UNAF - L’UNAF rencontre la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse

L’UNAF rencontre la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse


03/11/2010

François Fondard, Président de l’UNAF et Guillemette Leneveu, directrice générale ont été reçus par la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, jeudi 20 octobre 2010. Ce fut l’occasion pour l’UNAF d’attirer l’attention de la ministre sur certains éléments qui posent problème aux familles

Le logement étudiant

L’UNAF est revenue sur sur la décision positive de maintenir la déconnexion entre aide au logement et demi-part fiscale. En effet, ce n’est pas parce qu’un étudiant doit étudier loin de sa famille et qu’il a donc besoin d’une aide au logement, que ses parents ne subviennent plus, tout au moins partiellement, à ses besoins. On sait au contraire l’effort que représente pour les parents les études supérieures de leurs enfants, et surtout le logement. (L’OVE dans son enquête de 2007 sur les conditions de vie des étudiants calculent que les parents contribuent pour 30 à 40% des ressources des étudiants « décohabitants »).

L’UNAF a rappelé les difficultés vécues par les familles du fait de la pénurie de logements étudiants et du prix des logements du parc privé auxquels certains sont obligés d’avoir recours. En effet pour 68% des étudiants qui ne vivent plus chez leurs parents donc 1,5 millions d’étudiants potentiellement demandeurs d’un logement, seuls 160 000 logements sont proposés par les Centres Régionaux des Oeuvres Universitaires et Scolaires (CROUS). Ainsi les prix des logements du parc privé sont en moyenne de 388€ en province et 500€ en région parisienne, selon l’Observatoire de la Vie Etudiante. Concernant le plan Anciaux de construction/réhabilitation de logements étudiants, l’UNAF constate un retard de 11400 pour la réhabilitation, et de 18600 pour la construction. L’annonce récente par la ministère de la réhabilitation de 8500 logements et de la construction de 5000 logements est donc bienvenue pour permettre de rattraper un tant soit peu ce retard.

Des partenariats entre les collectivités locales et les universités devraient donc être davantage développés pour multiplier les logements réellement accessibles aux étudiants. Il faudrait faire preuve d’inventivité, comme l’a fait la ville du Havre avec ses logements étudiants construits avec des conteneurs.

L’UNAF a donc réitéré ses demandes :

1. Que le parc public dédié aux étudiants soit accru et rénové, et qu’à ce titre, les engagements des pouvoirs publics soient tenus.
2. Que tous les étudiants, et non uniquement les boursiers, puissent bénéficier de la garantie Locapass, qui permet, à la rentrée, de ne pas avoir à verser un dépôt de garantie conséquent, bien souvent directement financé par les parents.
3. Que le calcul de l’Allocation de Logement à caractère Social (ALS) dont un étudiant peut bénéficier demeure toujours strictement indépendant du niveau des ressources de ses parents.
4. L’UNAF souhaite souligner que la décohabitation des étudiants s’accompagne de frais de transports souvent coûteux : elle souhaite le maintien du bénéfice de la carte familles nombreuses au-delà de 18 ans, et une modification des conditions d’éloignement dans le calcul des bourses.

En réponse, la ministre a notamment indiqué l’organisation prochaine d’une grande conférence sur le thème du logement étudiant. Par ailleurs, elle a rappelé l’inauguration, les jours suivants, de l’exposition des projets architecturaux des 58 projets du « plan campus », ainsi que la participation à titre expérimental du ministère à un portail de recensement des offres de logement étudiant en Alsace. Elle s’est dite en recherche de propositions sur le logement intergénérationnel : l’UNAF a rappelé l’engagement de plusieurs UDAF en ce domaine

Frais de scolarité

L’UNAF a par ailleurs mis l’accent sur les frais de scolarité de plus en plus élevés quelle que soient les filières choisies.

Le taux d’inscription dans les écoles de commerces, les cycles préparatoires intégrés des écoles d’ingénieurs, les écoles artistiques, culturelles, paramédicales ou sociales (ou des préparations à l’entrée dans ces écoles) a doublé au cours de 10 dernières années passant de 7% des bacheliers à 14%. Avec les grandes écoles, cela fait 24% de jeunes qui s’orientent vers ce type d’écoles. L’UNAF a attiré l’attention de la ministre sur le prix de ces formations en école spécialisée. Certaines formations (par exemple paramédicales) bien que suivies dans des établissements public demandent des frais de scolarité élevés (à titre d’exemple : aide soignante dans un Institut de formation en soins infirmiers public : jusqu’à 6000 € pour un an).

Les Instituts d’Études Politiques, bien qu’établissements publics, demandent des frais de scolarité élevés. Ils ont récemment revu l’échelle des cotisations des étudiants pour la rendre dépendante du quotient familial. Les étudiants paient à Paris entre 0€ à 8900 € et 0€ et 12500 € pour les masters en fonction du quotient familial, avec 11 niveaux différents.

L’UNAF souhaiterait mener une réflexion sur ce sujet. Comment mobiliser les écoles supérieures afin qu’elles prennent en compte les critères familiaux dans leurs frais de scolarité ?

A l’université, le montant des droits d’inscription est de 174 euros pour les diplômes conduisant au grade de licence, de 237 euros pour les diplômes conduisant au grade de master et de 359 euros pour une inscription en doctorat. D’autres options facultatives, cependant, comme les droits de sport, d’accès à la culture, de reprographie, etc. peuvent se surajouter. Il semble que leur montant ait pris des proportions très importantes dans certaines universités. Et que certains soient passés d’optionnels à obligatoires.

Des frais de scolarité plus importants concernant des formations spécifiques dans les universités, Instituts d’administration des entreprises (IAE), ou diplômes d’université (DU) peuvent quand à eux atteindre des niveaux très élevés (jusqu’à 6000€ par an).

Là encore, en dehors de la nécessité de mieux encadrer parmi ces frais ceux qui relèvent du service public (donc à intégrer à l’inscription) et les autres, il semble à l’UNAF qu’une réflexion pourrait être menée pour une prise en compte du revenu et des « charges » de la famille : le quotient familial, par les DU et les IAE.

En réponse à ces chiffres qui ont suscité son intérêt, la ministre a envisagé la mise en place d’un groupe de travail pour aboutir à un référentiel des frais de scolarité.

Haut de page