UNAF - Colloque organisé sur le thème : « Etre parent aujourd’hui… et demain ? »

UDAF 50 - Manche

Colloque organisé sur le thème : « Etre parent aujourd’hui… et demain ? »


11/01/2010

L’UDAF de la Manche a organisé en novembre dernier un colloque sur la fonction de parent. Avec Françoise Peille, psychologue clinicienne auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, les participants ont réfléchi à l’évolution de la société, du couple, de la famille et, partant, au rôle des parents.

Un rôle qui, selon Françoise Peille, n’a pas changé sur le fond. Que la filiation soit biologique, légale ou affective, l’enfant a besoin pour se construire des soins, de la relation quotidienne avec les adultes, de leur confiance et des limites qu’ils vont poser.

Se pose aussi la question de la « construction » des parents : « On n’est pas parent à la naissance, ou à l’arrivée, de l’enfant : on le devient » dit Françoise Peille. D’abord fils ou fille de, les parents font souvent le lien entre la façon dont ils ont perçu leurs parents et ce qu’ils souhaitent être pour leurs propres enfants.
Dans tous les cas, ils seront des nouveaux parents, non seulement par la différence de génération, mais aussi pour chacun de leurs enfants, parce qu’on n’est jamais le même parent pour chacun de ses enfants.

On devient donc parent, mais parent de quel enfant ? Celui dont on a rêvé ? Celui qui viendrait combler nos désirs et nos manques ? Surtout pas. Celui que l’on va découvrir, « adopter » dit Françoise Peille, celui auquel on va s’adapter, que l’on va aider à se construire en lui faisant confiance, en ne lui mentant jamais (on peut différer une réponse : « on te le dira quand tu seras plus grand », mais pas mentir) et en maintenant la notion de générations distinctes (le parent-copain ne rassure pas l’enfant et ne l’aide pas à grandir).

Le risque majeur pour l’enfant qui ne connaît pas de limites face aux adultes est de ne jamais être capable d’affronter les difficultés, les frustrations du monde : il ne saura pas devenir autonome et accepter un monde qui ne tourne pas selon son désir et son bon plaisir.

Toutes ces observations restent valables, quelle que soit la situation du couple parental : encore souvent confié à la mère en cas de séparation l’enfant a besoin de la relation avec le père ou son substitut, et chacun, dans le couple éclaté, doit rester le parent de son enfant : il serait très néfaste pour ce dernier d’être pris pour confident, pour espion ou pour arbitre des conflits entre adultes.

Concernant les enfants de familles homoparentales, Françoise Peille reste prudente : nous manquons de recul et d’analyses objectives pour prédire quels adultes et, plus important encore, quels parents seront les enfants élevés par des parents homosexuels.

Et Demain ? Demain comme hier, il sera préférable de parler du droit à l’enfance plutôt que des droits de l’enfant : quels que soient les adultes qui occupent la place de parents, ce droit doit être reconnu à l’enfant. Tout comme le droit à maintenir un lien avec le ou les adultes qui ont pris soin de lui dans sa petite enfance, qui devrait être un droit attaché à l’enfant, et non pas à l’adulte.

Pour demain donc, souligne Françoise Peille, les changements de la société concernent plus la forme que le fond de l’éducation. Pour grandir l’enfant aura besoin d’un cadre qui le protège, qui résiste à ses attaques, qui pose des règles, qui le guide quand c’est nécessaire et qui s’ouvre progressivement, lui donnant l’appétit du « dehors ».

Haut de page