UNAF - UDAF 64 - Vivre l’Europe - Quelles connaissances les ménages des Pyrénées-Atlantiques ont-ils de l’Europe ? Quel regard portent-ils sur cette nouvelle entité et ses effets ?

Etude thématique

UDAF 64 - Vivre l’Europe - Quelles connaissances les ménages des Pyrénées-Atlantiques ont-ils de l’Europe ? Quel regard portent-ils sur cette nouvelle entité et ses effets ?


31/12/1999

U.D.A.F 64 - Union Départementale des Associations Familiales des Pyrénées-Atlantiques

Observatoire départemental de la famille

UDAF 64 - 3, Rue Léon Daran - 64044
PAU CEDEX -
Téléphone : 05-59-82-48-80 Fax :
05-59-27-37-08

 

SOMMAIRE

 

OBJECTIFS DE L’ETUDE

Les débats autour des enjeux de la construction européenne,
les attentes, les questions et les inquiétudes qu’elle suscite,
font l’objet de nombreuses études. Mais très peu d’enquêtes
cherchent à mettre en évidence ce que les
familles, les ménages connaissent de l’Europe au travers des échanges
avec les autres pays de l’Union Européenne
.

Cette enquête cherche à aborder ce phénomène
en se penchant notamment sur la connaissance et l’usage des langues étrangères,
les cadres propices aux contacts avec des européens ou encore la
mobilité à l’intérieur des pays de la Communauté.

En examinant l’information reçue par les ménages sur les
aménagements résultant de la construction européenne,
leur connaissance du fonctionnement des institutions et la perception
qu’ils ont de la capacité de l’Union Européenne à
agir sur les problèmes de société, cette enquête
tente par ailleurs de mesurer la place qui est aujourd’hui
réservée à l’entité européenne dans
l’esprit des citoyens.

L’Europe est-elle perçue d’ores et déjà
comme jouant un rôle d’acteur, de régulateur des politiques
nationales et internationales, ou bien cette vision est-elle encore abstraite ?

C’est à cette question que nous essaierons de répondre
en étudiant l’opinion sur ce sujet des foyers dans les Pyrénées-Atlantiques.

La population ayant participé à cette enquête se
compose de 190 ménages et est extraite d’un panel représentatif
de la population des ménages du département.

Les critères retenus ont été : la zone géographique
(rural/urbain), la situation de famille, l’âge et la profession
de la personne de référence du ménage, le nombre
d’enfants de moins de 25 ans vivant au foyer.

Le profil signalétique des 190 ménages ayant répondu
à cette enquête est ainsi le suivant :

Les définitions pour « ménages » et
« familles » sont celles de l’INSEE :

- « Le ménage comprend toutes les personnes qui partagent
une même résidence principale. »

- « La famille s’entend comme un cadre susceptible d’accueillir
un ou des enfants : elle peut donc être constituée soit
par un couple (marié ou non) et le cas échéant de
ses enfants, soit d’une personne sans conjoint et de ses enfants (famille
monoparentale). »

Remarque : Le terme « foyers »
sera utilisé par la suite avec le même sens que « ménages ».

Zone géographique :

  • Partie rurale 26 %
  • Partie urbaine 74 %

Avertissement : la définition d’une famille
selon l’INSEE diverge quelque peu de celle qui est d’usage
dans le langage social, où une famille désigne un couple
avec enfant(s), voire un couple marié avec enfant(s). Il faudra
donc veiller à ne pas confondre ces deux notions !

