UNAF - L’UNAF : un modèle singulier et pluriel, tourné vers l’avenir

Réalités Familiales n°112/113

L’UNAF : un modèle singulier et pluriel, tourné vers l’avenir


31/08/2016

Illustration article

Par Guillemette Leneveu
Directrice générale de l’UNAF

Singulière et plurielle : telle est l’UNAF qui constitue un modèle d’une grande modernité pour faire face aux enjeux de cohésion sociale de la société ; un modèle qui correspond à l’aspiration générale des citoyens d’être davantage écoutés et reconnus comme des acteurs, plutôt que comme des usagers et des consommateurs ; un modèle qui devrait irriguer davantage le mode de décision public qui dysfonctionne parfois par l’absence de débats préalables et d’évaluation. L’enjeu pour l’UNAF est tout autant de mettre en valeur cette singularité, que de moderniser son approche dans l’exercice de ses missions.

Singulière et plurielle : telle est aussi la politique familiale « à la française » que l’UNAF entend continuer à promouvoir - malgré les contraintes financières qui ont réduit les ambitions de cette politique - avec le souci permanent de son adaptation à la réalité de vie des familles, et à l’évolution de leurs attentes.

Parce qu’elle est à la fois unique en son genre, et plurielle par sa composition et ses domaines d’intervention, l’UNAF est parfois difficile à situer. Faire son « pitch », c’est mettre en avant son caractère inclassable : « Institution crée par la République mais association loi 1901. Organisme de droit privé mais poursuivant des missions d’intérêt général. Indépendante mais bénéficiant de financements publics assurant la pérennité de son action. Pluraliste par son regroupement d’associations familiales de toutes sensibilités mais parlant d’une même voix au sein de l’Union. Défenseuse des intérêts des familles mais partenaire des pouvoirs publics. A fêté ses 70 ans mais en perpétuelle évolution ».

Le modèle de démocratie sociale incarné par l’UNAF fait figure de singularité dans une société française fracturée, où les différences se côtoient de moins en moins, où le dialogue et l’écoute semblent de plus en plus difficiles, où les problèmes sont abordés de manière trop souvent binaire. Militer ou travailler au sein de l’UNAF, c’est, à l’inverse, vivre l’expérience du pluralisme des sensibilités, une expérience d’autant plus enrichissante qu’elle fait dialoguer entre-elles des personnes venues de tous horizons, géographiques, socio professionnels, culturels, politiques, croyants, athées, pour converger vers une prise de position commune : celle de l’Institution. Peu nombreux sont les organismes où se vivent de telles différences. Cette alchimie au sein de l’UNAF fonctionne d’autant mieux, quand elle produit des prises de position qui dépassent les convictions individuelles, pour se situer à un niveau supérieur, celui de l’intérêt général, tout en respectant et en faisant valoir la diversité des points de vues internes.
Alors que la relation entre le citoyen et le politique semble bloquée, l’UNAF incarne un autre mode de dialogue. Dans ses relations avec les pouvoirs publics, elle est un partenaire responsable car, animée d’un esprit constructif, elle cherche des solutions et dépasse les désaccords pour demeurer force de propositions. Elle est aussi un partenaire exigeant qui a des convictions fortes sur la pérennité de la politique familiale, et qui défend l’ensemble des familles et pas seulement certaines d’entre-elles. Son statut lui permet une liberté de parole, une vigueur de dialogue, mais aussi la volonté d’avancer, qui sont les conditions mêmes d’une démocratie sociale réussie.

Là où l’action publique est cloisonnée, où le court terme est privilégié, où la norme prend le pas sur l’innovation, l’UNAF défend un autre mode d’action. Polymorphe, s’inscrivant dans la durée, elle intervient dans un champ très large de sujets, qui dépassent les périmètres administratifs et les changements de dirigeants politiques. Sa spécificité majeure est le caractère global de sa réflexion et de son action. La diversité des thématiques abordées lui permet de nourrir ses actions et ses prises de positions d’un croisement des expertises sectorielles. Elle se revendique ainsi d’être la « spécialiste de l’approche globale ». Elle y est aidée par la gestion par son réseau, d’activités dans les domaines les plus variés : soutien à la parentalité, médiation familiale, logement, petite enfance, jeunesse, accompagnement des familles vulnérables, protection juridique des majeurs, protection de l’enfance, éducation budgétaire, microcrédit personnalisé, etc. Au total, les UDAF regroupent plus de 70 types d’activités différentes gérées par des bénévoles et des salariés, sans compter l’intervention multiple des associations familiales. Ils sont souvent confrontés à des situations sociales et humaines complexes : le handicap, la dépendance, les difficultés économiques et d’emploi, les séparations conflictuelles, autant de problématiques qui permettent d’enrichir la connaissance de l’UNAF sur les réalités de vies des familles, avec leurs points communs et leurs spécificités selon les territoires.

