UNAF - Conférence de la Famille 2005 - Intervention de Hubert Brin, Président de l’UNAF

Conférence 2005

Conférence de la Famille 2005 - Intervention de Hubert Brin, Président de l’UNAF


22/09/2005

Monsieur le Premier Ministre,

En tout premier lieu, l’UNAF tient à vous remercier d’avoir accepté de présider la Conférence annuelle de la Famille malgré les contraintes de temps.

Si du point de vue de son fonctionnement, des améliorations sont à apporter pour le futur, son existence même sous votre présidence marque la continuité de l’engagement des pouvoirs publics en direction des familles.

La France est regardée par tous nos partenaires européens, voire au-delà, et pour la première fois cette année de nombreux médias étrangers couvrent cet événement.

Ceci pour vous dire que les choix de la France quant à la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle intéressent nos partenaires.

Cet avantage -je mesure la portée du mot- cet avantage de notre pays, conservons-le. Cela veut dire, Monsieur le Premier Ministre qu’il devient d’une nécessité absolue qu’une réflexion s’engage sur les grands équilibres macro-économiques pour que, malgré la croissance inéluctable -ce qui n’empêche pas la recherche d’optimisation des finances- malgré la croissance inéluctable des dépenses maladie et vieillesse, il y ait toujours une part réservée pour l’investissement dans notre avenir commun que sont les enfants.

Nos partenaires en sont conscients et le projet d’avis en discussion au Comité économique et social européen en apporte la preuve.

Quatre points brefs encore pour mon intervention.

  • Monsieur le Premier Ministre, les militants familiaux de ce pays s’inquiètent de ce que nous allons transmettre à nos enfants. Nous souhaitons vivement être associés à toutes les réflexions qui pourraient être conduites sur la manière de résorber la dette publique, ce chèque en blanc que nous tirons sur les générations futures.
  • Le deuxième sujet concerne l’emploi. Bien sûr, le travail n’est pas le seul moteur de la vie, nous constatons malgré tout que son absence pour des jeunes adultes, des hommes, des femmes, des pères et des mères de famille, son absence participe fortement d’une déstructuration économique sociale et psychique. Améliorer l’emploi et les conditions de son exercice est aussi au cœur des préoccupations familiales.
  • Le troisième, sans que pour autant il puisse être de ce fait considéré comme non prioritaire, au contraire, le troisième c’est le logement. Au cours d’un travail récent que nous avons réalisé avec la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), nous nous sommes aperçus que 15 000 enfants vivaient en permanence en CHRS. Nous ne pouvons pas dire qu’il s’agit là de conditions optimales pour que leur développement se déroule harmonieusement. Prenons le temps qu’il faut, pas trop quand même, mais fixons-nous l’objectif d’un réel contrat social pour que toutes les familles soient bénéficiaires d’un espace de vie à la mesure de leurs besoins.
  • Le quatrième -là aussi sans ordre de hiérarchie- sera relatif à l’évolution du droit. Notre société évolue de telle sorte que, pour nous, le droit doit conserver son rôle structurant des valeurs collectives et du mieux vivre ensemble et non devenir la chambre d’enregistrement de tous les désirs personnels, fussent-ils légitimes. Nous avons, nous semble t-il, responsabilité à retrouver un équilibre entre individualisation du droit et droits collectifs y compris droit de la famille. Ne laissons pas se développer l’idée que chacun de nous peut aller chercher dans le droit ce qui lui convient et laisser de côté ce qui le contraint. Droit/devoir, liberté/responsabilité sont pour nous des mots qui ne portent sens que dans leur interaction.

Vous êtes peut-être surpris Monsieur le Premier Ministre que sur le fond je n’ai pas pris de position détaillée sur notre Conférence d’aujourd’hui. Deux raisons à cela :

  • La première, nous partageons les décisions prises même si on peut toujours dire que ce n’est pas assez ou que nous aurions pu faire mieux.
  • La deuxième, en lien direct avec la première, c’est que nous n’avons jamais considéré que la Conférence était le grand soir ou le grand matin de la politique familiale mais un point d’étape annuel. Ce qui n’a pas été fait aujourd’hui le sera demain. Paris ne s’est pas fait en un jour.

A lire sur le site du Gouvernement : le discours du Premier ministre

Dossier de la Conférence
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