3 questions à Agnès Buzyn : « La santé mentale intervient dans toutes les politiques que je porte » - Réalités familiales n°120-121 : Familles et Santé mentale

29/01/2018

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Introduction

Par Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé

En quoi la question de la santé mentale concerne la ministre des solidarités et de la santé ?

Parler de santé mentale me concerne évidemment ; cela me concerne en tant que personne d’une part car cela nous amène à questionner notre condition et la société dans
laquelle nous évoluons ; cela me concerne en tant que
médecin et pour y avoir déjà été confrontée ; cela me concerne en tant que ministre de la santé mais aussi en tant que ministre des solidarités.

Ainsi, je tiens à rappeler qu’aujourd’hui près de 2,4 millions de personnes sont prises en charge en établissement de santé dont 2 millions en ambulatoire pour un trouble psychique sévère, et 75% d’entre elles sont accompagnées au quotidien par leur famille.

Et la demande de soins est croissante, alors que la prévalence des troubles psychiques est marquée par un gradient social, et le système de santé français est confronté à des difficultés et des inégalités d’accès aux soins.

Comme je vous le disais donc, cette situation m’interpelle, d’autant plus que la santé mentale intervient dans l’ensemble des politiques que je porte, que ce soit la famille, les solidarités, la santé ou encore le médico-social.

Quels sont vos projets pour aider les patients et leurs familles ?

Les enjeux de la politique de santé mentale sont immenses. La situation de prise en charge des personnes atteintes de pathologies mentales en France est très préoccupante.

En France, actuellement, les interventions précoces sont trop faibles et le diagnostic trop tardif. On observe un allongement des délais d’accès aux soins, de fréquentes ruptures dans les parcours, une coordination insuffisante des acteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux, une réponse hétérogène de mise en œuvre sur les territoires…

La psychiatrie et l’amélioration des parcours de santé des patients atteints de pathologies mentales sont des priorités de l’action que je souhaite mener pour la santé et afin de répondre aux enjeux que viens d’évoquer.
Mieux répondre aux pathologies mentales et à ce qu’elles impliquent passe par une meilleure appréhension de celles-ci. Or, le champ de la recherche en psychiatrie est aussi faible. Alors, il s’agit de pathologies dont on sait très peu de choses, sur le plan épidémiologique, mais aussi sur l’évaluation des pratiques et des organisations.

Nous devons aller plus loin dans la politique de santé mentale en priorisant repérage, accès aux soins précoces et prise en charge coordonnée. La politique qui guidera mon action en la matière est une politique qui répond à une logique territoriale et qui harmonise les bonnes pratiques.

La recherche est un vecteur pour mieux connaitre les maladies mentales et trouver les meilleures prises en charges dans le respect des personnes, elle sera donc mobilisée dans ce projet.

Je tiens à souligner que la psychiatrie et l’amélioration des parcours de santé des patients atteints de pathologies mentales sont des priorités de l’action que je souhaite mener pour la santé.

Comment comptez-vous impliquer les usagers dans ces changements ?

Je suis très attachée à la place du citoyen dans les politiques de santé et j’y ai consacré un volet entier de la stratégie nationale de santé – elle-même ayant été ouverte à la consultation publique.

Pour ce faire, je compte m’appuyer sur les deux instances qui ont été mises en place dans la suite de la loi de modernisation de notre système de santé, le Conseil national de santé mentale (CNSM) et le comité de pilotage de la psychiatrie (Copil psychiatrie).

Le Copil psychiatrie, dont la dernière réunion s’est tenue en septembre, réunit autour de 5 thématiques des représentants des professionnels de santé mais aussi des malades ou de leurs familles. Son expertise et ses travaux effectués seront une base riche dans la réflexion préalable aux projets que j’entends mener en matière de santé mentale.


Pour commander ce numéro :

Réalités Familiales n° 120-121 : « Familles & santé mentale »
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