UNAF - Les débats au Conseil Économique, Social et Environnemental : « La pédopsychiatrie : prévention et prise en charge », à l’ordre du jour de la dernière session

Débats au CESE

Les débats au Conseil Économique, Social et Environnemental : « La pédopsychiatrie : prévention et prise en charge », à l’ordre du jour de la dernière session

26/02/2010

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Le Conseil Économique, Social et Environnemental, s’est réuni en assemblée plénière les 23 et 24 février 2010. A l’ordre du jour de la session, était inscrite la question suivante : « La pédopsychiatrie : prévention et prise en charge », rapporteur M. Jean-René Buisson, au nom de la section des affaires sociales.

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

La famille est sans nul doute le premier lieu où se concrétisent les questions du repérage et de la prise en charge des troubles pédopsychiatriques, mais aussi la souffrance de l’enfant ou de l’adolescent. C’est à la famille de trouver des solutions pour apporter des réponses et alléger le poids d’un quotidien difficile.

Au regard de ce constat, l’UNAF ne peut que se réjouir de voir que le Conseil économique, social et environnemental se soit saisi de la question cruciale de la pédopsychiatrie pour présenter un avis dont les propositions sont réalistes, et souvent directement applicables.

1/ En premier lieu, le rapporteur a eu à cœur, tout au long des travaux, de lier prévention et prise en charge pour ne jamais les dissocier. La raison emporte de soutenir qu’une prise en charge précoce prévient l’apparition de troubles plus graves, d’autant qu’on sait que chez l’enfant les troubles sont le plus souvent réversibles. C’est pour cela qu’il faut aujourd’hui prioritairement raccourcir les délais de prise en charge : la prévention permet d’éviter les conséquences terribles de diagnostics tardifs.
Pour ce faire, le Groupe de l’UNAF soutient la proposition d’instaurer une prise en charge par l’Assurance Maladie de consultations - répondant à des besoins précis - de professions paramédicales telles que les psychologues ou les psychomotriciens. Si cette mesure semble, d’un premier abord, coûteuse pour nos finances sociales, elle devrait permettre de résoudre en amont des troubles souvent bénins, qui ne nécessiteront pas une prise en charge médicale et donc financière bien plus lourde par la suite.

2/ Le Groupe de l’UNAF partage l’approche de l’avis selon laquelle la prévention n’est pas tant une question de moyens budgétaires qu’une culture de l’interdisciplinarité reposant à la fois sur la coordination des acteurs et sur un bon maillage du territoire. Il faut donc continuellement veiller à faire travailler davantage en réseau les acteurs de la chaîne de santé et, dans le domaine de la pédopsychiatrie, y associer fortement l’école à tous les niveaux de scolarité. Ce travail de décloisonnement, en permettant le partage des ressources et des compétences, permettra une plus grande efficience des interventions et devrait utilement s’appuyer sur un renforcement des centres médico-pycho-pédagogiques (CMPP).

A ce titre, la loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires a inscrit dans le marbre ces principes. Il reste à traduire cela dans les faits au travers des futures ARS –Agences régionales de santé- dont il est écrit qu’elles devront travailler sur leur territoire en liaison avec les autorités compétentes dans les domaines de la santé au travail, de la santé scolaire et universitaire et de la protection maternelle et infantile (titre IV, Chapitre Ier, article 118). Le prochain décret qui fixera la composition de leurs commissions de coordination, lieux privilégiés de dialogue devrait permettre la présence du recteur d’académie, ou de son représentant, un médecin scolaire.

3/ Dans la continuité, s’agissant de l’école, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des chances des personnes handicapées renforce les actions en faveur de la scolarisation en milieu ordinaire de l’élève handicapé au plus près de son domicile. Mais elle est malheureusement encore trop peu mise en œuvre. Pourtant, il faut tout faire pour éviter, dans la mesure du possible, les formations- ghettos. Le recours trop systématique à l’institutionnalisation contient en effet des risques d’accentuation des fragilités psychiques, affectives et sociales auxquelles elle entend pourtant répondre.
Dans les pays d’Europe du Nord, l’accent est mis depuis longtemps sur l’intégration en milieu ordinaire, dès la petite enfance, des enfants présentant un handicap ou des troubles psychiques. Les effets positifs sont réels et profitent à tout le monde. Les enfants s’aident et apprennent ainsi à interagir et à gérer la différence.

L’existence en France des AVS (Auxiliaires de vie scolaire) offre de grandes opportunités. Encore faut-il les doter d’un véritable statut, appuyé sur une formation spécifique et adaptée, pour les faire reconnaître comme partenaires des enseignants. Par ailleurs, le Groupe de l’UNAF se retrouve pleinement dans la proposition visant à assurer la continuité de l’accompagnement de l’enfant en milieu scolaire comme à domicile par le biais des associations, qui doivent jouer un rôle mieux intégré qu’aujourd’hui dans le dispositif d’accompagnement des enfants et des adolescents.

4/ Enfin, l’avis met l’accent sur « l’accompagnement des familles à toutes les étapes du processus », notamment lorsque le parcours de soins est long. Les troubles psychiques d’un enfant peuvent avoir des répercussions dramatiques sur le couple de ses parents et sa fratrie. Il faut donc pouvoir leur proposer un accompagnement, que ce soit un suivi psychologique, un soutien à la parentalité, ou l’accès à un groupe de parole qui permettent aux familles de sortir de leur solitude, de partager leurs interrogations, de se déculpabiliser, de reprendre courage et de réorganiser leur existence.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis en souhaitant qu’il ait l’impact que sa qualité ne doit pas manquer de susciter.

@ : cmenard unaf.fr

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