UNAF - L’UNAF était présente au colloque national « Concilier vie privée et vie professionnelle : santé, égalité et organisation du travail en questions »

Qualité de vie au travail

L’UNAF était présente au colloque national « Concilier vie privée et vie professionnelle : santé, égalité et organisation du travail en questions »

15/07/2014

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L’UNAF, représentée par Myriam Bobbio, Coordonnatrice du pôle « Économie - Consommation et Emploi », a assisté au colloque national « Concilier vie privée et vie professionnelle : santé, égalité et organisation du travail en questions », organisé par l’ANACT (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) dans le cadre de la semaine pour la qualité de vie au travail. Les résultats d’une enquête sur la conciliation ont été présentés, suivis d’une analyse et des propositions de l’ANACT sur les questions d’organisation du travail dans l’entreprise. Dans une second temps, un focus sur la conciliation en Ile-de-France a permis de mettre en exergue une problématique particulière et présenter les initiatives des télécentres.

Enquête sur la conciliation réalisée par la TNS Sofres pour l’ANACT L’enquête sur la conciliation réalisée par la TNS Sofres pour l’ANACT confirme et éclaire les résultats du baromètre 2014 UNAF-OPE

LA CONCILIATION EST UN CRITÈRE ESSENTIEL
• Quels que soient leur âge, leur sexe, leur configuration familiale, leur catégorie socioprofessionnelle, le secteur d’activité et la taille de leur entreprise... les salariés interrogés s’accordent pour positionner équilibre vie privée/vie professionnelle et intérêt du travail en tête des facteurs de satisfaction professionnelle.
MAIS DIFFICILE A GERER AU QUOTIDIEN
55% des parents salariés estiment qu’il leur est difficile de s’occuper de leurs enfants comme ils le souhaiteraient et 49% des salariés s’inquiètent de ne pas passer suffisamment de temps avec leur conjoint.
• 63% des salariés ne peuvent pas ou difficilement se consacrer à des activités associatives, sportives ou artistiques.

ALORS QU’UN BON ÉQUILIBRE EST GAGNANT-GAGNANT
• Trois quarts des salariés sont convaincus qu’un bon équilibre profite aussi bien aux salariés qu’aux entreprises (diminution du stress, baisse du taux d’absentéisme, plus grande implication des salariés, efficacité renforcée, gain de productivité, amélioration de la qualité, etc.)

Dernier résultat quelque peu troublant : l’enjeu de conciliation est tellement important que plus des trois quarts des salariés envisageraient de travailler (travaillent actuellement ou ont déjà travaillé) selon des horaires atypiques afin de mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle… tout en ayant conscience que cela peut avoir des effets néfastes pour la santé.

Approche organisationnelle du compromis temporel

Florence Loisil (ANACT) a insisté sur le rôle des entreprises dans la conciliation. La conciliation ne doit plus être affaire d’arrangement individuel, opéré dans la sphère privée mais doit être envisagée comme une affaire d’organisation et de conditions de travail dans l’entreprise. Les entreprises et les salariés confrontés en permanence à « un compromis temporel », très bien illustré par ce schéma, doivent trouver des solutions.

Cette conciliation des temps apparaît aujourd’hui comme un levier majeur pour l’amélioration de la qualité de vie au travail perçue comme une question de santé, d’égalité et d’organisation du travail. Ce thème est présent dans l’Accord national interprofessionnel (ANI) sur la Qualité de Vie au Travail (QVT) signé en juin 2013 et renforcé par la loi du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle. L’analyse détaillée, ainsi que des exemples d’entreprises sont disponibles dans La conciliation des temps, une question à plusieurs dimensions

Table ronde avec des approches plurielles (Pascal Barbier, sociologue, Université catholique de Louvain ; Brigitte Grésy, Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ; Clémence Helfter, responsable de la commission femme mixité de l’Ugict CGT ; Sophie Prunier-Poulmaire, maître de conférences en ergonomie, Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense)

Lors de cette table ronde, Mme Prunier-Poulmaire a rappelé que, selon une enquête de la DARES, seulement 37% des salariés ont des horaires de travail « normaux » (adaptés aux rythmes biologiques et sociaux). Les autres, près de deux salariés sur trois, travaillent selon des horaires « atypiques » (travail de nuit ou le week-end, travail à temps partiel, horaires imprévisibles ou décalés, semaines irrégulières, etc.). Pour s’adapter aux contraintes du marché, les rythmes de travail se sont profondément modifiés (le travail de nuit a doublé en 20 ans), allant à l’encontre des rythmes biologiques. Cela a des conséquences importantes sur la santé des salariés. Les employeurs doivent être en capacité de :
• Réinterroger la pertinence du travail de nuit pour leur production (du 3*8 au 2*8)
• Adapter les horaires atypiques (de début et de fin) en lien avec les transports
• Limiter l’imprévisibilité des temps de travail (10% des salariés ne connaissent pas leurs horaires pour la semaine à venir)

Mme Grésy propose l’instauration d’un droit à la parentalité tout au long de la vie, à l’image du droit à la formation tout au long de la vie. Des comparaisons européennes sont possibles à partir de l’enquête européenne sur les conditions de travail (EWCS) et ne placent pas la France parmi les meilleurs élèves de l’articulation des temps.

Par ailleurs, on constate une dégradation : 4 salariés français sur 10 déclaraient en 2000 que leurs horaires de travail s’accordaient très bien avec leurs engagements sociaux et familiaux, il ne sont plus que 3 salariés sur 10 dans ce cas en 2010.

Focus sur la conciliation en Ile de France

Une brochure avec les données clés est disponible. On y apprend notamment que la moitié des salariés franciliens à temps plein sont absents de leur domicile plus de 10 heures par jour contre 30% des salariés des autres régions.

Une réponse possible dans une région saturée par ses transports est le travail à distance. Il y a actuellement 20 projets d’espace collaboratifs en Ile de France, 15 déjà ouverts dont 6 en Seine et Marne.

Une étude de la Caisse des dépôts sur le télétravail évalue à 73 minutes le gain sur le temps de transport d’une journée télétravaillée. Au lieu d’être perdu dans les transports, ce gain est réinvesti pour le salarié comme suit :

Les entreprises dont les salariés télétravaillent bénéficient d’une hausse de 13% de la production due à trois effets principaux : la baisse de l’absentéisme, l’augmentation des heures de production et de la productivité journalière.
Pour les collectivités locales, un télécentre dans une commune, c’est une augmentation de la population (+ 56 habitants) et aussi des créations d’emplois.

@ : mbobbio unaf.fr


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