Situation de Famille :

- Ménage sans famille (personnes seules pour la plupart) 29 %

- Famille monoparentale 8 %

- Famille avec couple (avec ou sans enfant) 63 %

Nombre d’enfants de moins de 25 ans vivant au foyer :

- Aucun 59 %

- Un 13 %

- Deux 21 %

- Trois ou plus 7 %

Age de la personne de référence du ménage :

Remarque :

- 15 à 24 ans

3 %

- 25 à 29 ans

9 %

Dans le cas d’un couple, la personne de référence du
ménage est l’homme du couple

- 30 à 39 ans

18 %

- 40 à 49 ans

18 %

- 50 à 59 ans

16 %

- 60 à 74 ans

21 %

- 75 ans et plus

16 %

Profession de la personne de référence du
ménage :

Agriculteur

4 %

- Artisan, commerçant, chef d’entreprise

7 %

- Cadre, profession intellectuelle supérieure

11 %

- Profession intermédiaire

10 %

- Employé

10 %

- Ouvrier

16 %

- Retraité

37 %

- Autre sans activité professionnelle

4 %

Connaissance des langues

Dans les Pyrénées-Atlantiques, près
de deux ménages sur trois déclarent parler une autre langue

(que le français) en usage dans l’Union Européenne.

Toutefois, outre le niveau d’études et par-là même
la possibilité d’apprendre une langue dans le cadre des études,
la situation géographique des Pyrénées-Atlantiques
n’est pas étrangère aux résultats constatés,
et parmi les foyers qui parlent une autre langue, l’espagnol
est la plus citée (72 %) devant l’anglais (60 %).

Le fait de parler une langue est fortement lié au niveau d’études :
dans les ménages où la personne de référence
est titulaire du BAC ou d’un diplôme supérieur, la proportion
de ménages parlant une autre langue est de 79 % (contre 48 % pour
les autres).

On peut noter que 99,5 % d’entre eux parlent l’une ou l’autre de ces
langues : 32 % les deux, 27,5% uniquement l’anglais et 40 % uniquement
l’espagnol. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que pour
cette dernière population la répartition selon le niveau
de diplôme est équilibrée, ce qui n’est pas le cas
pour les deux autres où la proportion de foyers ayant un diplôme
supérieur ou égal au BAC est largement majoritaire.

La connaissance de l’espagnol, contrairement à
l’anglais, est donc moins sujette au fait d’avoir ou non suivi des études
.
La répartition selon les âges confirme ce phénomène :
il y a une plus grande proportion de ménages jeunes parmi ceux
qui parlent l’anglais - les ménages jeunes étant ceux
qui proportionnellement ont fait le plus d’études - tandis
que parmi les foyers qui parlent espagnol, la répartition est homogène
selon les tranches d’âge.

C’est à l’occasion de vacances, de voyages
que les foyers les utilisent le plus souvent (76 %), les loisirs (informatique,
lecture, cinéma) arrivant en seconde position avec 37 % de citations.
Viennent ensuite les circonstances professionnelles (29%) et le milieu
familial (17%), la première se rattachant davantage à l’utilisation
de l’anglais alors que la seconde est plus souvent citée en faisant
référence à l’espagnol.

2) Vécu des échanges avec les pays membres de l’Union Européenne

Toutes circonstances confondues, les foyers du département sont
60 % à déclarer avoir rencontré des ressortissants
de l’Union Européenne
autres que français.

Les « chances » de rencontres, d’échanges,
facilitées par la proximité de l’Espagne peuvent expliquer
cette forte proportion, d’autant que les loisirs, les vacances
sont mentionnés comme étant à l’origine des rencontres

par une majorité de ménages (ils sont ainsi 51 % à
avoir rencontré des ressortissants européens dans ce cadre
là).

De la même façon, 64 % des foyers disent s’être rendu
dans un pays de l’Union Européenne lors de ces cinq dernières
années pour des vacances (sachant qu’ils sont 66
 % toutes circonstances confondues
à y être allé),
que seulement 24 % ont eu l’occasion de s’y rendre dans le cadre de leur
emploi et 2 % à peine pour une formation.

En comparaison, les circonstances professionnelles, les formations et
les échanges scolaires n’ont permis qu’un nombre limité
de rencontres (respectivement 26 %, 11 %, 13 %).

