UNAF - Famille et travail social - Une problématique de l’UNAF sur la question

Document

Famille et travail social - Une problématique de l’UNAF sur la question

09/01/2001

Le travail social : ses origines

L’institutionnalisation du travail social commence
autour de la révolution française mais reste basée
sur la notion d’assistance aux mineurs, de lutte contre la délinquance
 ; elle est fondée sur des initiatives bénévoles,
à caractère charitables, privées mais aussi laïques,
et mutualistes. Les services apparaîtront au cours de la seconde
moitié du dix-neuvième siècle et au tout début
du vingtième siècle (1920) d’abord en Italie puis
en Belgique ; en France se mettront en place les structures sociales
telles que les maisons sociales animées par les travailleuses
familiales, premières figures de la professionnalisation ; la
salarisation apparaîtra avec le statut des infirmières
visiteuses (1916) à domicile et les surintendantes d’usine.

La définition du travail social émergera
vers les années trente en même temps que celle d’organismes
à vocation sociale et les lois de protection sociale.

La majorité des établissements sociaux se
créeront entre les années cinquante et soixante dix ;
ils agiront en parallèle avec le milieu dit ouvert (dans l’environnement
des usagers). A l’origine basée sur les métiers d’assistant
social auxquels s’adjoindront ceux de conseillère en économie
sociale et familiale, les travailleuses familiales devenues techniciennes
de l’intervention sociale et familiale (1949), les aides ménagères
puis les aides à domicile pour les aspects familiaux, ceux d’éducateurs,
et d’animateurs, la notion de travailleur social n’interviendra
qu’au début des années soixante-dix.

Les services de gré à gré sortiront
du champ d’action du travail social et seront pris en charge par
le secteur associatif.

Si les conditions d’octroi des aides relèvent
des décisions de l’Etat, elles suscitent toutefois aussi
les compétences des travailleurs sociaux ; (accès aux
droits, ouverture de droits ex : API, RMI) ; les évolutions du
travail social vont aujourd’hui vers un travail plus ciblé,
et plus solidaire utilisant le partenariat entre organismes sociaux,
autant qu’individuel ; il s’exerce à différents
niveaux et fait appel à une notion plus généraliste
utilisant une gamme d’intervenants plus variée.

La profession de travailleur social amalgame aujourd’hui
divers champs, des interventions aux modalités différentes
 ; en raison des classifications administratives il intègre tout
autant les domaines éducatifs (professionnels existants dans
l’école maternelle) qu’éducateur socio-culturels,
métiers du handicap (aspects sanitaires).

Parallèlement au développement des services
à la personne (aide aux personnes âgées depuis les
années soixante-dix) on assiste, appuyés ensuite par les
concepts de solvabilisation confortés par les mesures prises
en matière fiscales, à l’émergence et à
la croissance des emplois familiaux (1987) ; on observe un développement
des fonctions autour du domicile (aide à domicile) et des intervenants
(assistantes maternelles).

Des outils nouveaux sont aujourd’hui mis en place
 ; ils interviennent plus au niveau curatif : fonds d’impayés,
FSL, lutte contre l’illettrisme (ce qui met en jeu rôle des
associations aussi), aspects portant sur la santé.

Que fait le travail social ?

R. LAFORE (Colloque CQFD) "Il prend en compte les
situations pour les adapter, joue un rôle d’intermédiation,
par un travail entre la norme et le fait, entre ce qui doit être
et ce qui est".

Approche du travail social aujourd’hui vue
du côté des familles

Le travail social ne s’adresse pas seulement aux
plus défavorisés, même s’il agit en lien avec
les problèmes d’exclusion ; (Cf rapport de l’ODAS sur
la maltraitance) de plus, la politique sociale en direction des familles
inclut des aspects sociaux et non familiaux (en raison du contexte social)
 ; l’approche plus généraliste s’avère
aujourd’hui nécessaire : accès général
aux droits qui réduit les difficultés, le souci de rendre
les outils plus démocratiques, (ex : l’accès aux
NTIC qui demeure de fait conditionné par l’accès
au travail mais n’est pas non plus dépendant) doivent être
envisagés, les effets des changements de situations, et les inégalités
économiques et sociales en résultant rendent l’approche
des difficultés toutefois moins évidentes. Les problèmes
des conditions d’accès à l’emploi, aux outils
de savoir, à l’insertion doivent être aussi pris en
compte tout autant que la nécessité de diagnostic et d’analyses
en partenariat avec les différents acteurs sociaux (DRASS, PRAPS,
CAF...).