S’affirmer en qualité d’expert et de contre-expert des réalités de vie des familles

Bien souvent, les pouvoirs publics privilégient le recours à des « experts » issus des administrations ou du monde universitaire, dans la participation à leurs travaux, parfois au détriment des représentants des familles et des personnes concernées. Leurs approches privilégient, soit l’installation de conseils détenteurs d’une expertise technique peu contestable mais parfois coupée des réalités de vie, soit le recours parfois excessif à une « parole des personnes » (usagers, « panel de parents » tirés au sort, etc.) dont rien ne garantit qu’elle soit autre chose qu’une parole isolée et atypique.

Il y a pourtant place à une expertise spécifique, celle de l’UNAF, qui recueille la parole des familles tout en la contextualisant, et en la mettant en perspective avec une connaissance des situations sociales et des politiques publiques dans la durée. Si l’UNAF n’est pas un organisme de recherche, elle se revendique d’être « experte des réalités de vie des familles », voire « contre-experte » face à l’analyse développée par les pouvoirs publics au service des politiques qu’ils choisissent, ou par les organismes qui leur sont rattachés. Son indépendance lui permet une liberté de parole et de positionnement que n’ont pas des directions ou organismes d’études. Elle n’est pas non plus dépendante d’écoles de pensées, qui ont parfois tendance à influencer et à uniformiser les résultats.
Son expertise doit s’appuyer sur des liens permanents avec les recherches sociologiques, économiques ou démographiques mais aussi sur le formidable « observatoire » des réalités de vie que constituent les associations familiales et les UDAF, à travers leurs adhérents et leurs services. C’est par une meilleure connaissance des besoins des familles, à travers une mission d’observation de l’ensemble des familles et de celles qui utilisent les services du réseau, que l’UNAF peut améliorer encore la qualité de l’exercice de ses missions : aussi bien la mission de donner avis, la mission de représentation, que la mission de développement de services adaptés aux besoins des familles. Cette expertise peut appuyer les actions de formation qui visent à professionnaliser tant les salariés que les bénévoles du réseau. Le développement des budgets-types, outil statistique propre à l’UNAF, et la création des observatoires (Observatoire des familles, Observatoire des majeurs protégés) ont traduit depuis plusieurs années à l’UNAF, cette exigence d’une connaissance plus rigoureuse et complète des familles. Des liens renforcés avec les milieux de la recherche sont aussi nécessaires pour être en phase avec les thématiques de recherches et d’études. L’animation d’une revue de recherche, indépendante traduit cet objectif. Des projets d’études plus nombreux, menés en coopération avec des organismes de recherche, doivent aussi traduire cette ambition de disposer d’éléments scientifiques, à côté de la parole de terrain des militants familiaux.
Mais cette mission d’expertise doit aussi s’appuyer sur un recueil systématisé et réfléchi de la parole des familles, avec des méthodologies rigoureuses qui évitent une parole purement individuelle, anecdotique et donc, qui la replacent dans le contexte d’une réflexion et d’une parole collective. Le développement par l’UNAF depuis plusieurs années, d’études qualitatives mais aussi d’enquêtes donnant une place au verbatim recueilli dans les familles est un axe qui doit être approfondi en complément des recherches et études plus quantitatives. Elles permettent de donner du matériau aux représentants des familles pour donner avis aux parlementaires sur des projets de loi en cours ou les organismes d’évaluation des lois.

Se positionner comme le « Think & Do tank » de la famille

Le pluralisme est le fondement même de la mission d’intérêt général confiée à l‘UNAF de donner avis et de représenter les familles. Il nourrit sa capacité à produire de manière collective des idées et des propositions. De cette façon, il positionne l’UNAF comme le « think tank de la famille ».

