Santé mentale de A à Z : quelques repères - Réalités familiales n°120-121 : Familles et Santé mentale

19/01/2018

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La santé mentale est un sujet à la fois vaste et sensible où les mots ont leur importance. Pour mieux définir le sujet, Psycom nous propose ces quelques mot-clés.

Addictions (troubles addictifs)

Les troubles addictifs regrou­pent : alcoolisme, toxicomanies, tabagisme et addictions comportementales (ex : jeu, internet). Les substances psychoactives à risque de dépendance (alcool, tabac, drogues, etc.), agissent sur le circuit de récompense du cerveau. [1]

Anxiété

Etat mental de trouble et d’agitation, avec un sentiment d’insécurité indéfinissable, une peur sans objet. Il existe plusieurs types de troubles anxieux : le trouble anxieux généralisé, l’attaque de panique, le trouble panique, les troubles obsessionnels et compulsifs (TOC). Les principaux symptômes sont : angoisse, peurs, tensions musculaires, agitation, problèmes de mémoire, de concentration et de sommeil, irritabilité, symptômes somatiques (sueurs, nausées, boule dans la gorge, tremblements).

Bipolarité (troubles bipolaires)

Les troubles bipolaires (avant appelés psychose maniaco-dépressive) sont caractérisés par des variations anormales de l’humeur, alternant des périodes d’excitation (manie ou hypomanie) et de dépression (voire de mélancolie), entrecoupés de périodes de stabilité. Pour qu’un diagnostic de trouble bipolaire puisse être posé, il faut qu’il y ait eu au moins un trouble dépressif caractérisé et un épisode maniaque ou hypomaniaque.

Burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel

Le burn-out (littéralement se consumer de l’intérieur) est un processus dont la phase finale se traduirait par un état d’épuisement professionnel (à la fois émotionnel, physique et psychique) ressenti face à des situations de travail « émotionnellement » exigeantes.

Dépression (troubles dépressifs)

La dépression se manifeste par une humeur triste, une perte d’intérêt pour toute activité et une baisse de l’énergie. Les autres symptômes sont une diminution de l’estime de soi et de la confiance en soi, une culpabilité injustifiée, des idées de mort et de suicide, des difficultés à se concentrer, des troubles du sommeil et une perte d’appétit. La dépression peut aussi s’accompagner de symptômes somatiques [2].

Empowerment

Notion récemment apparue en santé, il y a quelques décennies, l’empowerment désigne l’accroissement de la capacité d’agir de la personne malade via le développement de son autonomie, la prise en compte de son avenir et sa participation aux décisions la concernant. L’empowerment est étroitement lié à la notion de rétablissement. Porté par un cadre politique favorable, l’empowerment se décline sur deux niveaux d’action : individuel et collectif, dans le sens où il influence l’organisation des soins [3].

Handicap cognitif

Il est la conséquence de dysfonctionnement des fonctions cognitives (attention, mémoire, langage, etc.). Il n’implique pas de déficience intellectuelle, mais des difficultés à mobiliser ses capacités cognitives.

Handicap mental

Il est la conséquence d’une déficience intellectuelle, que l’OMS définit comme « un arrêt du développement mental ou un développement mental incomplet ».

Handicap psychique

Lorsque les troubles psychiques sont durables et entraînent une perte d’autonomie, on peut parler de handicap psychique. La personne dont la participation sociale et professionnelle est limitée par les troubles peut bénéficier de compensation et d’accompagnement. Le handicap psychique se distingue du handicap mental car la personne n’a pas de déficience intellectuelle.

Pair-aidance*

La pair-aidance repose sur l’entraide entre personnes souffrant ou ayant souffert d’une même maladie, somatique ou psychique. Les groupes supports entre personnes ayant vécu des expériences similaires existent depuis longtemps dans le domaine des addictions par exemple. De nombreuses expériences de pair-aidance et de pair-émulation ont été menées en Amérique du Nord et se développent à présent en France.

