UNAF - L’UNAF a participé à la 3<sup class="typo_exposants">e</sup> journée de Refus de l’échec scolaire sur le thème : « Souffrances à l’École : agissons ! »

L’UNAF a participé à la 3e journée de Refus de l’échec scolaire sur le thème : « Souffrances à l’École : agissons ! »

27/09/2010

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« Chaque année, 150 000 élèves quittent le système scolaire sans diplôme, soit un jeune sur cinq. Lutter contre l’échec scolaire nécessite une réflexion sur nos politiques publiques d’éducation, mais aussi l’implication de tous les acteurs de l’éducation ».

L’UNAF, représentée par Patricia Humann, Coordonnatrice du Pôle Education, était présente le 22 septembre dernier à Paris à la Belliloise au colloque organisé par l’AFEV, pour la troisième journée de refus de l’échec scolaire soutenue par l’UNAF, présidée par Marcel Rufo (pédopsychiatre) et Claire Brisset (défenseur des enfants) et qui avait pour thème central : « Souffrances à l’École : agissons ! ».

A cette occasion, l’AFEV a présenté les résultats d’un baromètre réalisé auprès des collégiens des milieux populaires qui, bien que non représentatif, permet de se faire une idée de cette problématique. 3 chiffres à retenir :

18% des enfants pensent qu’ils n’intéressent personne,

30% ont mal au ventre le matin avant d’aller à l’école,

52% ont été confrontés à la violence verbale ou physique.

Enfin, ce qui devrait nous faire réagir en tant que parents : un collégien sur 2 déclare se coucher après 22h, et un sur 2 ont la télévision dans leur chambre.

Le colloque a par ailleurs été consacré à valoriser les initiatives et à chercher des solutions face à cette « souffrance » à l’école, souvent très liée à l’évaluation.

André Antibi (http://mclcm.free.fr/) a réexpliqué sa théorie de la « constante macabre », et a explicité la méthode d’évaluation qu’il préconise, selon lui soutenue par le ministère de l’Éducation nationale : évaluer les élèves sur des sujets préparés à l’avance. Une méthode qui exclue tout « piège » dans les contrôles, qui permet aux élèves, à la fois de progresser et de travailler sans stress, avec des évaluations et des notes qu’ils ressentent comme justes.

D’autres modes d’évaluation, comme l’évaluation par compétences, sans notes (remplacées par des gommettes rouges, oranges ou vertes) ont été présentées. Ce qu’on peut en retenir : chaque enfant est considéré dans sa spécificité avec parfois des progrès à faire dans un domaine qui n’était pas forcément mis en avant dans l’évaluation classique.

Ainsi, comme l’explique le directeur de l’établissement concerné, tel enfant très bon élève qui n’a que des gommettes vertes sauf une gommette orange concernant sa capacité de travail en équipe. Il se sent par ailleurs beaucoup moins évalué sur ces seuls résultats qu’avec des notes. Il s’agit davantage pour lui de « progrès à faire ».

Marcel Rufo a expliqué son point de vue concernant les enfants en souffrance scolaire (44% des motifs de consultation). Ceux-ci ont besoin de compétition pour avancer mais certains se sentent perdant d’avance et ne se battent plus. Il est donc nécessaire de leur redonner la possibilité de repartir dans une « compétition intime » sur au moins un domaine, car il y a toujours un domaine auquel ils s’intéressent et dans lequel ils peuvent progresser.

Un autre débat a concerné la violence à l’école et la désenctuarisation de l’école, conséquence, comme le souligne Claire Brisset, du fait que « le monde entier est entré dans leur chambre, voire dans leur poche » via l’accès sans limite à Internet. La sphère de l’intime, de l’espace privé demande donc à être à nouveau protégée, et les parents en sont responsables.

Un jeune chercheur, Thomas Sauvadet, a présenté ses recherches sur les jeunes de la rue (comprendre « qui traine dans la rue ») et mis en avant la différence de codes d’expression entre ces jeunes et les professeurs. Des gaps qui nécessiteraient de former les enseignants à une pédagogie spécifique (plus théatralisée) face à ce type de public. Ce qui n’est malheureusement pas la voie que prend actuellement la réforme de la formation des professeurs.

Enfin, le modèle finlandais a été présenté par Paul Robert, auteur de « La Finlande, un modèle éducatif pour la France ». Un modèle qui place l’enfant au centre, un enfant envisagé dans sa globalité et non uniquement au plan intellectuel. Une gratuité totale pour l’école « fondamentale » (notre primaire + notre collège regroupés), avec un droit, pour chaque minorité, de suivre des cours dans sa langue maternelle, en plus des cours de finlandais. Surtout, une école qui laisse une autonomie réelle et complète à chaque établissement, en lien avec la municipalité, pour s’adapter au contexte local, pour recruter ses propres professeurs, organiser ses classes etc ....

On pourrait craindre qu’une telle école ne garantisse pas l’égalité des chances : pourtant, les tests montrent que le niveau est très homogène (un des pays le plus homogène !).

Enfin le métier de professeur, très valorisé en Finlande comprend 5 années d’études avec 20% de la formation consacrée à la pédagogie et à la psychologie.

En conclusion, Claire Brisset a rappelé l’article 29 de la Convention internationale des Droits de l’enfant qui, selon elle, devrait être affiché dans toutes les écoles : « L’éducation doit viser à favoriser l’épanouissement de la personnalité de l’enfant, le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de ses potentialités. »

Marcel Ruffo a préconisé un discours de confiance et d’alliance entre élèves, parents et professeurs, et une plus grande proximité.

Enfin, le directeur général de l’AFEV, Christophe Paris, a demandé qu’on réfléchisse à l’arrêt des notes à l’école primaire. Lire

@ : phumann unaf.fr

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