UNAF - Le Gouvernement renforce son plan d’action Internet

Note d’information et de réflexion

Le Gouvernement renforce son plan d’action Internet

30/06/2000

Jean Pierre Quignaux, jquignaux unaf.fr

Lors du Comité interministériel pour la société de l’information (Cisi),
le lundi 10 juillet 2000, le Premier Ministre a annoncé que 4 milliards
de francs sur trois ans seraient consacrés à la réduction du "fossé
numérique" et à la "préparation de l’avenir de la société
de l’information.

On se reportera au site de l’action gouvernementale pour la société
de l’information <a
href="http://www.internet.gouv.fr/francais/index.html">http://www.internet.gouv.fr/francais/index.html
pour prendre la connaissance de l’intégralité de ce nouveau plan d’action
et de ses implications. Un résumé de ces nouvelles mesures est donné
ci-dessous ainsi qu’un premier commentaire de celles-ci.

SOMMAIRE : Fossé
numérique
/ <a
href="#2">Espaces publics numériques et formation / <a
href="#3">Ecoles et Lycées / Professionnels et Recherche
/ <a
href="#5">Concurrence / Anticipation et stratégie / <a
href="#7">Commentaires et conclusion provisoire

Fossé numérique

Trois milliards de francs seront dédiés à la formation à l’Internet
et à la mise à la disposition du plus grand nombre de Français de l’outil
informatique, tandis qu’un milliard supplémentaire reviendra à la formation
de professionnels et à la recherche. Le Premier Ministre a précisé que
l’Internet s’avère "un formidable multiplicateur de richesses"
et que, "pour mettre cet outil nouveau au service de la démocratie,
de la justice, de la solidarité, il nous faut avant tout veiller à ce
que ces richesses soient également réparties". Il s’agit désormais
"mettre le réseau à la portée de chacun". SOMMAIRE

Espaces publics numériques et formation

Selon l’entourage du Premier Ministre cité par l’AFP, "tous les
espaces publics connectés à l’Internet seraient aujourd’hui saturés".
C’est la raison pour laquelle dans le nouveau plan d’action gouvernemental,
d’ici 2003, plus de 7.000 lieux offrant un accès à l’Internet seront
ouverts, parmi lesquels 2.500 "espaces publics numériques"
(EPN). Ces espaces offriront une formation générale gratuite, ouverte
à tous. 4.000 emplois-jeunes devraient y être affectés pour une enveloppe
globale de 1,2 milliard sur trois ans. Par ailleurs, "un module
de formation" à l’informatique, au multimédia et à l’Internet,
inclus dans les stages de formation professionnelle pour les chômeurs,
devraient "d’ici à la fin 2002, à 1,2 million de demandeurs d’emploi".
Cette mesure mobiliserait près d’un milliard de francs sur trois ans.
<a
href="#SOMMAIRE">SOMMAIRE

Ecoles et Lycées

La formation à l’école reste une priorité du gouvernement . Selon l’entourage
du Premier Ministre cité par l’AFP si "tous les collèges et lycées
seront connectés à la rentrée 2000, 60 à 65% des écoles primaires n’ont
toujours pas accès au web". Le Premier ministre a donc promis que
toutes les écoles seraient raccordées "avant la fin de l’année
scolaire 2001-2002", grâce à un soutien de l’Etat de 365 millions
de francs sur trois ans. Cette action s’inscrit dans la lignée du Plan
Internet pour les Ecoles Primaires annoncé le mardi 20 juin par le Ministère
de l’Education Nationale qui prévoit outre la connexion de TOUTES les
écoles primaires fin 2001 la création d’un "brevet informatique
et internet" obligatoire.

Il est prévu aussi que le gouvernement apporte aussi une aide à l’équipement
aux Centres de formation des apprentis des chambres de métiers. Par
ailleurs "150.000 chambres d’étudiant des cités universitaires
seront équipées d’un accès à l’internet à haut débit", dans le
cadre de la réhabilitation des locaux prévue par le programme "Universités
du troisième millénaire". <a
href="#SOMMAIRE">SOMMAIRE

Professionnels et Recherche

L’autre volet des mesures annoncées concerne porte la formation des
professionnels et la recherche. A la suite de sa décision de créer une
Ecole de l’Internet à Marseille, le Premier Ministre a précisé que,
dès l’automne 2000, seront créés 45 licences professionnelles en informatique
et multimédia qui augmenteront de 1.200 par an le nombre de professionnels
de ces domaines. Le nombre de diplômés du groupe des écoles de télécommunications
doit augmenter de 50% en cinq ans. Au total, il est prévu que les filières
de formation des technologies de l’information formeront chaque année
plus de 30.000 étudiants.

