UNAF - Les professionnels des médias évaluent leur civisme.

Civisme et médias

Les professionnels des médias évaluent leur civisme.

29/11/2004

Les professionnels évaluent leur civisme...

Quand les professionnels des médias évaluent sincèrement leur civisme, leurs réflexions rejoignent très vite, les constats et les attentes de tous les éducateurs dont, au premier rang, les familles,...

Les 15, 17 et 18 novembre 2004, Les Rencontre de Radio-France ont permis aux professionnels des médias de tenter de définir la place qu’ils accordent au civisme.

  • Civisme en question et dont les valeurs sont en mutation : Quelle place donnent-ils aux règles du jeu que se donne la société et au fonctionnement des institutions ?
  • Information, communication civique et médias : Comment fonctionnent les médias ? Avec quels modèles professionnels et quelles méthodes ? Quel accueil font-ils au message à contenu civique ? L’expression citoyenne est-elle respecte ou manipulée ? Que répondre au civisme négligé ? Les médias prennent-ils des initiatives pour une meilleure écoute sociale ? -

Le concept du civisme ne semble plus assez « parlant » pour les jeunes ont souligné certains. Celui de citoyenneté serait-il plus adapté ?

Pour le journaliste Jean-François Kahn, les médias doivent obéir aux exigences de l’honnêteté de l’information et l’on doit déplorer une obsession économique chez les journalistes qui excluent cette démarche civique.

L’instantanéité médiatique doit être remise en cause pour le Président directeur général de Radio-France Jean-Paul Cluzel. En l’absence de communication, d’échanges et donc de durée, l’information se prive de la capacité d’instruction des données ou des apports du débat contradictoire a confirmé Pierre Zémor, le Président de Communication publique.

Pour Jean-Louis Sanchez (Président « Grande cause nationale Fraternité »), une place trop faible est accordée dans les médias à la fraternité et à l’entraide. Les modes de consommation se diversifient avec une gamme de médias qui s’élargit jusqu’à Internet, (un français sur trois est concerné). La qualité de la relation aux médias d’information repose désormais sur leur capacité de dialogue avec les publics. Il y a aujourd’hui nécessité de construire une relation entre le média émetteur et un récepteur actif, pouvant intervenir pour obtenir une information plus précise, plus complète. Il faut communiquer désormais sur l’information, ses sources, son statut, ses compléments pour mieux informer.

Philippe Labarde (Médiateur de radio France) a confirmé les interrogations des auditeurs sur la légitimité des médias. Pour Jean-François Kahn un média est nécessairement porteur d’un système de valeurs, qu’il doit clairement énoncer, sous peine désormais d’être accusé d’insinuation ou de manipulation.

Robert Solé (le Monde) a rappelé la discipline essentielle que doit se donner le journaliste de séparer l’information du commentaire. Il est de la responsabilité d’un média de choisir ses références pour éclairer l’information.

Pour Anne Sinclair, journaliste, les médias sont des vecteurs essentiels du civisme. Leurs impacts doivent être mis au service d’une connaissance qui fait réagir et mobilise le citoyen. France Renucci (Présidente du CLEMI), pour sa part a insisté sur le rôle pédagogique, trop ignoré et trop développé, des médias. Des expériences comme celles d’Edouard Zambeaux, (journaliste RFI) Sonia Kronlund (productrice France Culture) ont mis en évidence la capacité des médias d’intégrer, d’accueillir la parole de jeunes, leurs préoccupations et interrogations, mais aussi de faciliter les processus d’identification.

Pour Thomas Roger (ANIMAFAC) : les jeunes sont demandeurs de civisme et leurs actes de civisme sont trop souvent passés sous silence. Les médias et les institutions doivent donner plus de place à leurs paroles, et à leurs actes positifs. Des journaliste comme Rachid Arhab réussissent par exemple à traiter de l’actualité des problèmes de société avec le langage contemporain des jeunes urbains.

Pour Anne-Marie Idrac (Présidente de la Fondation pour la citoyenneté de la RATP) une communication dans la ville commence par des règles du « bien savoir voyager » dans les transports en commun. Elle regrette le peu d’intérêt des médias sur ce thème. Les médias internes aux institutions publiques et ceux des collectivités locales sont aujourd’hui dans l’obligation de jouer leurs rôles pour rétablir les liens sociaux. Cela n’est pas normal.

Jean-François Hebert (Président de la Cité des sciences de l’industrie), a rappelé la mission qui lui a été confiée par le Ministre de la culture, de promouvoir des valeurs positives, de « faire plus et mieux pour la tolérance ». Toutes les institutions culturelles sont concernées. Les médias aussi.

Toutes les interventions ont convergé pour exprimer une attente unanime de voir s’approfondir une réflexion permanente sur l’implication et la responsabilité des médias dans la construction de la civilité, du civisme, de la citoyenneté.

Une convergence parfaitement conforme aux recommandations du rapport 2002 « Environnement Médiatique des 0-18 ans : que transmettons- nous à nos enfants ? » du Collectif Interassociatif Enfance et Médias et aux attentes des familles, de toutes les familles ....

Nicole Alpha / Jean Pierre Quignaux pour l’UNAF et le CIEM

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