Site réalisé par l'Union Nationale des Associations Familiales

De l’orientation scolaire et professionnelle vers l’insertion

L’UNAF propose plusieurs séries de moyens :

1. Améliorer la communication autour des dispositifs actuels en mutualisant les expériences, en demandant l’instauration d’un compte épargne études pour chaque jeune, et en élaborant avec tous les partenaires une charte d’engagement des partenaires.

2. L’association "familles/école/entreprise" doit permettre à chaque jeune de construire les parcours de formation, de valoriser les parcours de promotion et de bâtir un véritable statut du jeune...

L’ascenseur social est aujourd’hui très ralenti sinon au point mort. Or, l’implication des familles dans l’orientation et l’insertion professionnelle est un facteur important de la réussite des jeunes. Plus la famille est socialement intégrée, plus le jeune peut s’appuyer sur un réseau de relations éclairant le choix de son parcours d’études et élargissant les contacts nécessaires à sa recherche d’emploi.

Pour 1/3 des jeunes et leurs familles, l’orientation est vécue comme une suite d’épreuves éliminatoires. Les jeunes vont là où on ne les refuse pas. Il ne suffit plus d’accumuler des savoirs et des diplômes. Il paraît essentiel aux jeunes d’être préparés à s’adapter, prêts à saisir les opportunités qui se présentent sur le marché pour exercer les métiers où l’on a besoin d’eux et disposés à connaître les qualités professionnelles recherchées qui ne se confondent pas avec les qualités scolaires. Les métiers de demain sont en devenir, ils n’existent pas lisiblement aujourd’hui.

Photo : J-F Fanet

Questions aux candidats

> Le système d’orientation mis à la disposition des jeunes pour leur permettre de s’informer sur les métiers et de bâtir un projet professionnel se révèle très généralement fortement insuffisant. Quelles sont vos propositions pour apporter en ce domaine l’efficacité et la facilité d’accès ?
> Agirez-vous pour que le système éducatif intègre l’orientation sous toutes ses formes (stages, rencontres avec les professionnels...) dans le cursus des formations initiales ?
> Comment et avec quels moyens comptez-vous associer, valoriser et promouvoir le rôle de toutes les familles et particulièrement les plus modestes dans le processus de l’orientation à l’insertion professionnelle ?

Tableau des réponses


  Réponse à l'UNAF
Dominique Voynet

Les Verts ont toujours condamné le système d’orientation sous sa forme actuelle, l’orientation par l’échec. Nous demandons que le système d’orientation soit repensé et réorganisé. En premier lieu, je refuse toute sélection avant la classe de seconde. Ensuite, je propose que chacun soit pleinement informé qu’il entre dans une phase de sélection. Il faut parallèlement développer les classes passerelle, le retour en formation, la formation tout au long de la vie...

En ce qui concerne l’information sur les métiers, nous sommes pour davantage d’échanges entre les milieux professionnel et scolaire. Il ne faut pourtant pas que cela conduise à réduire l’école à un lieu d’adaptation aux besoins de l’entreprise. Nous proposons également la généralisation d’un apprentissage technique pour tous, au collège, pour différencier positivement les parcours scolaires, et un cursus spécifique d’apprentissage à partir de la seconde.

Nous rappelons toutefois qu’il ne faut pas poser le problème de l’orientation sans remettre en question le système scolaire actuel, fondé sur la compétition et l’exclusion des plus faibles. Nous pensons notamment qu’il faut introduire d’autres formes d’évaluation que la note, et qu’il faut davantage favoriser la coopération entre élèves, le travail de groupe.

Jean-Marie Le Pen

Si l’éducation relève avant tout des familles, il appartient à l’État d’instruire ses enfants. Malheureusement, la transmission du savoir n’apparaît plus comme une priorité. Le système tolère une double intrusion, génératrice de malaise : celle des parents dans l’instruction et celle des enseignants dans l’éducation des enfants. Simultanément, les ravages du pédagogisme et de l’égalitarisme ont transformé les écoles en « lieux de vie » et les professeurs en « animateurs sociaux ».

Face à une école démantelée et massifiée (cf. le criminel objectif de 80% d’une classe d’âge au bac) dont le niveau ne cesse de baisser, face à la dévalorisation des diplômes et au nombre croissant de jeunes sortant du système scolaire sans qualification, des changements profonds s’imposent :

- le rétablissement de la sélection par le mérite ;
- l’apprentissage des savoirs fondamentaux ;
- l’amélioration de l’orientation, trop souvent vécue comme une accommodation à l’échec scolaire ;
- le développement de l’apprentissage ;
- l’adaptation en permanence des formations aux emplois émergeants par un dispositif de veille stratégique et un programme d’orientation efficace ;
- l’extension des stages en entreprise afin que les jeunes diplômés soient plus directement opérationnels ;
- le rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants garanti par la mise en place du chèque scolaire, leur donnant les moyens de choisir l’école qu’ils veulent pour leurs enfants.