L’UNAF se retrouve en effet bien dans la définition donnée aux Think Tank qui ne doit pas être pas un club de réflexion, ni un groupe de pression, mais une organisation ouverte vers le public « construite autour d’un socle permanent dont la mission est d’élaborer sur des bases objectives des idées relatives à la conduite de politiques et de stratégies privées ou publiques s’inscrivant dans une perspective d’intérêt général. Elle permet en son sein la constitution d’un véritable pluralisme. Son indépendance et son intégrité lui garantissent normalement une liberté d’expression peu commune » [1] « Boîte à matière grise », « Source d’idées », « Réservoirs à pensées » : les similitudes avec l’UNAF sont évidentes et l’autorisent à se revendiquer comme le « think tank de la famille ». Mais l’UNAF est aussi un acteur « qui fait » au travers de son réseau d’Unions et d’associations familiales, réparti sur le territoire, au contact des familles et des personnes isolées. Elle est donc plus qu’un « think », elle est aussi un « do » tank. Son atout majeur sont en effet d’associer la réflexion avec l’action : action auprès des pouvoirs publics, actions sur le terrain mené par les UDAF et par les associations avec pour principe de base : « l’union fait la force ».

L’UNAF ne veut pas être un commentateur ou un spectateur se cachant derrière une neutralité censée la protéger. Elle prend position, et ses positions l’engagent. Cette approche responsable est d’autant plus remarquable qu’aucun sujet n’y est tabou. Il faut reconnaître à l’UNAF le mérite de ne s’être jamais dérobée au moindre débat, même les plus sensibles qui traversent la société. Tel a été le cas lorsqu’il s’est agi de rechercher des économies dans la politique familiale et que l’UNAF a avancé des propositions. Tel a été le cas sur des sujets sociétaux comme la fin de vie, ou encore le mariage et l’adoption d’enfants par les couples de personnes de même sexe. Elle a toujours assumé sa mission de donner avis, malgré les risques inhérents à toute prise de position : risques de divisions internes, de positions décalées avec l’avis de ses adhérents ou du reste de la société, d’image médiatique, etc. Sur ces dossiers, son rôle s’est particulièrement illustré par sa volonté d’être pédagogue, décortiquant dans le détail les réformes envisagées et leurs conséquences, pour ensuite prendre position en avançant des propositions concrètes, qui ont été partiellement prises en compte.
Comme le reconnaissait récemment l’ancien Ministre chargé de la réforme de l’Etat et de la simplification [2] : « tout notre système de gouvernance, un système qui écarte les français de la décision, n’est plus adapté (…) le processus d’élaboration de la loi est aveugle, il ne repose pratiquement jamais sur l’expertise qui existe dans la société (…) et surtout les études d’impact faites par l’Administration, souvent en catimini la veille du dépôt du texte au Parlement, sont la plupart du temps indigentes (…) ». Terribles constats partagés par l’UNAF qui peut apporter tout son concours à la rénovation de la « machine à décider » pour une démocratie plus ouverte. Les pouvoirs publics ont intérêt à s’appuyer sur son rôle d’analyse en amont des projets, sur son rôle d’intermédiation permettant aux citoyens de mieux saisir les enjeux induits par les réformes, sur son concours dans l’évaluation a posteriori afin de garantir un regard extérieur et une réelle appréciation de l’impact des mesures sur les familles.

Digitaliser l’accès et la circulation de l’information

Youtube, Facebook, explosion du e-commerce… avec Internet, les liens sociaux, l’accès à l’information se transforment radicalement. « Blogueurs, citoyens-journalistes ou musiciens de garage, nous sommes désormais coproducteurs de nos propres médias. Le changement majeur viendra de la vidéo : moins coûteuse à produire, plus simple à mettre en ligne, elle est amenée à supplanter le texte dans de nombreux usages. » [3].

L’UNAF dispose d’outils qui lui permettent de diffuser des informations tant au sein de son propre réseau, que de l’ensemble des familles. Ce rôle d’information, sur l’ensemble des thèmes familiaux et de politique familiale, vise aussi bien des publics spécifiques au réseau (salariés, représentants, militants) que l’ensemble des familles. La réalisation d’outils opérationnels à destination du réseau, pédagogiques, faciles à relayer, ont démontré toute leur utilité (Argumentaires-types, guides de procédures, documents-types). Ils sont à développer, sous des formes sans cesse renouvelées pour tirer profit de l’évolution des technologies et pour répondre aux nouveaux usages numériques. L’UNAF doit accélérer son adaptation au numérique.