De son coté, la recherche bénéficiera d’un milliard de francs de budget
supplémentaire sur trois ans. Il a été annoncé le déblocage de cette
somme pour la recherche sur les technologies de l’information et l’Internet.
dont les effectifs de la recherche publique devront augmenter de 25%
en cinq ans. De plus, en 2002, le débit de RENATER 3 (Réseau Internet
pour la recherche et l’éducation) sera porté à 2,5 gigabits par seconde,
soit 16 fois plus que RENATER 2. <a
href="#SOMMAIRE">SOMMAIRE

Concurrence

La sortie du décret portant sur le "dégroupage de la boucle locale"
a de plus été annoncée pour le 1er Janvier 2001. Cette mesure
permettra de faire jouer la concurrence entre opérateurs des télécommunications
jusqu’à l’utilisateur final et donc, à terme, de réduire les coûts d’accès
et d’usage de l’Internet par ceux-ci. SOMMAIRE

Anticipation et stratégie

"Pour mieux anticiper les évolutions", le chef du gouvernement
a promis la création d’un Comité stratégique des technologies de l’information,
placé auprès du Premier ministre. Cette instance, dont l’installation
est prévue à l’automne, sera composée de chercheurs, d’experts et de
chefs d’entreprises. Dans cette perspective, il a été par ailleurs annoncé
que le gouvernement apporterait son soutien à la "Fondation Internet
Nouvelle Génération", fondation à laquelle l’UNAF a adhéré ( <a
href="http://www.fing.org/">www.fing.org ) SOMMAIRE

Commentaires et conclusion provisoire

D’une façon globale, on ne peut que se féliciter de ce renforcement
du plan d’action gouvernemental pour la société de l’information d’autant
que la problématique de la réduction du "fossé numérique"
et celles de l’éducation et de la formation sont prises en compte.

On peut cependant regretter que ce nouveau volet du plan d’action gouvernemental
reste un peu "classique" en ce sens que la place et le rôle
des "familles", de la politique familiale et d’une façon plus
générale des citoyens et des consommateurs, ne sont pas mis en perspective
en tant qu’acteur et moteur essentiels du déploiement d’une société
de l’information plus juste, plus égalitaire, plus cohérente et plus
prospère.

La dynamique impulsée par le biais des Espaces Publiques Numériques,
des Ecoles et Lycées, des Centres de Formations, de la Recherche, de
la Concurrence, de la Recherche, apparaît nécessaire. Il n’est pas certain
qu’elle soit suffisante -et notamment suffisamment pédagogique- pour
promouvoir rapidement la culture citoyenne de l’information qui devra
dans les toutes prochaines années accompagner l’omniprésence de l’Internet
dans la plupart des espaces de travail et de vie.

Aussi le renforcement du plan d’action gouvernemental ne nous semble-t-il
pas mettre suffisamment l’accent sur les implications sociales et culturelles
de l’Internet.

L’annonce d’une mise à l’étude de mesures telles que "l’allocation
familiale Internet pour toutes les familles", "le cartable
électronique pour tous les enfants en âge scolaire" - mesures dont
l’UNAF demande aujourd’hui l’étude par les pouvoirs publics avec tous
les acteurs concernés pour mutualiser les investissements matériels
et immatériels et accélérer le comblement du fossé numérique- aurait
peut être permis de donner au plan d’action gouvernemental une dimension
plus prospective, plus volontaire, mais surtout plus proche des besoins
de vision à moyen-long terme des familles et des citoyens. En effet,
l’appropriation des NTIC ne saurait se satisfaire des espaces publics
et collectifs. Son Intégration dans la vie relève et concerne l’exercice
de la vie quotidienne.

A cet égard, l’UNAF demandera au gouvernement une participation au
Comité Stratégique des Technologies de l’Information et que les associations
familiales et de consommateurs ne soient pas oubliées dans la réflexion
prospective et stratégique.

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