Marie-George Buffet

Le système d’orientation manque de moyens humains. Dans le cadre de ma proposition d’une loi de programmation pluriannuelle qui portera le budget du ministère de l’Education nationale à 7 % du PIB, 45 000 personnels de la vie scolaire seront recrutés. Des passerelles seront créées associant les partenaires du système éducatif, les élèves et les parents d’élèves, pour faciliter la connaissance du monde du travail.

Avoir une politique familiale de notre temps c’est aussi octroyer des allocations et de nouveaux droits pour sortir les jeunes de la précarité.

Ségolène Royal

En matière scolaire, les débats avec les Français m’ont confirmé qu’il est urgent de refonder notre institution éducative, de la maternelle à l’Université, pour réduire les inégalités sociales et offrir à chaque enfant l’opportunité de développer son plein potentiel. Dans cette perspective, l’orientation des élèves est déterminante. Elle doit se faire dans des conditions qui garantissent à chacun l’égalité des chances. J’ai, pour ce faire, proposé de créer un service public de l’orientation pour mettre à la portée de tous une information fiable et transparente sur les filières et les débouchés. Les stratégies scolaires efficaces ne doivent plus demeurer le monopole d’une élite bien informée.

Nicolas Sarkozy

Je veux que, dès le collège, tous les enfants découvrent concrètement les différents métiers. Je suis persuadé que cela motivera tous ceux qui ont du mal à se plier à la contrainte de l’école, parce qu’il est beaucoup plus motivant d’étudier, par exemple, les mathématiques quand on sait que c’est nécessaire pour devenir pilote ou sismographe. Par ailleurs, je créerai un grand service public de l’orientation qui donnera à tous les enfants et à toutes les familles des informations précises sur les différentes filières, les conditions pour y réussir et les chances d’insertion professionnelle qu’elles offrent concrètement sur le marché du travail.

François Bayrou

L’éducation est la priorité absolue de mon projet. Presque un enfant sur cinq est en échec dès le plus jeune âge et sort de l’école sans diplôme. L’objectif affirmé est de diviser par deux l’échec scolaire, et multiplier par deux la réussite scolaire, dans tous les milieux sociaux.

Mais tous les élèves n’ont pas eu la possibilité de bénéficier d’une véritable formation. Je souhaite donc réformer notre système de formation pour lui redonner sa pleine ambition : assurer la mobilité et l’ascension sociale, contribuer au progrès économique et permettre la réalisation personnelle dans le travail. La lutte contre l’illettrisme est, à ce titre, un objectif majeur.

Il convient également de redéfinir les outils d’une meilleure orientation et d’une meilleure prise en compte des capacités et aspirations des élèves et étudiants.

Je souhaite, par exemple, améliorer l’orientation des élèves en dotant les fonds documentaires de nouvelles ressources sur les métiers, en particulier celles détenues par les organisations professionnelles. Nous devons également aider les élèves concernés à disposer de l’information la plus large en matière d’opportunité professionnelle. Dans cette action, il faut ouvrir les établissements aux parents, les premiers éducateurs.

Par ailleurs, améliorer le suivi des élèves au collège et au lycée, assurer l’accompagnement des élèves en difficulté et la personnalisation des apprentissages, par des études dirigées, sont autant de missions que je le vois assumées dans le cadre du service civil universel.

Vous vous souviendrez sans doute également que ministre de l’éducation nationale, j’avais amorcé une réforme de l’université et créé un semestre d’orientation à l’entrée de l’université.

Je propose d’aller au-delà et penser la terminale non pas comme la fin des études secondaires, mais comme le début des études supérieures, comme une propédeutique, une classe préparatoire à l’enseignement supérieur. La rupture entre le lycée et l’enseignement supérieur est trop brutale. C’est ce problème de rupture qu’il faut repenser, ou penser différemment. Et c’est une réflexion de longue haleine, qui imposera nécessairement une concertation globale sur le système de l’éducation nationale.

Enfin, Ministre de l’Education nationale, j’ai demandé une enquête pour savoir pourquoi tant d’enfants issus de familles culturellement favorisées échouaient, et tant d’enfants de familles en situation difficile réussissaient très bien. La réponse de l’enquête vaut pour l’ensemble de la nation : réussissaient les enfants dans les familles desquels l’école était estimée, respectée et soutenue ; et échouaient les enfants dans les familles desquels l’école était critiquée et méprisée... Je veux donc engager une politique de soutien et d’éducation des familles pour que les pères et les mères comprennent que ce qu’a d’essentiel, d’irremplaçable, leur attitude dans la famille, par exemple par des écoles des parents.