UNAF - L’UNAF a participé au séminaire « L’investissement social : quelle stratégie pour la France ? »

L’UNAF a participé au séminaire « L’investissement social : quelle stratégie pour la France ? »

18/07/2016

L’UNAF a participé le 21 juin dernier à la séance « Investir pour l’articulation vie familiale vie professionnelle et l’égalité entre les femmes et les hommes ». Christiane Therry, administratrice de l’UNAF et Myriam Bobbio, coordonnatrice du Pôle « Economie, Consommation et Emploi » ont participé à cette cinquième séance du séminaire « L’investissement social : quelle stratégie pour la France ? ». Ce séminaire était organisé en partenariat par la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), la Direction générale de la Cohésion sociale (DGCS), la Fondation Apprentis d’Auteuil, France Stratégie (Commissariat général à la stratégie et à la prospective) et le Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (LIEPP Sciences-Po).

Les inégalités hommes-femmes et l’investissement social

Hélène Périvier (OFCE) a proposé une perspective critique de l’investissement social. Pour le CESE, il s’agit d’instaurer un cercle vertueux permettant de limiter les dépenses sociales et d’accroître les recettes pour la protection sociale.Mais justifier ou défendre les politiques par leur rentabilité peut être une stratégie dangereuse. En effet, si une politique n’est pas ou plus jugée rentable, on ne la fait pas ? si elle n’est pas rentable pour tous les enfants, on ne la fait pas ? L’investissement social qui peut sembler une approche pragmatique de défense de l’Etat social peut devenir un outil de sélection des projets sociaux. Pour retrouver sa présentation “Les politiques de “conciliation” et l’égalité femmes hommes et le développement social“.

Olivier Thévenon (OCDE) après avoir dressé un tableau des inégalités Femmes-Hommes, a avancé des propositions

Constats : Moins les personnes sont diplômées, plus les écarts de taux d’emploi entre les sexes sont importants (entre 30 et 45% des cadres sont des femmes en France). Les écarts de salaire hommes/femmes persistent, surtout en haut de la hiérarchie. Extrait de la publication Dares « Ségrégation professionnelle et écarts de salaires femmes-hommes » :

Actions :
- Faciliter l’accès des Femmes aux filières scientifiques et encourager l’orientation des Hommes vers des métiers sociaux
- Politiques de congés (en particulier amélioration des droits à congés pour les pères)
- Réduire les inégalités d’accès aux services de la petite enfance. (Les travaux de l’INED soulignent l’impossibilité du libre choix : L’accueil en crèche en France : quels enfants y ont accès ?
- Promouvoir l’accès des Femmes aux postes de direction
Pour retrouver la présentation : “L’égalité hommes-femmes comme facteur de croissance économique : que peuvent les politiques ?“.

Mme Therry a souligné que les problèmes de garde existent aussi après la petite enfance, obligeant certaines femmes à continuer à travailler à temps partiel.

Danielle Boyer (Observatoire national de la petite enfance, CNAF) est intervenue sur “Impacts des congés parentaux pris par les mères et les pères sur leur vie professionnelle et familiale“.

Delphine Brochard (Université Paris 1) a présenté à partir de son étude sur Les dispositifs d’entreprise en direction des familles, la portée et facteurs explicatifs de l’implication des entreprises dans l’articulation vie professionnelle-vie familiale. La France est un pays ou les entreprises s’impliquent peu, car l’implication de l’Etat est importante. L’implication repose plus sur la contrainte légale que sur l’initiative des entreprises. Dans ce domaine, le renouvellement de l’action publique s’est opérée par :

- L’instauration du Crédit impôt famille
- Le soutien à la création de labels, de chartes, d’observatoires
- L’Inclusion du thème « Articulation » dans l’obligation annuel de négocier
Dans les accords qui ont été étudiés, 3 grands registres d’action ressortent :
- L’extension des droits relatifs aux congés ou les autorisations d’absence : ce sont des aides ponctuelles
- L’organisation du temps de travail : le plus souvent, cela se traduit par un engagement à prendre en considération le fait familial pour l’accès à des dispositifs déjà existants dans l’entreprise
- La mise en place d’aides ou de services pour les salariés parents, mais elle est peu fréquente.

Les salariés restent relativement muets sur leurs besoins de conciliation : certains se sont retirés du marché du travail, d’autres sont à temps partiel, ceux qui restent ne revendiquent pas, et de plus leurs besoins sont très hétérogènes.

Pour que le thème soit présent dans l’entreprise, il faut des femmes fassent parties des équipes syndicales.

Christel Gilles (France Strategie) a présenté les premiers résultats d’une étude commandée par le premier ministre sur les « coûts des discriminations en France »
Les écarts de probabilité d’être en activité, d’être au chômage, les écarts de salaires à poste donné sont analysés sur un échantillon de 25 000 personnes.

Thomas Bréda (Paris School of Economics) a exposé ses travaux sur “Féminisation et performances économiques et sociales des entreprises“, en rappelant en préambule qu’au-delà des questions de performance économiques, il était question pour notre société du partage du temps de travail, et du temps disponible pour une vie de famille.

L’intervention de Vanessa Winsnia-Weill (France Stratégie) sur les “Les expériences françaises et étrangères innovantes en faveur de l’articulation vie professionnelle et familiale“ fournit des idées pour la future campagne présidentielle, notamment celle du « Right to request » anglais qui pourrait permettre de sortir d’une insuffisante diffusion de bonnes pratiques dans les entreprises françaises.

Antoine de Gabrielli (Happy Men) initiateur du projet Happy Men a expliqué sa démarche. Partant du constat que pour 54% des femmes le plafond de verre vient des préjugés des hommes, alors que la majorité du budget des grandes entreprises pour l’égalité professionnelle concerne les préjugés des femmes : séances de coaching, quota, etc., il a décidé de construire un réseau interentreprises d’hommes : les happy men (13 partenaires en juin 2016). Il a insisté sur l’importance de modifier le regard : quand un homme pourra demander à son manager son mercredi ou un congé parental sans être stigmatisé ou dévalorisé, l’accès aux postes à responsabilité pour les Femmes aura beaucoup avancé ! Le droit moral de demander (« right to request »), quelque soit son sexe est essentiel. Cette présentation “L’articulation vie professionnelle-vie familiale : une question pour les hommes également“ fait écho à la récente publication de l’observatoire des familles « Etre père aujourd’hui » (47 % des pères disent ne pas passer assez de temps avec leurs enfants, dont les ¾ évoquent le travail comme cause de ce manque de temps.)

Quatre présentations ont conclu la journée :
- “L’exemple des crèches à vocation d’insertion professionnelle” présenté par Mara Maudet (Institut d’éducation et des pratiques citoyennes IEPC)
- La question de l’”Evaluation des expérimentations territoires d’excellence pour l’égalité“, abordée par Yannick L’Horty (UPEM, TEPP-CNRS)
-“La question de l’équilibre vie professionnelle et vie privée” chez BNP Paribas, présentée par Barbara Levéel (BNP Paribas)
- Les résultats du baromètre 2016 de la conciliation entre vie professionnelle, vie personnelle et familiale, résultats du volet salariés l’Observatoire de l’équilibre de temps et de la parentalité en entreprise en partenariat avec l’UNAF, ont été présentés par Catherine Boisseau-Marsault (OPE).

Site à consulter

@ : mbobbio unaf.fr


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