UNAF - Séance plénière du Conseil économique, social et environnemental : Révolution numérique et évolution des mobilités individuelles et collectives & Nouvelles monnaies : les enjeux macro-économiques, financiers et sociétaux

Séance plénière du Conseil économique, social et environnemental : Révolution numérique et évolution des mobilités individuelles et collectives & Nouvelles monnaies : les enjeux macro-économiques, financiers et sociétaux


20/04/2015

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A l’ordre du jour de la session des 14 et 15 avril 2015 du Conseil économique, social et environnemental, étaient inscrites les questions suivantes :
• Révolution numérique et évolution des mobilités individuelles et collectives (transport de personnes).
• Nouvelles monnaies : les enjeux macro-économiques, financiers et sociétaux

DECLARATIONS ECRITES DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Révolution numérique et évolution des mobilités individuelles et collectives (transport de personnes)

Le présent avis constitue une expertise remarquable, mais aussi une contribution essentielle au débat public. Il convient vraiment que tous les acteurs publics et privés s’en emparent et en tirent tous les enseignements.

L’imaginaire attaché au véhicule individuel est en mutation. Le symbole de liberté s’estompe et ses aspects négatifs sont plus souvent soulignés : encombrements, difficultés de stationnement, coût, pollution … Le développement du numérique notamment dans le domaine des transports agit comme une véritable lame de fond et le présent rapport en détaille toutes les potentialités. Les recommandations de l’avis s’inscrivent dans l’anticipation, pour accompagner ces mutations. Il s’attache surtout à faire de ces changements un facteur du progrès économique et social tout en garantissant les libertés individuelles mais aussi l’accès de tous à ces outils de la mobilité. Cet avis éclaire d’un nouveau jour les mots d’Albert Camus, « la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ».

Le Groupe de l’UNAF partage dans leur ensemble les six axes de propositions et souhaite porter l’attention sur quelques-unes en raison de leur proximité avec la vie quotidienne des familles.

Tout d’abord, l’égalité d’accès aux transports en portant une attention particulière sur les territoires périurbains et ruraux doit être une priorité des collectivités locales. C’est le désenclavement de certains territoires, qui est en jeu. La préconisation visant à mettre en place des centrales de mobilité directement par les collectivités ou par une délégation de service public doit être encouragée.

La réflexion sur les déplacements évitables est également intéressante à mener notamment au travers, par exemple, d’un nouvel élan pour développer le télétravail.

Optimiser les apports du numérique pour conforter les services collectifs de transport est une garantie pour les familles d’un meilleur service. L’information multimodale en temps réel participe à la qualité de service globale d’un système de transport, et contribue à un meilleur usage des capacités offertes par les transports collectifs avec un gain de temps.
Sur le sujet de la protection des libertés individuelles, le Groupe de l’UNAF partage la recommandation, qui demande le respect de « l’opt-in actif » reconnu par la loi. Chacun doit absolument pouvoir rester maître des informations qu’il veut recevoir et donner de manière explicite l’autorisation d’utiliser son adresse à des fins commerciales. Ainsi le débat sur la « géolocalisation » se développe à juste titre.

Enfin, l’avis pose l’interrogation sur les règles à établir en matière de fiscalité de cette nouvelle économie collaborative avec l’essor de l’autopartage ou du covoiturage. Pour le Groupe de l’UNAF, il est bien sûr important de réfléchir à cette question pour assurer des recettes suffisantes pour financer les infrastructures et les services publics. Mais il convient tout autant de la conduire en examinant et en évaluant ses incidences sur le pouvoir d’achat des familles.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

Nouvelles monnaies : les enjeux macro-économiques, financiers et sociétaux

Le Groupe de l’UNAF souligne le travail accompli relatif à un thème, objet d’interrogations. Si tous les aspects de ces nouvelles données sont examinés, analysés avec soin, il n’en demeure pas moins que nous restons perplexes sur la nécessité d’ajouter à la monnaie officielle, une monnaie complémentaire à disposition des consommateurs.
A l’origine était le troc, par la suite et très rapidement, sont apparues des formes de monnaies locales. L’histoire nous montre que les voyageurs entrant dans une ville étaient dans l’obligation de changer leur monnaie pour acquérir la monnaie locale seule acceptée par les commerçants du lieu. Par la suite ces différentes monnaies ont été supprimées pour une uniformité sur le plan national et être remplacées par une monnaie nationale unique, le Franc. L’Europe arrive : nouvelle étape. Pour la libre circulation des biens et des personnes à l’intérieur des frontières de l’Europe, l’Euro est utilisée partout et pour tous.

Le retour à la monnaie locale est un éclatement de cet effort pour parvenir à une monnaie unique et un retour aux particularismes. L’avis analyse parfaitement cette situation et le Groupe de l’UNAF retient surtout les réserves qui sont formulées sur les raisons et les éventuels bienfaits de ces nouvelles monnaies.

L’avis rappelle ce qui a pu motiver, pour certains, les créations diverses et variées de ces monnaies locales :

  • le lien social. Mais cette affirmation est-elle vraiment réelle ?
    Y a-t-il l’adhésion du plus grand nombre ? Le risque n’est-il pas plus grand de voir se développer la fraude aux prélèvements obligatoires peu compatible avec la cohésion sociale ?
  • le développement des transactions et activités à l’intérieur d’un secteur déterminé. Si ces nouvelles monnaies ne sont pas obligatoires, comment peut-on être certain du développement des transactions ?

Comment peut-on considérer qu’une nouvelle monnaie puisse permettre de s’adapter à la société, aux nouveaux besoins des utilisateurs, puisse créer une offre complémentaire ou différente de celle réglée par la monnaie traditionnelle ainsi que créer ces monnaies complémentaires permettrait de répondre à des besoins jusqu’alors insatisfaits ?

Il est vrai que ces nouvelles monnaies, tant par leur diversité que par leur nombre ne sont pas significatives et ne représentent pas une masse appréciable en terme de nombre de transactions mais également de montant.
Est-ce dans l’intérêt des familles de voir se diversifier les monnaies pour leurs achats dans le commerce de proximité ? Par ailleurs, le Groupe de l’UNAF s’interroge sur l’avantage mentionné dans l’avis : « le rôle éducatif et pédagogique de ces nouvelles monnaies peut être souligné. Il peut favoriser une appropriation par les citoyens de décisions concernant la monnaie et, par-là, une extension de l’exercice de la démocratie ».

Le Groupe de l’UNAF partage les interrogations de l’avis concernant les mécanismes de spéculation, les coûts de fonctionnement, les difficultés d’accès aux monnaies complémentaires virtuelles. La confiance n’est pas au rendez-vous et, pour être généralisées, ces monnaies devraient respecter les mêmes règles et précautions que les monnaies souveraines.

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

@ : cmenard unaf.fr


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