Le développement d’outils numériques à destination des familles apparaît ainsi comme un des enjeux pour maintenir ou créer un lien plus direct avec les familles au regard de leurs nouvelles pratiques en termes d’engagement et d’accès à l’information et aux services. Pour l’UNAF, il s’agit d’adapter ses outils d’information à ces nouvelles pratiques d’édition et de diffusion. Ainsi doit-t-elle examiner les moyens de décliner les conseils et informations à destination des familles, qui sont sous format numérique, sous forme d’applications ou de mini sites, plus adaptés aux publics visés et à leur usage de la communication.

Autre perspective : l’exploitation des données publiques (« open data ») sous l’angle « familles ». Le mouvement continu d’ouverture des données publiques en tous domaines, fournit l’opportunité à l’UNAF de mettre au service des familles et de leurs représentants, de nouveaux éléments de connaissance à tous échelons territoriaux : en vulgarisant certaines données essentielles au débat public pour la famille (telles que les chiffres clés, et en développant un angle d’exploration statistique familial. L’UNAF souhaite notamment explorer l’étude « data-centrée » de la charge de famille, dans toutes ses dimensions (financière, temporelle, psychologique...). Parce que beaucoup de données sont disponibles, mais certaines insuffisamment mises en valeur ou diffusées, la démarche de l’UNAF entend aider à combler ces lacunes.
Tant en matière de communication externe que sur un plan interne à son réseau, un large champ d’innovation, encore insuffisamment exploré, est à entreprendre autour des grandes mutations à l’œuvre : organisation de l’information de demain (la création d’une base de données décidée pour l’ensemble du réseau y contribuera), plates-formes ouvertes, dosage entre transparence et confidentialité, services partagés en ligne, accès aux informations de manière mobile, exploitation du pouvoir issu des réseaux sociaux et des blogs, invention de nouveaux usages, géolocalisation, outils de visualisation, co-création, etc.

Répondre à l’évolution des attentes des familles

Personne n’est capable de dessiner la famille de demain, car la diversité est devenue une caractéristique des familles. Toutefois, les dernières décennies montrent que la création d’un environnement économique, social et juridique favorable aux parents, est une condition essentielle pour leur permettre d’avoir le nombre d’enfants qu’ils souhaitent, et de les éduquer du mieux possible. Cela implique des mesures pérennes car la stabilité des politiques publiques pour les familles est un facteur de confiance et d’efficacité. Fondée sur l’analyse de la réalité de vie des familles, l’UNAF entend agir pour répondre aux attentes prioritaires des familles :

