UNAF - Le droit de mourir en débat

Proposition de loi sur la fin de vie

Le droit de mourir en débat

24/11/2004

Depuis de nombreuses années, le débat autour de la prise en charge de la fin de vie est récurrent dans notre société tant cette problématique est difficile et douloureuse.

Bien que la loi du 4 mars 2002 ait affirmé le droit pour chacun à une vie digne jusqu’à la mort (loi du 4 mars 2002) et que la loi du 9 juin 1999 ait donné une base légale aux soins palliatifs et à l’accompagnement des mourants, la question est loin d’être résolue d’autant que l’actualité vient régulièrement nous révéler des parcours de fin de vie particulièrement douloureux dans lequel chacun de nous se projette. Parallèlement, il émane d’un grand nombre de médecins la demande de plus en plus pressante de la mise en place d’un cadre juridique leur permettant de situer leur action dans de telles circonstances.

Revient alors une question ô combien réductrice mais sous-jacente à tous ces débats : faut-il légaliser ou non l’euthanasie ? Une question formulée ainsi n’appelle aucune réponse satisfaisante et radicalise les positions des uns et des autres. En effet, l’absence de clarté dans les termes et différentes situations qui qualifient la fin de vie a pour conséquence de réduire à une vision simpliste entre les pour et les contre et rend donc difficile une réflexion sereine.

Consciente de ces nombreux écueils, l’Union nationale des associations familiales n’a jamais opposé « soins palliatifs » et euthanasie mais elle a toujours affirmé qu’il n’était pas possible de remettre en cause l’interdit de l’homicide qui a un rôle fondateur et symbolique dans notre société et sur lequel est fondé notre droit.

En revanche, elle a toujours plaidé pour un renforcement indispensable de toutes les mesures visant à une meilleure prise en charge des malades et de leurs familles. Ainsi, nous pensons qu’il est absolument nécessaire qu’un débat sur les conditions encadrant la fin de vie et la mort soit instauré dans notre société. Ce débat est d’autant plus indispensable que la solitude et l’isolement génèrent de nouveaux défis sociaux pour notre pays.

Avec la proposition de loi qui a été déposée et qui résulte d’un travail en amont très important de parlementaires issus de tous bords politiques, ce débat va donc pouvoir se dérouler dans des conditions plus sereines parce non soumis à la passion que peut déclencher des cas dramatiques et médiatisés.

Le projet de texte démontre que si l’euthanasie consiste à transgresser l’interdiction de mettre fin à la vie par un acte délibéré, il en est tout autrement d’un protocole qui vise à soulager la douleur même si ce traitement comporte une prise de risque importante. C’est en ce sens que le projet de loi propose des modifications d’articles du Code de déontologie des médecins.

Au-delà de ces modifications, la proposition de loi consacre un véritable droit du mourant en lui permettant, sinon d’être maître de sa destinée, au moins de ne plus subir les conditions d’une fin de vie qu’il ne supporte plus.

L’UNAF ne peut donc que se satisfaire d’un dispositif qui place le malade et son entourage au cœur
de la problématique et leur reconnaît un libre arbitre. Pour autant, il convient d’accompagner ces mesures par l’intensification de la formation de l’ensemble des professionnels de santé aux questions de fin de vie, le renforcement de l’accompagnement et du soutien des malades et de leurs familles.

Cette proposition de loi va ainsi permettre de répondre aux attentes exprimées par les malades ou leurs proches dans la plupart des situations de fin de vie. Cette étape était indispensable.

Restera à ouvrir le débat, certes limité mais tout aussi essentiel, des situations d’exception qui se caractérisent notamment par un « emmurement » tel le cas du jeune Vincent Humbert. Ce débat là requiert, de la même façon, humanisme, rigueur et transparence.

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