Si les besoins demeurent, dans les champs sociaux qui
relèvent aussi des interventions des travailleurs sociaux, éducateurs,
pour le curatif, intervenant par exemple en cas de surendettement, subsiste
donc aussi ce qui ressort du préventif (v prévention par
l’accès aux droits, aux outils et dans le cadre des politiques
 : ex : de la petite enfance), et par le rappel des devoirs venant aussi
des responsables (politique de la ville) aspects relevant de la consommation
et de l’éducation des familles, également l’accès
aux services, aux loisirs, aux vacances, au logement, à la santé
et aux droits fondamentaux, à la culture, au travail et auprès
des familles dans leurs approches des difficultés ? Quelles responsabilités,
l’Etat, les institutions, les familles ? Face à cette banalisation
du risque.

Comment l’aborder aujourd’hui ?

Les évolutions des approches, des modèles,
au départ centralisé, à celui moins centralisé,
les politiques menées conduisant à repenser les métiers,
l’évolution vers les délégations de services,
le développement de la contractualisation, la territorialisation,
ont conduit à revoir aussi les logiques professionnelles et d’organisation
(en raison du poids des structures), à intégrer la nouvelle
question sociale à laquelle sont confrontés les travailleurs
sociaux, à envisager des évolutions du travail social,
à repenser sa sphère en y intégrant les outils
et méthodes utilisés, en fonctions d’autres approches
(politique de la ville) ; la notion s’ouvrant à une définition
plus vaste d’intervention sociale ; l’intervention de l’Etat
n’étant plus directe, l’usager étant pris en
compte dans ces politiques.

Vers quels types d’emplois s’achemine-t-on,
vers lesquels doit-on évoluer ? Quelles mises en application
possible ?

L’observation des emplois et des qualifications faite
à la demande des pouvoirs publics a abouti à redéfinir
le champ des professionnels et des qualifications.

A été observé en quoi des aspects
plus généraux, plus conformes à la demande sociale
(au sens large) prise en dehors des métiers spécifiques
et des classifications (Cf ce qui se réfère aux emplois
nouveaux : médiateurs, emplois jeunes), relèvent désormais
du travail social, méritent d’être interrogés
plus en profondeur.

Les conceptions mêmes du métier (sa façon
de l’exercer aussi ) tendent à évoluer.

Quels apports jusqu’à maintenant ont eu l’UNAF,
les mouvements familiaux ? Quel rôle des militants familiaux est
possible dans le jeu de l’intervention sociale ?

En fonction de quels besoins et des attentes ?

Faut-il entrer dans la sphère privée ? Familiale
 ?

Quels objectifs lui assigner ? Le travail social devrait
aider la famille, l’entourage de l’enfant comme la famille
à surmonter ses difficultés et s’exercer en urgence
au départ des difficultés.

Le travail social et les aspects portant sur la nature
des échecs (individuels, collectifs) aussi afin de remonter aux
causes est nécessaire ; ce qui interroge sur la conception du
métier et ses évolutions ; la façon d’exercer
le métier aussi comptant autant que le travail lui même
 : métiers du domicile, de l’insertion, du handicap, parentalité
(supposant un travail en amont auprès des familles...).

Une approche portant sur les problématiques générales
et sur l’environnement de la personne ou du groupe de personne
par l’examen de leurs conditions de vie est à envisager
aussi : vie quotidienne : conditions d’habitat, accès aux
loisirs, à la culture , contexte familial.

Les aspects portant sur les services doivent être
aussi interrogés : services aux personnes qui permettraient d’accroître
un potentiel à condition qu’ils soient acceptés (sorte
de libération de l’individu vers plus de bien-être
 ; supports obligés en cas de dépendance, utilisation de
chèques services, mise en jeu de la solidarité et soutien
des associations...).

Ce travail suppose l’intégration des aspects
portant sur le soutien des solidarités, la satisfaction des besoins,
au niveau local, territorial, et plus globalement le développement
de l’économie solidaire - ce champ pouvant apporter un plus
par la prise en compte de la place de l’humain et de ses besoins
et dans les choix (développement durable) - et la reconnaissance
d’un besoin de sens.

Il suppose également la reconnaissance du bénévolat
(valorisation, formation), une meilleure synergie associant les niveaux
d’intervention en lien avec les nouveaux profils du travail social
(animation, médiation, expertises) et l’évolution
des qualifications plus classiques (ex :conseillères en économie
sociale et familiale, sensibilisation des réseaux, formations
concernant l’exclusion, l’insertion économique et sociale).

Cette approche, en terme de solidarité doit intégrer
aussi les échelons territoriaux de l’Etat : programmes génériques
 : lutte contre l’illettrisme, les discriminations, pour l’accès
aux droits, aux services et fonctions collectives (prévention
, citoyenneté, etc...).

 

Haut de page