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Familles et médias

Les médias traditionnels et nouveaux (TV, radio, presse, Internet, téléphone mobile, jeux vidéo hors et en ligne,...) jouent un rôle de plus en plus déterminant non seulement dans la vie des familles, dans la socialisation et l’éducation de l’enfant, dans la représentation et le maillage du lien social, dans l’insertion et les solidarités, dans le partage de l’information et des savoirs... mais encore dans la vie économique et culturelle et dans le fonctionnement local et national de la vie associative, politique et démocratique.

Au regard de ces constats, dans un cadre multipartenarial et en relation étroite avec les pouvoirs publics, l’UNAF conduit une politique visant à promouvoir et soutenir la recherche sur les médias, l’information et la formation des parents, l’éducation des mineurs à l’image et au multimédia, la lutte contre les contenus illicites et attentatoires à la dignité humaine, la mise en œuvre de moyens de filtrage et de prévention par la classification par âge des contenus et par le déploiement d’une signalétique jeunesse cohérente pour l’ensemble de l’environnement médiatique familiale. Cette politique prône la co-responsabilité de l’ensemble des acteurs (créateurs et auteurs, professionnels des médias, parents, éducateurs, pouvoirs publics) vis-à-vis de la transmission aux mineurs des représentations virtuelles et médiatisées de soi, de l’autre, des relations humaines et de la société. Elle vise donc à promouvoir la nécessaire mise en cohérence et articulation de tous les dispositifs d’autorégulation, de co-régulation et de régulation dans le respect des libertés individuelles et collectives et notamment de la liberté d’expression. La position de l’UNAF est aujourd’hui largement reconnue par les acteurs concernés.

Questions aux candidats

> Quelle protection des mineurs vis-à-vis des contenus médiatiques qui peuvent leur être préjudiciables, comptez-vous défendre ?
> Quelle politique d’éducation aux médias et par les médias comptez-vous mettre en œuvre dans le cadre scolaire et extrascolaire, mais aussi tout au long de la vie pour les générations d’adultes qui doivent faire face aux évolutions permanentes de leur environnement médiatique ?
> Quels systèmes d’autorégulation, de " co-régulation " et de régulation des médias, concevez-vous et pensez-vous pouvoir mettre en oeuvre ?

Tableau des réponses


  Réponse à l'UNAF
Dominique Voynet

En premier lieu, nous demandons la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, et la taxation de la publicité sur les autres chaînes, au profit d’un renforcement du service public et des télévisions non commerciales. Pour ce qui concerne les contenus médiatiques préjudiciables, nous considérons que la prise de conscience doit plus relever des parents que des politiques publiques. De trop nombreuses familles considèrent la télévision, l’ordinateur ou la console comme de véritables modes de garde. Ca n’est pas le contenu médiatique qu’il faut encadrer, mais plutôt l’enfant qui, trop souvent, est laissé seul, sans surveillance face à lui.

Jean-Marie Le Pen

La loi de juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse et l’action renouvelée et encouragée des associations familiales doivent permettre une meilleure protection des enfants contre toutes les formes de violences et tout particulièrement la violence pornographique.

Pour imposer le respect de ces principes, je veillerai à ce que la Justice sanctionne les médias violant la loi et je modifierai la composition du CSA, afin que dans cet organe, devenu représentatif des Français, les associations familiales soient représentées.

Marie-George Buffet

La protection des mineures vis à vis de tous les médias est indispensable. J’ajoute que le contenu des programmes diffusés mériterait d’être revu et corrigé, pour en faire des outils de connaissance, d’éveil de l’enfant.

Ségolène Royal

Je me suis engagée à être la Présidente de la réussite éducative et culturelle. Cette ambition, pour nos enfants et pour notre école, embrasse le domaine médiatique. On ne peut concevoir une politique d’éducation moderne, sans se préoccuper d’éducation à l’image et aux nouveaux médias qui sont devenus un vecteur privilégié d’accès aux contenus culturels. Malheureusement, les contenus qui circulent sur les divers médias ne constituent pas qu’une opportunité d’apprentissage. Ils sont encore trop souvent lourds de menaces. C’est la raison pour laquelle, l’éducation aux médias a pour corollaire la protection des mineurs vis-à-vis des contenus violents ou sexuellement explicites. Je veux des enfants mieux protégés du flux d’image qui inonde nos ordinateurs et nos téléviseurs mais aussi, s’ils y sont confrontés, mieux à même d’y faire face. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait en tant que ministre de la famille en soutenant la mise en place, avec l’UNAF, du collectif interassociatif Enfance et Média. Mieux éduqués, nos enfants seront à leur tour des adultes pleinement épanouis, équilibrés et transmetteurs de valeurs positives Bien entendu, la famille est le lieu privilégié de cette protection et de cette éducation. Le mouvement familial doit être associé aux producteurs de médias et aux diffuseurs pour rénover et renforcer l’efficacité des logiciels de contrôle parental et développer des politiques de labellisation de contenu.

