UNAF - Les débats au Conseil économique, social et environnemental

Les débats au Conseil économique, social et environnemental


05/03/2012

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Deux questions étaient inscrites à l’ordre du jour de la session des 28 et 29 février 2012 :
- Projet de schéma national des infrastructures de transport (SNIT),
rapporteurs Sébastien Genest et Pierre-Jean Rozet, au nom de
la Section de l’aménagement durable des territoires,
- Gagner la bataille de l’exportation avec les PME, rapporteur Jean-François Roubaud, au nom de la Section des affaires européennes et internationales.

Projet de schéma national des infrastructures de transport

Le groupe de l’UNAF approuve l’ensemble des préconisations de l’avis relatif au projet de Schéma National des Infrastructures de Transport (SNIT).

Il tient à souligner deux aspects importants dans le contexte concurrentiel mondial actuel : l’équité territoriale, l’évolution nécessaire des opérateurs de réseaux des transports.

S’agissant de l’équité territoriale, cette exigence est soulignée à juste titre par l’avis. Elle est première pour les familles, car la mobilité est un « droit » pour toute personne, quelle que soit son lieu d’habitation, en particulier en milieu urbain et dans les régions rurales.

Le groupe de l’UNAF rappelle d’ailleurs que tout employeur regarde si ce critère de mobilité est satisfait et pôle - emploi en fait un critère d’employabilité. Toute profession libérale, en particulier les professions de santé, ne peut exercer sans avoir à sa disposition des infrastructures de transport dont la maintenance et le renouvellement leur assurent toute sécurité dans la durée.

Enfin, le groupe de l’UNAF souligne la nécessité absolue d’assurer les transports scolaires dans les meilleures conditions possibles. Là encore ce critère doit être pris en compte dans l’élaboration de tout schéma de moyen et long terme. C’est d’ailleurs une raison de plus d’assurer une vraie cohérence entre le SNIT, ses étapes intermédiaires et les politiques des collectivités territoriales.

En second lieu le groupe de l’UNAF aurait apprécié que la situation financière et la gouvernance des différents opérateurs des réseaux soient abordées. Cela aurait été particulièrement opportun quand on sait que l’ouverture à la concurrence au moins européenne sera une réalité à laquelle les Pouvoirs Publics seront obligatoirement confrontés dans la période de réalisation du SNIT. Dans ce contexte, Réseau Ferré de France doit résorber sa dette et la SNCF stabiliser sa gestion financière pour avoir notamment une lisibilité dans sa tarification. Les deux structures doivent-elles par ailleurs être à nouveau « consolidées » ? La question méritait d’être posée, même si ce n’était pas à l’avis présent d’y répondre. La question de l’évolution des péages d’autoroute et des sociétés gestionnaires aurait aussi mérité de plus larges développements.

Le coût de l’aérien a été traité sous l’angle environnemental, à juste titre là encore, mais ce secteur est déjà totalement ouvert à la concurrence. Or une augmentation du trafic aérien est prévisible dans tous les scénarios. Quel avenir en conséquence pour les compagnies françaises ? Egalement la réforme qui vient d’aboutir de Voies Navigables de France aurait du être soulignée.

Ceci étant, le groupe de l’UNAF retient avec intérêt la recommandation de l’avis visant à aller le plus loin possible dans l’internationalisation des coûts externes du transport routier. L’enjeu est ainsi de permettre la vérité des prix écologiques et la comparaison en toute transparence des coûts des différents transports. Une réflexion globale doit aussi être menée sur les tarifications associées tels que les péages urbains pour l’usage des infrastructures, sans omettre les questions d’équité sociale qu’elles pourraient poser.

Le groupe de l’UNAF a apprécié la richesse de l’avis rendu au Premier Ministre dans les délais impartis. Il souhaite qu’il puisse servir de cap à tous les gouvernements successifs.

Le groupe de l’UNAF a voté l’avis.

Gagner la bataille de l’exportation avec les PME

Le présent avis invite aujourd’hui les PME françaises à s’engager dans la bataille de l’export, trace des perspectives et approfondit les voies devant permettre aux PME primo-exportatrices de ne pas renoncer à prolonger et pérenniser l’expérience.

Le facteur de réussite pour gagner cette bataille : c’est l’accompagnement des PME bien plus que l’octroi d’aides financières.

Le Groupe de l’UNAF rejoint l’avis dans bon nombre de propositions mais constate à regret que les pistes tracées dans le précédent avis n’aient pas été plus exploitées. Le point visé est la réalisation effective pour les PME d’un grand marché intérieur européen. Le Groupe de l’UNAF regrettait en 2007, que les PME rencontrent autant de difficultés dans un projet à l’export vers l’Italie ou l’Allemagne que vers la Thaïlande, l’Inde ou le Brésil. Aujourd’hui, il est encore nécessaire d’enfoncer le clou en insistant sur le fait que « l’Union européenne doit aider les PME à mieux profiter du marché intérieur européen pour qu’il devienne enfin leur véritable marché « domestique ».

En second lieu, une partie du projet d’avis est consacrée aux recommandations pour doter les PME des ressources humaines dédiées à l’export. Le Groupe de l’UNAF est particulièrement sensible aux modalités de détachement des collaborateurs expatriés et de leur famille. Sur ce point précis, l’attention doit être portée tout d’abord sur le repérage des talents et la capacité pour les PME, pour promouvoir leur projet d’export, d’attirer des femmes et des hommes ayant une vraie capacité de penser « l’ailleurs » et « l’autrement ». Au cours des auditions il a été noté : « Quant au repérage des talents, en Allemagne, il se fait par l’apprentissage, à l’université. Cela se fait naturellement. »

Autre élément, qui aurait pu être étoffé dans le projet d’avis : la question de la solitude du commercial en exil selon le titre d’un récent article du Monde Economie consacré aux PME, qui exportent. Le commercial que l’on envoie depuis la France pour défricher les contrées lointaines ne doit pas rester isolé et l’appartenance à une équipe et à un projet doit être entretenue malgré les distances.

La bataille de l’export avec les PME se gagnera aussi par les compétences, la formation et l’accompagnement des salariés, qui travaillent dans ces PME prêtes à franchir le pas.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

@ : cmenard unaf.fr


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