Enfin pour compléter cette approche des échanges et des
contacts avec les pays membres de la Communauté Européenne,
22 % des ménages déclarent compter dans leur famille une
personne de nationalité européenne, et 29 % à avoir
un membre de leur famille qui ait suivi une formation, un stage, des études
ou exercé un emploi dans un pays de l’Union Européenne.

3) Information reçue par les ménages

Il semble que la communication sur les changements, les aménagements,
les fonctionnements liés aux évolutions de la construction
européenne, ne soit pas encore à l’heure actuelle très
développée.

Si elle paraît avoir été faite pour présenter
l’arrivée de l’Euro, (83 % des foyers déclarant avoir reçu
une information), le fonctionnement des institutions européennes
et la question de la citoyenneté européenne sont des domaines
où l’effort de documentation est resté relativement limité.

A reçu une information sur
 :

L’Euro

La citoyenneté européenne

Le fonctionnement des institutions européennes

Par quels moyens ?

83 %

22 %

35 %

Les Médias

69 %

85 %

96 %

Les Associations

6 %

8 %

5 %

L’Administration

64%

13 %

15 %

L’Employeur

11 %

8 %

3 %

Les médias sont les structures qui favorisent le
plus la transmission d’information.

Concernant l’Euro, l’administration (fiscale, mairie, banque, ...) a
pris soin de veiller à informer et elle est le second vecteur d’information,
désignée par 64 % des ménages (contre 69 % pour les
médias).

En revanche, sur la citoyenneté européenne et le fonctionnement
des institutions européennes, les médias représentent
l’agent d’information dominant des ménages qui sont respectivement
85% et 96% à les citer pour chacun des deux domaines précités.

4) Connaissance des Institutions Européennes

Les définitions du Parlement Européen, de la Commission
Européenne et du Conseil de l’Union Européenne leur étant
présentées dans le désordre, seulement
un foyer sur quatre a su retrouver les affectations de ces trois institutions
alors que 36 % n’en ont retrouvé aucune
.

Une majorité de ménages ne situe pas encore très
bien le rôle des principales institutions de l’Union Européenne.

Le Parlement Européen est semble t-il l’instance
la mieux connue
par les ménages du département qui sont
52 % à restituer sa définition. Le fait que ce soit la seule
institution élue directement par les citoyens n’est peut-être
pas étranger à ce phénomène.

Toutefois dans un contexte électoral (la passation du questionnaire
ayant eu lieu juste après les élections européennes
de Juin 1999), observer qu’une moitié de ménages ne peut
encore dire précisément quelles sont les fonctions de l’instance
dont ils élisent les représentants français, prouve
bien l’incompréhension encore manifeste de l’organisation des institutions
européennes.

Ce constat est d’autant plus flagrant que seulement 33 % des foyers ont
su retrouver la bonne définition du Conseil de l’Union Européenne,
et 31 % celle de la Commission Européenne, ces deux institutions
étant souvent confondues.

5) Perception des actions de l’Union Européenne

Les décisions politiques de l’Union Européenne et leurs
effets sur les problèmes de société sont perçus
de façon inégale par les ménages du département.

Même s’ils sont nombreux à ne pas vouloir se prononcer (taux
de non-réponses élevé), une majorité
s’accorde à reconnaître des changements provoqués
par l’application de directives européennes
sur
un certain nombre de domaines
, lesquels domaines au nombre de quatre,
sont par ordre d’importance : « la protection de l’environnement »
(63 % des ménages estiment que des changements sont intervenus
dans ce secteur), « la défense des droits de l’homme »
(58 %), « le développement économique général »
(53 %), « la sécurité extérieure et la
politique étrangère » (52%).

En revanche, les foyers considèrent que la législation
européenne est encore un peu timide, voire inexistante sur les
questions d’ordre social.