Nicolas Sarkozy

Quelle protection des mineurs vis-à-vis des contenus médiatiques, qui peuvent leur être préjudiciables, comptez-vous défendre ?

La première protection, c’est l’éducation aux médias, trop souvent négligée, qui permet aux enfants d’acquérir le discernement nécessaire face aux contenus diffusés. Les familles doivent pouvoir s’impliquer fortement dans cette éducation aux côtés des enseignants.

Nous ne disposons pas non plus de système de classification simple et harmonisé selon les supports des différents contenus médiatiques en fonction de l’âge auquel ils peuvent être vus. C’est une erreur, et j’ai l’intention d’encourager cette harmonisation pour que les éditeurs de ces contenus agissent de façon responsable. Sur Internet, l’absence d’identification par leurs éditeurs des sites préjudiciables exclut pour les familles toute mise en place de filtrages personnels efficaces. La protection des mineurs est une obligation légale pour un éditeur de contenu. C’est le rôle de l’Etat de la faire respecter.

Quels systèmes d’autorégulation, de " co-régulation " et de régulation des médias, concevez-vous et pensez-vous pouvoir mettre en oeuvre ?

Les organismes dont nous disposons aujourd’hui dans les secteurs de l’audiovisuel et des télécommunications, le CSA et l’ARCEP, sont bien placés pour effectuer ensemble cette nécessaire régulation, de même que la commission de déontologie de l’Internet qui a été mise en place récemment.

François Bayrou

Il appartiendra au futur gouvernement de mettre en œuvre des campagnes d’information, pour alerter les opinions publiques sur les dangers d’Internet mais aussi généraliser les permanences téléphoniques pour permettre le signalement de contenus préjudiciables et le dépôt de plainte, et, enfin, favoriser la mise en place d’un numéro vert européen accessible à tous.

Il est temps, par ailleurs, que les hébergeurs offrent des logiciels parentaux simples d’utilisation, des abonnements à des services d’accès spécifiquement dédiés aux enfants avec un filtrage automatique à la source effectué par le fournisseur lui-même car les enfants sont confrontés de plus en plus jeunes aux informations et aux images véhiculées par la toile.

Je propose par exemple d’étudier la création d’un nom de domaine (. KID) exclusivement réservé aux contenus pour enfants. Enfin, des kits d’information sur les risques d’Internet devraient être systématiquement distribués aux enfants et aux parents à chaque rentrée scolaire.

Mais, la protection de l’enfance contre la tyrannie des images télévisuelles passe également par l’école, par des campagnes de prévention, et par l’éducation des parents.

Il est à l’évidence des films, des émissions, des jeux vidéo et des sites dont le seul "attrait" est la violence exacerbée, qui ne jouent que sur la fascination de l’instinct de mort, véhiculent souvent une image dégradée de la femme. Il faut en protéger l’enfance, les interdire quand l’intolérable est franchi.

L’école doit enseigner à en discerner les ressorts pervers. Elle doit non seulement apprendre à décrypter l’image et savoir s’en libérer mais encore ne pas céder sur l’essentiel, même si c’est difficile : donner le goût de la lecture, de la découverte, ouvrir à la beauté.

Le problème majeur est celui de ces enfants laissés en jachère par des parents en grande difficulté, dépassés - souvent des mères isolées, débordées. Enfants soumis à la tyrannie de l’audiovisuel, enfants sans repères à qui personne ne fixe de limites. Je prône de vigoureuses campagnes de prévention contre les dangers de la consommation d’images et de messages violents et destructeurs.

Je pense que partout où cela est nécessaire, il faut bâtir une école des parents, en utilisant tous les ressorts du tissu associatif et des mouvements d’éducation populaire.

Une dimension de protection de l’enfance est nécessaire. Cette démarche de protection n’a de sens que si elle est fortement articulée et surtout ancrée dans des politiques de l’amont, en matière d’offre de programmes de qualité pour les publics jeunes, d’anticipation et de prévention, en un mot d’éducation.

Il faut mobiliser les décideurs politiques, les éditeurs privés indépendants et les citoyens et peser sur les orientations du CSA et des directions des programmes. Nous nous sommes d’ailleurs déjà attelé à protéger les mineurs utilisant la télévision mobile personnelle en prévoyant un cryptage des contenus auxquels ils peuvent accéder lors de la discussion du texte sur la Télévision du futur. À l’heure où 95 % des 15-25 ans disposent d’un mobile, il est évident qu’ils feront partie des premiers utilisateurs.