Phobies

La phobie est une peur irrationnelle spécifique, déclenchée par un objet ou une situation n’ayant pas en eux-mêmes de caractère dangereux. Les phobies sont très fréquentes dans la vie psychique normale. Elles deviennent pathologiques par leur intensité et leur retentissement sur la vie de la personne. Les phobies s’accompagnent soit de conduites d’évitement de l’objet ou de la situation, soit de conduites qui rassurent (conduites contraphobiques). Il existe plusieurs types de troubles phobiques : les phobies spécifiques, l’agoraphobie, les phobies sociales, la dysmorphophobie, etc.

Psychiatre et pédopsychiatre

Le psychiatre est un médecin qui a effectué 4 années de spécialisation en psychiatrie. Le pédopsychiatre est un psychiatre spécialisé dans les troubles psychiques des enfants et des adolescents. En tant que médecins, ils sont habilités à poser un diagnostic, prescrire des médicaments, des examens et des soins, décider d’une hospitalisation et rédiger des certificats médicaux.
Dans un service de psychiatrie, le psychiatre coordonne, avec l’équipe pluridisciplinaire, la prise en charge globale de la personne (psychologique, somatique et sociale). Il travaille en réseau avec les médecins généralistes, mais aussi les services sociaux, médico-sociaux, éducatifs et judiciaires. Certains psychiatres proposent des thérapies. Ils ont alors suivi une formation en plus du cursus médical.

Psychologue

Il est titulaire d’un diplôme universitaire de troisième cycle en psychologie, acquis après 5 années d’études. Le psychologue assure le soutien psychologique des personnes en souffrance psychique. Il peut faire passer des tests de personnalité ou de niveau intellectuel et assure des entretiens psychothérapiques.

Psychanalyste

La majorité des psychanalystes sont des médecins psychiatres ou psychologues. Outre ses connaissances théoriques, tout psychanalyste a suivi une psychanalyse personnelle (dite didactique) avec un praticien expérimenté, puis une supervision de ses premières psychanalyses. Le psychanalyste propose un travail thérapeutique par le biais d’entretiens réguliers (psychanalyses ou psychothérapies analytiques).

Psychomotricien

Le psychomotricien est un spécialiste des problèmes de motricité et d’image du corps (difficultés d’orientation dans l’espace et le temps, instabilité, maladresse…). Il utilise différentes thérapies corporelles (relaxation, gymnastique, expression corporelle).

Psychothérapies systémiques ou familiales

Selon les praticiens de ces thérapies, la famille est considérée comme un « système », dont les processus d’interaction et de communication peuvent dysfonctionner. L’objectif de ces thérapies est de permettre aux membres d’une famille d’évoluer vers un fonctionnement plus souple sans mettre en danger le système familial. Elles favorisent les évolutions individuelles et la réalisation de nouveaux équilibres en fonction des évènements de la vie du groupe.

Rétablissement

Le « rétablissement » est un concept anglo-saxon qui trouve son origine dans des mouvements d’usagers des années 1980 et 1990, qui prônaient la reprise du pouvoir d’agir (empowerment) et la défense des droits. Il désigne un cheminement personnel de la personne pour se réapproprier sa vie et se réinsérer dans la société. Pour les soignants, ce modèle suppose un accompagnement sur le long terme et axé dès le début vers l’autonomie de la personne.

Risques psycho-sociaux (RPS)

Ils regroupent le stress au travail, les harcèlements et violences internes ou externes au travail, le syndrome d’épuisement professionnel (burn-out). Les RPS peuvent se traduire par l’expression d’un mal-être ou d’une souffrance au travail, des conduites addictives, une dégradation de la santé physique et mentale.

Santé mentale

« Etat de bien-être permettant à chacun de reconnaitre ses propres capacités, de se réaliser, de surmonter les tensions normales de la vie, d’accomplir un travail productif et fructueux et de contribuer à la vie de sa communauté » (OMS).