  • Aider les parents à transmettre les valeurs et à éduquer leurs enfants. Ceci passe notamment par le renforcement des liens entre familles et écoles et les associations familiales ont un rôle à jouer en la matière. La question des usages du numérique est aussi cruciale, les parents étant les grands oubliés des politiques publiques pour l’accès de tous. L’UNAF et son réseau ont donc vocation à développer leurs activités dans ce domaine en y associant étroitement les parents.
  • Faciliter l’engagement et l’autonomie des jeunes. La conquête de l’autonomie est un objectif premier de l’éducation. L’UNAF préconise des actions pour favoriser cette autonomie, notamment à travers l’engagement associatif comme facteur d’autonomie et de citoyenneté. Certains jeunes sont tentés par la radicalisation : les associations et les UDAF peuvent être des relais pour sortir les familles de leur isolement.
  • Favoriser la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle tout au long de la vie. Très engagée sur ce thème qui est devenu au fil des années l’un des objectifs majeurs de la politique familiale, l’UNAF plaide pour une amplification des dispositifs, notamment en matière d’accueil de la petite enfance et de congés familiaux. La conciliation concerne aussi tous les temps de la vie et beaucoup reste à faire dans le monde du travail pour une meilleure prise en compte des mères et des pères.
  • Accompagner les parcours de vie et les moments de vulnérabilité. Grâce aux expériences et aux actions de son réseau, l’UNAF s’efforce d’identifier les moments de la vie familiale où les difficultés sont plus fortes et le besoin d’accompagnement grandit. Le réseau a développé une expertise autour de la question des ruptures familiales, notamment à travers les activités de médiation familiale et de soutien à la parentalité, mais aussi des travaux engagés par l’UNAF. Dans cette même logique, les nouvelles vulnérabilités, comme la question de l’exercice de l’autorité parentale par les parents incarcérés et celle des addictions, méritent d’être approfondies. Pour l’accueil des familles migrantes, l’UNAF s’est engagée à prendre toute sa place dans les dispositifs de solidarité mis en place par les préfectures et les communes, avec le concours des associations familiales. Enfin, l’UNAF souhaite développer encore ses actions de lutte contre le surendettement des familles et de microcrédit en s’engageant davantage dans des dispositifs nationaux.
  • Innover. Le réseau des UDAF et des associations familiales permet d’identifier de nouveaux besoins et d’y apporter des solutions nouvelles et expérimentales. C’est le cas des services d’aide aux tuteurs familiaux prévus par la Loi, qui pour l’UNAF devraient être structurés sur l’ensemble du territoire, notamment par l’apport d’un financement consolidé. Les UDAF sont également engagées dans le domaine de la santé mentale et du handicap psychique avec de nouvelles actions : insertion par le logement, insertion sociale et professionnelle. Ces formules qui ont fait leur preuve, méritent une meilleure reconnaissance. L’amélioration de l’effectivité des droits et la qualité de service figure aussi au rang de ses priorités. L’innovation doit continuer à être ardemment défendue, pour lutter contre une tendance administrative qui veut tout normer et encadrer, au risque de perdre la valeur-ajoutée du bénévolat et la souplesse de réaction aux nouveaux besoins constatés.
  • Accompagner le vieillissement de la population. Il s’agit tout autant de consolider le secteur associatif de l’aide à domicile, qui se trouve parfois en danger, faute d’un financement pérenne et sécurisé, que développer des dispositifs d’aide aux aidants.

Développer une culture de « management de projet » et de « marketing »

Comme toute organisation, l’UNAF est confrontée aux changements, et à la nécessité de renouveler ses modes de fonctionnement, en prenant appui sur des méthodes qui ont prouvé leur efficacité. Ainsi le mot « marketing » est-il récemment entré dans le vocabulaire de l’UNAF, alors que ce terme était jusqu’à présent associé à l’économie marchande. Parler de « marketing associatif », c’est dépasser la vision selon laquelle la question de l’adhésion des associations et de leur fonctionnement, relèverait davantage du militantisme, que d’une démarche proactive et construite. C’est donc un véritable changement culturel pour l’UNAF que d’avoir engagé une démarche de développement associatif, fondé sur les méthodes issues de manière revendiquée, du marketing.

Au travers de la dynamisation du réseau, l’objectif est de cerner davantage les besoins des familles tout en renforçant le maillage territorial et en assurant une meilleure complémentarité des actions et des acteurs susceptibles d’agir pour la défense des intérêts matériels et moraux des familles. Afin de parvenir à des résultats tangibles, l’UNAF a affiché sa volonté de déployer une stratégie de « marketing associatif », en se dotant non seulement d’une méthode reposant sur le « management de projet » avec le concours d’un consultant spécialisé, mais en se fixant également des objectifs et des indicateurs quantifiables au niveau de l’ensemble de son réseau. Un premier bilan global de la démarche sera présenté lors de l’AG de l’UNAF de juin 2018.
La démarche est ambitieuse et non sans risques dans la mesure où les conditions de réussite (à savoir l’augmentation du nombre d’adhérents) ne tient qu’en partie à l’action de l’UNAF, l’essentiel étant du ressort des Unions départementales, et surtout des mouvements eux-mêmes et des associations familiales. Mais elle est un acte structurant fort, qui s’inscrit pleinement dans les stratégies prioritaires de l’Institution, et qui engage l’ensemble de ses membres.

Plus généralement, la tendance doit être celle d’un développement accru au sein de l’UNAF de démarches de « management de projet », permettant une plus grande professionnalisation dans les méthodes employées et dans la réalisation des projets menés en coopération avec l’ensemble des Unions et/ou les mouvements. Tel est le cas pour la mise en œuvre du Rapport Moral et d’Orientation de l’UNAF : « Stratégie du réseau UNAF / URAF / UDAF : quelles évolutions pour accompagner les changements et remplir nos missions ? », ou encore pour le dispositif des conventions d’objectifs entre l’Etat et l’UNAF, et l’UNAF et chacune des UDAF passée pour la période 2016-2020.

