humain ». Faire intervenir la qualité de vie dans les politiques publiques, ce serait un réel progrès. |
| Jean-Marie Le Pen | "Quelles solutions préconisez-vous pour doter l’appareil statistique français d’un instrument plus adapté à la mesure de la variation des dépenses ?" Un indice devrait être créé prenant en compte uniquement les produits de consommation courante. "Seriez-vous d’accord pour demander qu’un organisme officiel approfondisse les instruments de recherche pour mieux appréhender le montant des dépenses correspondant, d’une part, aux divers âges, d’autre part, à différentes situations relatives à la taille du ménage ?" |
| Ségolène Royal | "Quelles solutions proposez-vous pour doter l’appareil statistique français d’un instrument plus adapté à la mesure de la variation des dépenses ou à celle du coût de la vie que l’indice des prix ?" La politique du pouvoir d’achat doit se fonder sur une appréciation fine des situations contrastées que vivent les familles. On ne peut résumer à un indice unique - sauf à trahir la perception de nos concitoyens - les évolutions divergentes que connaissent les biens et services du panier de la ménagère. Dans leur vie quotidienne, les français sont confrontés à des indices de prix spécifiques. Ce sont ces spécificités que l’appareil statistique français doit mieux appréhender. L’UNAF, en précurseur, a, grâce à la publication de ses « budgets types », contribué à notre connaissance de ces réalités. La statistique publique doit emprunter le même chemin. : c’est pourquoi j’ai fait de cette question de la modernisation de l’indice des prix une priorité majeure, en proposant de nouveaux outils dans mon pacte présidentiel. "Seriez-vous d’accord pour demander qu’un organisme officiel approfondisse les instruments de recherche (échelles d’équivalence, principalement) pour mieux appréhender le montant des dépenses correspondant d’une part aux divers âges, tout particulièrement à ceux qui s’étalent de la prime enfance jusqu’à l’entrée dans la vie active (au-delà du découpage actuel limité aux plus et moins de 14 ans), et d’autre part à différentes situations relatives à la taille du ménage (y compris pour les diverses catégories de personnes isolées) ?" Je suis favorable à toutes les initiatives qui peuvent contribuer à enrichir notre compréhension des réalités vécues par les familles. Ce n’est que sur le fondement d’analyses rigoureuses que l’on peut bâtir des politiques publiques pertinentes. En matière d’échelles d’équivalence, il existe plusieurs approches différentes. Sans doute, la référence, commune en France, aux enfants de plus ou moins de quatorze ans, est-elle trop fruste pour faire droit à toutes les situations vécues par les familles. Là encore, les chercheurs doivent se confronter à cette difficulté pour enrichir les outils d’analyse au service des politiques. |
| Nicolas Sarkozy | Il est évident que l’indice général des prix ne reflète plus la réalité de l’évolution du pouvoir d’achat dans notre pays. Je souhaite engager rapidement sa réforme et créer plusieurs indices, ciblant mieux les dépenses des différentes catégories de ménages. Ces indices différenciés devront ensuite être utilisés pour faire évoluer les différents prélèvements, prestations, ou allocations, qui sont habituellement calés sur l’inflation, selon les publics auxquels ils s’adressent, je pense en particulier aux allocations familiales. |
| François Bayrou | Le sujet du pouvoir d’achat illustre le décalage entre les citoyens et le pouvoir ; entre les données des outils d’évaluation d’une part et le sentiment des français d’autre part. D’un côté, les dirigeants, relayant les statistiques officielles, affirment que le pouvoir d’achat augmente... alors que les Français ont à l’évidence le sentiment contraire. Par exemple, le logement n’est compté, dans le calcul du pouvoir d’achat, que pour 11 % du budget d’un ménage. Il en représente près de 30 ou 40 % en île de France. Il faut donc mettre en place un instrument plus adapté : c’est une démarche importante, qui aura des conséquences importantes, et qui ne doit pas être faite en catimini, mais en transparence et en concertation avec les partenaires sociaux et les associations. |