Schizophrénies

La schizophrénie est une affection psychiatrique qui peut prendre des formes très variées. Les symptômes s’organisent autour de trois axes : La désorganisation ou la dissociation ; le délire paranoïde et les symptômes dits positifs ou productifs (ex : hallucinations) ; les symptômes dits déficitaires ou négatifs (ex : isolement social, troubles cognitifs). Les symptômes doivent être présents de façon permanente depuis au moins six mois pour faire le diagnostic de schizophrénie.

Stress

Réaction d’adaptation non spécifique de l’organisme à une agression physique, psychologique ou sociale et qui s’accompagne d’un état anxieux.

Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une thérapie brève, validée scientifiquement, qui vise à remplacer les idées négatives et les comportements inadaptés par des pensées et des réactions en adéquation avec la réalité. Elle aide à dépasser progressivement les symptômes invalidants, tels les rites, les vérifications, le stress, les évitements, les inhibitions, les réactions agressives ou la détresse à l’origine d’une souffrance psychique.

Travailleur social (assistant de service social et éducateur)

Il met en œuvre des mesures d’aide sociale nécessaires (droits, logement, travail, ressources). Pour cela, il travaille en réseau avec les professionnels de la psychiatrie et les établissements scolaires ou de formation professionnelle, les foyers, les missions locales d’aide à l’emploi, les offices HLM, etc.

Troubles des comportements alimentaires (TCA)

L’alimentation est une fonction vitale qui apporte les éléments nutritionnels indispensables, en quantité et en qualité, à une bonne santé. En dehors de l’aspect physique, cet acte comporte une implication psychologique, affective et sociale. L’équilibre entre des exigences personnelles, culturelles et métaboliques est nécessaire, mais peut être difficile à trouver. Parfois cette difficulté peut se traduire par des troubles du comportement alimentaire (anorexie mentale et boulimie).

Troubles obsessionnels et compulsifs (TOC)

Les TOC se manifestent par des pensées dérangeantes, répétitives et incontrôlables, appelées obsessions, qui causent une forte anxiété. Pour diminuer la souffrance qui en résulte, les personnes développent des comportements répétitifs, ritualisés, irraisonnés et irrépressibles appelés compulsions.

Troubles psychiques

Désignent les troubles mentaux ou psychiatriques (troubles anxieux, dépressifs, bipolaires, schizophréniques, addictifs, etc.). C’est-à-dire des états psychologiques, temporaires ou permanents, plus ou moins sévères, qui peuvent entraîner gêne, souffrance, perte de capacités ou problèmes comportementaux dans la vie quotidienne.

Tutelle et curatelle (protection juridique)

Toute personne majeure souffrant d’une altération de ses facultés mentales ou corporelles, qui la met en difficulté pour s’occuper seule de ses intérêts, peut bénéficier d’une protection juridique. Cette mesure de protection implique non seulement la protection des intérêts financiers et patrimoniaux, mais également la protection de la personne. Ordonnée par le juge des tutelles après expertise d’un médecin habilité, la mesure choisie est proportionnée et individualisée en fonction du degré d’altération des facultés de la personne. Trois grands niveaux de protection existent : la sauvegarde de justice, la curatelle et la tutelle. Les mesures de protections juridiques sont confiées en priorité à la famille, ou à un mandataire habilité par l’Etat.

En savoir plus :

Psycom :
Organisme public d’information, de formation et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale, le Psycom agit pour mieux faire comprendre les troubles psychiques, leur traitement et l’organisation des soins psychiatriques.
Rubrique Santé mentale de A à Z :
www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z
Brochures d’information sur les troubles psychiques et la santé mentale, à commander ou télécharger : www.psycom.org/Brochures-d-info


Pour commander ce numéro :
Réalités Familiales n° 120-121 : « Familles & santé mentale » Prix : 10 € + 3,15 € de frais de traitement, à commander à l’UNAF, Service communication : 28, place Saint-Georges 75009 Paris Tél. : 01 49 95 36 00 E-mail : realites.familiales unaf.fr

[1Mission interministérielle de lutte contre la toxicomanie (MILDT).

[2Classification internationale des maladies (CIM-10) - OMS

[3Plan d’action d’Helsinki pour la santé mentale en Europe - OMS Europe

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