UNAF - Lettre ouverte de l’UNAF aux annonceurs et aux publicitaires

Lettre ouverte n° 1.08.12.04

Lettre ouverte de l’UNAF aux annonceurs et aux publicitaires

10/12/2004

A trop vouloir développer des produits spécifiques et par là asseoir leur communication publicitaire sur certains comportements paradoxaux et/ou choquants, les annonceurs et leur agences de publicité ne semblent plus réfléchir à l’impact sociétal de certaines de leurs campagnes.

S’il en était besoin, l’exemple qui est donné par la publicité télévisuelle « Séparément » du Crédit Lyonnais est en ce sens significative. Pour la première fois, un grand établissement financier fait de la séparation des couples un préalable à l’engagement amoureux et mise sur l’individualisation des ressources et sur la rentabilité future des crédits qui seront consentis pour permettre aux séparés de survivre.

Lorsque l’on sait que les situations de surendettement des personnes et des familles monoparentales, naissent très fréquemment des séparations, cette sollicitation s’avère être scandaleuse. Elle l’est d’autant plus qu’elle suppose que l’investissement amoureux ne peut pas être un investissement durable et que tout ce qui se construit sur la durée d’une relation responsable et d’un engagement à deux est illusoire. Elle est par ailleurs cynique en ce sens que sur le mode du romantisme du jeune couple s’aimant sous la pluie, elle fait rêver pareillement de « l’union » et de la « séparation ».

De ce point de vue, on ne peut imaginer plus grande confusion des repères permettant aux jeunes comme à la société d’envisager l’avenir, d’espérer pouvoir bâtir une relation, de s’engager solidairement dans un devenir, dans la fondation d’une famille et d’une transmission générationnelle.

Plus que jamais les relations interpersonnelles sont réduites à leur aspect économique et financier. Plus que jamais dans le champs des relations intimes comme dans celui de l’environnement, le futur est à crédit et rendu dépendant des produits financiers. Une telle logique financière vient cannibaliser la vie privée et polluer toute vision d’avenir sur l’intérêt d’une relation durable dans les couples.

L’Union Nationale des Associations familiales, au nom de tous les couples et de toutes les familles, demande à la Direction Générale du Crédit Lyonnais, à son actionnariat et à ses salariés, mais aussi à l’ensemble des établissements bancaires, aux publicitaires, aux citoyens et à l’ensemble des élus politiques d’évaluer à la simple mesure du sens qu’il souhaite donner à la relation amoureuse et à la vie à deux le caractère insidieux de telles dérives publicitaires.

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