Pour « la lutte contre le chômage », « la
lutte contre la pauvreté », « les prestations
de santé », « les aides aux familles »,
ils ne sont à chaque fois jamais plus de 10 % à estimer
que des décisions de l’Union Européenne ont déjà
provoqué des changements (« les aides aux familles »
étant le domaine où le pourcentage est le plus faible avec
6 %).

En comparant la proportion de ménages estimant que des changements
ont déjà eu lieu et celles des ménages qui pensent
que des changements seront apportés dans les prochaines années,
on observe toujours une progression et ce, quel que soit le domaine concerné.

Cela tendrait donc à montrer que les foyers du département
ont conscience que les institutions européennes
exerceront dans l’avenir un rôle de plus en plus important d’impulsion
politique au travers de leurs résolutions
, et les domaines
perçus comme étant le terrain de changements déjà
constatés sont aussi ceux pour lesquels les ménages jugent
que des changements encore plus importants interviendront.

« La protection de l’environnement », « la
défense des droits de l’homme », « le développement
économique général », « la
sécurité extérieure et la politique étrangère »
restent par ordre d’importance les quatre secteurs où des changements
sont attendus par le plus grand nombre de ménages.

L’Union Européenne devrait à leurs yeux asseoir
son influence sur les secteurs où elle intervient déjà
,
mais pour les autres leur opinion est plus réservée.

Les domaines touchant au social restent ceux pour lesquels
la position des foyers demeure indécise
. C’est sur ces thèmes
que le taux de non-réponses est le plus fort (il oscille entre
35 et 46 %) quand on leur demande s’ils estiment que des changements interviendront,
et la proportion de ceux qui le pensent reste minoritaire.

Toutefois, selon le domaine concerné, on note des spécificités.

Les ménages qui n’étaient que 8 % à estimer que
des changements avaient déjà eu lieu dans « la
lutte contre le chômage » grâce aux décisions
de l’Union Européenne, sont 36 % à croire que des mutations
peuvent intervenir.

Cette progression de 28 % est la plus forte (elle est de 15 % en moyenne
sur les autres domaines) et met en évidence l’espoir
(ou la crainte ?) que les foyers placent dans l’Europe pour agir
sur ce problème
.

En comparaison avec une progression de 9 % (la plus faible), « les
aides aux familles » est un sujet que les ménages ne
situent pas dans les champs d’action de l’Union Européenne.

SYNTHESE

La connaissance de langues, la propension des ménages du département
à se rendre dans un autre pays de l’Union Européenne, à
rencontrer des ressortissants européens, témoignent de leur
disposition à entrer régulièrement
en contact avec des européens
.

Bien évidemment, il faut rester prudent dans l’énoncé
de ce constat et ne pas oublier qu’avec la proximité de l’Espagne,
il y a tout lieu de penser que les nombreux échanges observés
avec des « européens » concernent en réalité
des échanges avec nos voisins espagnols, d’autant plus que les
loisirs ou les vacances sont majoritairement à l’origine de ces
échanges.

Ce type de relations suffit-il à faire prendre conscience aux
personnes d’un élargissement des rapports humains et par là-même
de les rendre plus réceptifs aux initiatives politiques, économiques
et sociales s’étendant au-delà de la dimension nationale ?

Cette question dépasse le champ de l’enquête, mais il n’en
est pas moins vrai qu’à une période où les enjeux
de la construction européenne suscitent encore bon nombre de questions,
les foyers des Pyrénées-Atlantiques paraissent
être sensibilisés à l’intervention de l’Europe dans
les grands problèmes de société
.

Malgré une méconnaissance relative du rôle des différentes
instances européennes, ils sont nombreux à penser que les
décisions de l’Union Européenne pourront provoquer des changements
dans plusieurs domaines influant sur leur vie quotidienne
pour les années à venir
.

Leur perception de l’Europe est plutôt positive, et même
si leurs jugements demeurent prudents dans certains cas, ils ne semblent
pas manifester d’appréhension particulière quant aux implications
futures de l’Union Européenne.

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