UNAF - L’UNAF était présente au colloque « Négocier l’articulation des temps sociaux »

L’UNAF était présente au colloque « Négocier l’articulation des temps sociaux »

20/10/2014

Image : horloges superposées

L’UNAF, représentée par Jean-Philippe Vallat, sous directeur des recherches, études et actions politiques et Myriam Bobbio, coordonnatrice du pôle « Économie - Consommation et Emploi », était présente aux journées d’études « Négocier l’articulation des temps sociaux », organisées les 2 et 3 octobre 2014.

Ces journées organisées par le réseau « Articulation vie familiale/ vie professionnelle et Temps Sociaux » de l’association française de sociologie avaient pour objet de repérer les contextes et les trames des négociations, formelles et informelles, autour de l’enjeu de l’articulation des temps sociaux à
différents niveaux de l’agir social (famille, entreprise, pouvoirs publics, territoires,…).

Différents ateliers ont été proposés :

Petits et grands arrangements en famille(s)

• Benjamin Saccomano (CERTOP- Maison de la Recherche, Toulouse) a présenté son étude sur « Engagements familiaux et professionnels : formes particulière d’une négociation conjointe ».
Il a interrogé 44 adultes engagés dans une reconversion professionnelle et analysé au sein du foyer quel impact de cet engagement dans un programme de formation qualifiante d’une année.

• Nathalie Burnay (Université de Namur ; IACCHOS, Université catholique de Louvain Belgique) a présenté le dispositif de crédit-temps senior mis en place en Belgique.
Ce dispositif offre la possibilité aux travailleurs, à partir de 50 ans, de bénéficier soit d’une réduction de travail à mi-temps, ou à 80%. Pour ces travailleurs, le crédit-temps n’est pas limité dans le temps et permet ainsi de gérer cette réduction du temps de travail sur une longue période. Une indemnité d’interruption vient compléter le salaire. De plus, ce statut permet au travailleur qui en bénéficie de conserver ses droits sociaux pendant toute la période. Ce dispositif a connu un très fort succès de 8 000 à 88 000 bénéficiaires en 2012, le gouvernement en a restreint l’accès. Il permettait notamment aux travailleurs usés par le travail et aux salariés aidants familiaux de pouvoir continuer de travailler.

• Myriam Chatot (EHESS) a étudié 21 pères au foyer et intitulé sa présentation « lorsque les hommes endossent la charge de l’articulation vie professionnelle/vie familiale ». Elle distingue 3 types de père : le père empêché, le père occupé, et le père investi.

• Benoît Hachet (IRIS Paris) analyse la négociation des temps de résidence alternée des enfants après une séparation ou un divorce. Ces négociations se réalisent sous fortes influences : les contraintes scolaires, les contraintes professionnelles, les professionnels du secteur médico-social, les acteurs du système judiciaire, la famille, les grands-parents, éventuellement les conseils d’autres parents déjà alternants.

Négociations des politiques temporelles dans les territoires

• Jean-Yves Boulin a présenté les politiques temporelles dans les territoires. Nées en Italie, au milieu des années 80 dans leurs principes théoriques et à partir des années 90 dans leurs développements concrets, les politiques des temps répondent à l’enjeu de maîtrise du temps, principalement à travers le concept d’accessibilité.
L’accessibilité peut se décliner au plan temporel (horaires d’ouverture et articulation entre les différents systèmes d’horaires), spatial (localisation des services), conceptuel (guichets uniques, bouquets de services, offres nouvelles), économique (coût des services) et morphologique (une articulation temps/espace qui favorise une plus grande égalité des usages du temps pour l’ensemble des catégories sociales, qui soit porteuse de cohésion sociale et non plus d’exclusion). Les enjeux portés par ces politiques sont de trois ordres : la qualité de vie, l’égalité et la cohésion sociale, et le développement durable.

Plusieurs exemples français ont été présentés

A l’occasion de la réforme des rythmes scolaires, qui a modifié en profondeur les rythmes de vie locaux et le fonctionnement du territoire, la ville de Montpellier s’est lancée dans l’élaboration d’un Schéma Directeur Temps et Territoire (SDiTT).

Plusieurs collectivités locales se sont lancées dans une résolution des problèmes d’hyperpointe par une action de politiques temporelles. Ainsi, Rennes, Montpellier et Poitiers ont travaillé avec leurs universités afin de décaler l’heure de début des cours et désengorger les transports en commun. Cela a exigé la mise en place d’une vraie concertation.

A Poitiers, l’agence des temps a mis en place un guichet unique pour la rentrée scolaire : fin août, début septembre, de 16 heures à 19 heures, tous les services ayant un lien avec le scolaire sont réunis dans une même enceinte.

Une enquête a été menée pour connaitre les pratiques et aspirations au regard du dimanche dans la ville de Brive. A la question « Que souhaiteraient faire les habitants de Brive le dimanche », sans induire de réponse à priori, comme cela est si souvent le cas dans les enquêtes sur l’ouverture des commerces le dimanche, les répondants privilégient d’abord des activités conviviales pouvant donner lieu à des rencontres (28%), puis à égalité des activités culturelles et des activités sportives (23%). Les achats et le shopping n’arrivent qu’en quatrième position (4%).

A Paris, certains ministères ont mis en place des horaires continus pour les agents de propreté qui interviennent désormais pendant les « heures de bureau », évitant ainsi les horaires tardifs et fractionnés et permettant l’accès à un temps plein.

Ces exemples sont disponibles dans le rapport du Sénat qui vient de sortir : « Les politiques temporelles des collectivités territoriales ».

La « conciliation » dans les négociations collectives

• Carole Blond-Hanten (GIRSEF, Université de Louvain) a fait un focus sur l’articulation des temps sociaux à travers la négociation collective au Luxembourg, en recensant les dispositions du droit international, européen, national et les conventions collectives.

• Delphine Brochard & Marie-Thérèse Letablier (Centre d’économie de la Sorbonne, Université Paris 1) ont présenté leur enquête sur « Les dispositifs d’entreprise en direction des familles ».

• Alexandra Garabige (Centre d’Etudes de l’Emploi) & Loïc Trabut (Ined, CEE) étudient à partir du travail des aides à domicile, la négociation des temps sociaux dans une organisation contraignante.

• Florence Loisil (ANACT) a mis en avant l’importance de l’approche organisationnelle des compromis temporels. La conciliation doit concerner toutes les catégories professionnelles, elle doit être réfléchie de façon transversale, et les dispositifs mis en place peuvent bénéficier à tous. Les enjeux pour l’entreprise sont la lutte contre l’absentéisme, l’usure professionnelle, les risques psycho-sociaux, les TMS, la baisse de qualité de service, la perte de contrôle sur les délais, la difficulté de gestion des plannings pour les managers, etc...

Du côté du salarié, les enjeux portent sur le retrait du marché du travail, les problèmes de santé, les différents renoncements (au 1er enfant, à l’enfant supplémentaire, à la carrière,…), les relations familiales et affectives, le manque de satisfaction au travail.

Pour accéder aux résumés des communications

@ : mbobbio unaf.fr


Image : Image : horloges superposées
Haut de page