Rénover la gouvernance du réseau

Pour son propre fonctionnement, l’UNAF doit relever des défis différents mais complémentaires : outre le développement associatif déjà cité, la structuration de son réseau composé d’UDAF et d’URAF doit être renforcée, ainsi que l’efficience et l’évaluation de ses actions, la prévention des risques, la formation, la professionnalisation.

Dans une organisation associative telle que celle du réseau UNAF-UDAF-URAF, un pilotage selon un mode hiérarchique des pouvoirs trouve ses limites tant sur le plan organisationnel qu’opérationnel. Le renforcement de la fonction de « tête de réseau » de l’UNAF s’appuie nécessairement sur la contribution de ses membres, sur leur expertise, leurs ressources humaines, dans une démarche collective et de co-construction. Outre l’intérêt d’optimiser la diversité des compétences internes, le mode collectif de travail facilite l’appropriation des recommandations et des outils par ses utilisateurs. Ces différentes données conduisent l’UNAF à vouloir renforcer sa mission d’appui auprès des Unions, ainsi que sa politique de mutualisation des compétences internes au réseau en ayant recours à la participation des Unions elles-mêmes. A l’appui du Rapport Moral et d’Orientation 2016-2018 de l’UNAF, le renforcement de l’action de réseau va ainsi s’articuler autour de l’amélioration de la qualité de la représentation et des prestations servies, de la mise en œuvre de solutions innovantes répondant aux besoins nouveaux des familles, de l’organisation de mutualisations et d’accompagnements.

La représentativité de l’UNAF repose aussi sur sa capacité à renouveler ses membres bénévoles, représentants des familles. La féminisation est de ce point de vue, un bon indicateur de l’évolution de la gouvernance. Si la part des femmes présidentes d’UDAF (34 %) reste encore inférieure à celle des hommes, les femmes sont désormais bien plus présentes dans les lieux de pouvoir et de décision que sont les conseils d’administration. A l’UNAF, une femme a été élue en 2015 pour la première fois à la présidence de l’Institution, soit 70 ans après sa création, et ce mouvement de renouvellement ne cesse de s’accroitre. Ainsi avec 19 membres désignés et 21 élus par l’AG de 2016, le CA de l’UNAF comprend désormais au total 45 % de femmes, soit proche de la parité, et elles sont désormais majoritaires (52 %) sur la part des administrateurs élus.

Enfin, le renouvellement de l’UNAF repose sur l’engagement et la venue de nouvelles générations de bénévoles et de salariés. Après la génération Y, c’est au tour de la génération Z d’arriver dans la vie active. Elle a vécu la révolution digitale, l’explosion des réseaux sociaux, l’interconnexion permanente avec les autres : autant de compétences et d’aspirations auxquelles les Unions et les associations familiales doivent adapter leur mode de fonctionnement. Egalement soucieuse de son équilibre entre vie personnelle, familiale et professionnelle, cette nouvelle génération souhaite « ne pas perdre sa vie à la gagner ». Sa recherche de sens correspond bien aux valeurs et missions d’intérêt général portées par le mouvement familial, et constitue donc une opportunité d’attirer et d’accueillir les futurs bénévoles et salariés du réseau. Une belle manière d’assurer le renouvellement et de préparer l’avenir.


Pour commander ce numéro :

Réalités Familiales n° 112-113 : « Associations familiales : l’Union fait la force ! »
Prix : 10 € + 3,15 € de frais de traitement, à commander à l’UNAF, Service Communication :
28, place Saint-Georges 75009 Paris Tél. : 01 49 95 36 00
E-mail : realites.familiales unaf.fr

[1Thierry de Montbrial, membre de l’Institut, directeur de l’Institut français des relations internationales. Séance de l’Académie des sciences morales et politiques du 28 février 2011.

[2Thierry Mandon, secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche : « il faut revoir la façon dont on dirige le pays ». JDD du 22 mai 2016

[3Rapport du Leading Edge Forum sur « la révolution numérique »

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